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à l'heure. Au haut du défilé (défilé de Tchazevar), la vue s'étend sur la orande plaine de Mahidescht : ce petit hameau, notre lieu d'étape, ne s’aperçoit au loin que comme un point blanc.
La nuit tombe et, par cette nuit sans lune, je craignais que nous ne nous perdissions > nous ne savions ce qu'étaient devenus les muletiers qui étaient restés en arrière. En passant près d’un groupe de quelques maisons, au sortir du défilé, je demande si quelqu'un veut me servir de guide ; à peine ai-je prononcé le mot bakchich que deux ou trois personnes se présentent, parmi lesquelles le chef du village choisit pour nous.
La descente est dure et difficile. A six heures et demie, la nuit est si noire qu'on ne peut distinguer le cavalier qui vous précède. La route est plate ; le fond de la plaine est humide et marécageux ; on traverse d’immenses flaques d’eau ; les chevaux fatigués buttent et tombent deux ou trois fois dans la boue ; il faut allumer le fanous pour les relever et rétablir leurs charges. La pluie continue à tomber et est dans toute son intensité quand nous arrivons à Mahidescht. Plus de place au caravanséraï; nous demandons l’hospitalité dans une maison particulière. On nous offre un grand hangar qui sert de passage à une écurie ; nous ne serions pas trop mal sans les fuites du toit à moitié détrempé. Nous faisons un orand feu de fagots pour nous réchauffer et nous sécher. Yovan, qui a plumé à cheval des perdreaux que j'ai tués chemin faisant, les fait rôtir au-dessus de la braise, embrochés sur une baguette de fusil. Notre hôte nous apporte des fruits. — Demain nous serons à Kirmanshah.