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MANTEAU DE PRINCESSE CHALDKENNE EN VELOURS BLEU SOUTACHÉ D'OR

BAGHDAD. 913

s'ils ne rendaient pas le service demandé, n’oseraient retourner ensuite chez eux dans la crainte de représailles. C’est un honneur d’être reçu par le shah lorsqu'il voyage; aussi n’accorde-t-il d’audience qu'à ceux qui lui

présentent un joli sac d’argent,

29 octobre.

Nous comptions partir aujourd’hui. Au dernier moment, les muletiers, avec lesquels tout paraissait bien convenu, font surgir difficultés sur difficultés; d’abord, il leur faut un cheval de plus à nos frais pour porter les bâts de ceux qui porteront nos selles; autrement, ils ne pourralent effectuer de chargement pour le retour. Je fais cette concession: ensuite, ils demandent une livre de plus sur l’avance déjà faite, puis deux. J'accepte encore. Maintenant, ils veulent que le prix convenu de trente krans par cheval soit élevé à trente becheliks; une différence de trentetrois pour cent. Cette fois, je romps le marché; je reprends mes avances et aussitôt je dépêche Nannu au bazar, pour qu’il tâche de trouver d’autres muletiers avant que ceux-ci, mécontents, aient donné le mot à leurs confrères.

Pendant ce temps, nous déjeunons, et Nannu revient avec une bonne réponse. Je l’envoie chez le gouverneur pour demander des zapetiés qui nous accompagneront Jusqu'à la frontière. Il ne revient qu’au bout de deux heures; le gouverneur refuse des soldats. « La route est trop dange- « reuse, dit-il; elle est infestée de brigands. Les Hamawans sont en €insurrection, et faire accompagner ces messieurs me rendrait respon- «sable de leur sécurité. Qu'ils prennent une autre route! » Laquelle? Nous ne pouvons pourtant passer par Bassorah, Bouchir et Chiraz! C’est trop en dehors de notre itinéraire. Nous nous décidons à faire à notre tête; et, puisque le gouverneur ne veut pas nous donner de soldats, nous partirons seuls et par la route que nous avons décidée. Après tout, ce que le gouverneur nous dit peut bien être un mensonge: il essaye peut-être de nous contrarier et d’entraver nos projets. Il ne faut que trois jours pour gagner la frontière persane, et là nous serons en sûreté; nous aurons enfin quitté cette Turquie mille fois plus vile, plus fausse et plus corrompue que la Perse.

Nous allons voir M. Koury, drogman du consulat ; nous lui racon-

tons nos ennuis et lui apprenons notre décision, Au fond, il nous approuve de ne pas nous laisser impressionner par tout ce qu'on peut nous dire.

Pendant notre visite, il nous montre une collection magnifique de lances,

de boucliers et d'armes diverses qu’il à faite à Zanzibar ; il regrette son ancien poste.

Lorsque nous rentrons à l’hôtel, tout paraît bien disposé pour notre départ. Nous réglons avec l’hôtelier Dimitri Firos ; en somme, sa maison est peu respectable et peu confortable; mais il à été brave homme et

nous à bien reçus.

M. Koury nous fait l’amitié de venir nous voir après le dîner. Tous

les bagages préparés, nous dormons en attendant l'heure du départ.

JUIVE DE BAGHDA D.

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