KHORSABAD : FRISE EN BRIQUE ÉMAILLÉE DU HAREM DE SARGON
commencèrent, mais ne donnèrent pas de grands résultats. Les paysans du village de Khorsabad, sachant qu'un Français cherchait des briques, lui en apportèrent aussi ; ils prétendaient en trouver tant et plus dans leurs
champs. M. Botta s’y transporta et rencontra à Khorsabad des traces
infiniment plus claires qu'à Kouyoundjick. N’ayant pas à sa disposition
des fonds assez considérables pour faire des fouilles dans les deux endroits
à la fois, il abandonna la butte de Kouyoundjick et entreprit des travaux sur ce nouvel emplacement. Le petit village de Khorsabad, situé sur les ruines mêmes, fut déplacé, reconstruit aux frais de Botta dans la plaine où il est encore et les fouilles commencèrent. Place, le continuateur de Botta, acheva dignement l’œuvre commencée. Les ruines du palais de Sargon sont, de toutes les ruines de Mésopotamie, celles qui ont été
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mises à Jour le plus complètement et avec le plus de soin. Le palais était immense ; la superficie des fouilles occupe près de dix hectares. C’est de ce palais que viennent les taureaux aïlés à tête d’homme qui se trouvent au Louvre; bien d’autres pièces curieuses, destinées à nos musées, n’ont pu y parvenir ; transportées à grand’peine jusqu’au Tigre, plusieurs ont été englouties dans le fleuve. Place découvritaussi des amas de ferrailles, débris d'armes, d'outils et d’engins en fer de toute espèce {.
Revenons à Ninive et à notre visite. Bien qu’une faible partie seulement de la butte ait été fouillée sérieusement et que beaucoup d’autres monticules attendent d’être mis à jour pour révéler quelques secrets du grand empire disparu, les travaux ont été suspendus par l’ordre d’un gouvernement qui ne cherche même pas à découvrir pour lui les richesses qu’il empêche les autres de rechercher. La Porte refuse de parti pris le firman nécessaire pour entreprendre des fouilles, et si par hasard elle l’accorde, c’est à la'seule condition que toute œuvre d’art découverte lui appartiendra. Pour toute récompense de leurs peines, les savants et les patients chercheurs ne pourront avoir qu’un relevé des plans, quelques dessins et des photographies. On se décourage et l’on cesse les travaux. Cependant les Anglais, pour ne pas perdre leurs droits sur la butte de Ninive, ont élevé sur l’emplacement une petite masure de six pieds carrés, en terre battue et sans toit, qui renferme quelques débris de vases et de briques, jetés comme des ordures dans un coin, et qu’on intitule pompeusement le Musée britannique.
Ce qui à été découvert jusqu'ici n’a guère d'importance qu’au point de vue historique ; même à ce point de vue, les découvertes seraient plus précieuses, si nos savants pouvaient lire d’une façon plus certaine les innombrables inscriptions qui couvrent les murs et les sculptures; ce qu'ils croient comprendre est loin d’être indiscutable et, malgré les inscriptions trilingues découvertes à Van et à Bisoutoun, qui les ont tant aidés, il y à encore bien des inscriptions en caractères cunéiformes qui restent indéchiffrées.
Les pièces intérieures de ces palais étaient garnies tout autour de plaques de marbre et de pierres sculptées représentant des combats ou
des scènes de chasse et de pêche, le Tigre avec ses poissons où des oasis
1. Ouvrages à consulter : Perrot et Chipiez, Histoire de l’art dans l'antiquité, — Place, Ninive. — Beulé, Fouilles et découvertes.
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