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remplies de palmiers. On voit de longues inscriptions souvent sur la sculpture elle-même. On trouve encore des fragments de sphinx, de lions et d'immenses taureaux ailés et sur tous sont gravés des caractères qui semblent raconter quelque fait intéressant de l’histoire. Les briques cuites que l’on rencontre paraissent plutôt avoir servi de tablettes et de livrés que de matériaux de construction. Au bout de deux heures, nous remontons à cheval et partons pour Khorsabad, suivant le cours d’un petit ruisseau. La campagne est cultivée; les champs de blé, d'orge et de froment ne se reconnaissent qu'aux tiges qui surgissent encore après la moisson faite. Nous rencontrons quelques champs de coton bien maigres, à côté de pavots et d’opium. Les maisons des paysans sont de véritables petits forts carrés de trois à quatre mètres de large sur autant de hauteur ; à part la porte, les seules ouvertures sont de petites lucarnes semblables à des meurtrières. Un homme se promène sur la terrasse comme une sentinelle et complète l'illusion.
Nous arrivons à Khorsabad. Les tranchées et les puits des fouilles sont déjà presque comblés et les paysans labourent et récoltent du blé, là où quelques années plus tôt Botta et Place faisaient leurs découvertes. Ce qui reste de Khorsabad, ce Versailles d'un Louis AIV assyrien, est de nouveau enseveli. En buttant au bord d’un trou, je fis ébouler une large motte de terre qui recouvrait un mur de briques peintes. Le dessin répété souvent (c'était une bordure) représentait le même sujet, sur un ensemble de huit briques. Je passai deux grandes heures à dégager ces restes avec mon couteau de chasse ; il faisait une chaleur torride et dans ce trou l'air manquait ; j’eus une peine infinie. Je chargeaï un paysan de transporter à Mossoul le résultat de mon pénible travail, en lui promettant une large récompense si le tout arrivait en bon état.
Nous nous remettons en route. Nous passons près d’un petit monticule ; sur la face tournée vers Mossoul, on à commencé une légère fouille qui montre la tête d’un immense taureau ailé ; les travaux ont été suspendus sous prétexte que ce document, trop semblable aux précédents, ne devait rien apporter de nouveau à la science. Pourtant ces monstres ailés contiennent toujours sur la surface plane, simulant le vide entre leurs jambes, des tables couvertes d’inscriptions. De la butte où nous sommes, on voit, dans une même direction, des buttes semblables de forme et de volume. Il est probable que chacune contient un animal pareil
ayant servi jadis de borne stadiaire ou d’indicateur de chemin.
MOSSOU L. 249
Le chemin que nous prenons pour revenir n’est pas celui par lequel nous sommes venus. Nous passons par le village de Baïbo, où nous voyons une petite table en forme de tripode assez curieuse : elle est découpée dans un seul bloc de pierre ; la tablette est ronde, de quatre-vingts centimètres de diamètre, et, sur l’épaisseur d’environ six centimètres, se trouve une inscription cunéiforme ; son pied, qui fait corps avec elle, est un prisme plein, triangulaire, aux arêtes légèrement creusées à mi-hauteur et représentant, à vingt centimètres de la base, des griffes de lion à quatre doigts.
Un long temps de galop; nous sommes sur la ceinture de collines qui recouvrent les murailles de Ninive et nous rentrons à Mossoul.
Les ruines se conservent heureusement sans se détériorer sous la poussière glaiseuse qui les recouvre et les garantit des intempéries de l’air. Ce qui frappe le plus dans le mode de construction de ces palais, c’est que les fondations semblent ne pas exister ; on commençait par élever sur le sol une immense plate-forme de briques et de moellons haute de deux à trois mètres, sur laquelle on construisait l’édifice. Dans les fouilles faites à Khorsabad, la plate-forme du palais semble avoir été beaucoup plus élevée. D’après Place, elle arrivait à la hauteur des murs. Ceuxc1 avaient, d’après ses calculs, près de dix-huit mètres de hauteur ; leur largeur à la base atteint vingt-quatre mètres, c’est ce qui explique comment Diodore de Sicile peut raconter que plusieurs chars couraient de front sur le haut des murailles'. Les pierres étaient réunies par du bitume * dont nous remarquons encore les traces.
Les chambres devaient être élevées. Tout autour, à l’intérieur, des plaques de marbre étaient appliquées le long des murs en briques séchées au soleil. Ces plaques avaient rarement plus de quatre mètres de haut; quelques-unes, trouvées à Nimroud, n’ont pas plus de trois mètres ; les lions et les taureaux ailés à tête d’homme, qui formaient les entrées de portes, avaient cinq mètres et plus de hauteur. Ces animaux n’atteignaient pas encore le plafond de la chambre, dont le mur avait souvent un mètre de plus. Cette partie supérieure était bâtie soit de briques cuites peintes,
représentant des figures ou de riches ornements, soit de simples briques
1. TO dE mhdros nhetov À dvoiv &ppaotv irnaomov. (Diod. d. Sic., IT, 7.) 2. Allons, faisons des briques et cuisons-les, Ils eurent donc des briques au lieu de pierres, CJ . . - . ” « - € " “ CE a? F “ ne nr et le bitume leur tint lieu de mortier. (Genèse, XI, 3.) — Ontas dE mAvôous eis aopaitov
2 À 4 ? 4 4 " . a Jr Fr . , LE d — ÉVONGaLEVN TEiy06 xatawxeUge to pèv Üÿos. (Diod. Bic. IT, 7.) — Voyez aussi Hérodote, liv. 1, 179.
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