DANS LE BAZAR A BAGHDAD
m'annoncer, Sans que je puisse démêler clairement ses paroles ambiguës, que le gouvernement a confisqué les caisses et demande à les ouvrir. Ses paroles, remplies de réticences, laissaient entrevoir cependant que je pouvais peut-être les revoir, moyennant un nouveau pourboire. Je promets une récompense si Je les retrouve; mais Je la donnerai seulement lorsque les caisses seront sur le bateau.
(1 | | FE RTE Li) 1 RENAN | | | DB DEL HBILE hi] 1 IE | HE WI FE DEL 310 EN MÉSOPOTAMIE.
Le lendemain et les jours suivants, je perds des heures à la douane,
Rennes
où mon ignorance de la langue me cause un grand embarras. Le jour de notre départ, l'employé de la douane, à qui j'avais
GER bIENE promis une belle récompense lorsque mes caisses seraient embarquées,
vient m’annoncer qu’elles sont sur le quai, prêtes à être chargées. Je vais m'en assurer. Ce sont bien en effet mes caisses. J’allais donner la récompense, lorsque l’idée me vint de les faire ouvrir. Je vis alors le bonhomme chercher à s’esquiver ; je le retiens par le bras; il tremble comme une feuille. Les caisses ouvertes, je m’aperçois que mes crânes, mes pierres,
L IE 1 toutes mes curiosités sont remplacées par des plâtras. Sans Hamelin
q A qui me retint, Je crois que J'aurais tué le voleur.
| | | AA | Il n’y avait aucune ressource. Une réclamation ne pouvait m'attirer QUEUE ER que de nouveaux tracas et de nouvelles escroqueries, sans chance de
| j ; | succès. Le consul nous avait dit de ne pas compter sur lui. Le mieux | | était de se résigner : « Allah l’a voulu ainsi, disait Hamelin, ne cher- | | chons pas à lutter. »
Il | BRL | Pendant que Nannu s’occupe d’organiser notre caravane, nous rece- | AAA vons la visite du consul de Russie et de son drogman. Ce dernier était | délégué au service du shah de Perse pendant son séjour à Baghdad, et
spécialement chargé de sa correspondance télégraphique. Lorsque le
shah se prépara à quitter Baghdad, il lui présenta le règlement du
| LE service de la poste; le shah se refusa à payer, et, sur des instances pres- RUE santes, allécua que ses caisses étaient parties en avant et demanda qu’on
| IA4 l’accompagnât jusqu’à la frontière; là, 1l solderait. Le délégué fit mettre
(Ab AAA | opposition sur ses bagages; le shah insista pour payer sur son territoire.
« Impossible, Majesté, de condescendre à votre désir; si vous refusiez de | | € l’autre côté de la frontière, je n’aurais aucun moyen de vous con- | | & traindre, — Alors, voici un chèque sur Téhéran. — Je ne puis | |
& l’accepter. » Le shah se décida alors à remettre un chèque sur
EIRE ID EE 1 Baghdad. On présenta le chèque au négociant persan sur qui il était tiré ; | | | celui-ci ne voulut pas payer. « J’ai déjà bien assez avancé d'argent pour | | « le shah ; je suis las de payer toujours; Je ne lui dois rien. »
| Le drogman porta plainte au gouverneur; celui-ci fit venir le négo- (| clant, qui se refusa encore à verser la somme. Pourtant, après mûre IF | réflexion, il revint le lendemain apporter les trois cents livres turques, RE E (EE préférant perdre cet argent plutôt que d’encourir une disgrâce. Le souve-
| | rain à, paraît-il, l'habitude d’user à l’étranger de ses sujets riches, qui,