‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 192 sur 210 · APE ES · texte numérisé non relu

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tient les grandes forêts, les pâturages et les fertiles cultures du Mazanderan et du Ghilan.

La vallée du Séfid-roud, à l’angle sud-ouest de la Caspienne, à l'entrée du Ghilan, entre les petites villes de Mendjil et de Roudbar, est une des localités où ce phénomène est le plus saïllant, Le Séfid-roud traverse l’Elbrouz dans un étroit défilé, comme nous l’avons vu, et à une

UNE RUE A ENZÉLI.

altitude de quatre cents mètres. Nulle part ce massif de montagnes ne présente une entaille aussi profonde. Nulle part ailleurs la chaîne n’est coupée dans son ensemble par un cours d’eau venant des hauts plateaux de la Perse. C’est là que le vent humide a toute sa force ; les sommets des montagnes voisines se couvrent de nuages sur une étendue de trente, quarante et même cinquante kilomètres de chaque côté du défilé. Il pleut alors le plus souvent dans le Ghilan, et la température de tous les districts voisins s’abaisse notablement. Ce grand courant atmosphérique s'étend à l’ouest sur le haut plateau de Sultanieh, le dépasse et va répandre la fertilité dans le district de Guerrous et jusque dans la partie orientale du Kurdistan.

Pourtant, on observe assez souvent dans le Ghilan un vent de terre

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chaud et d’une extrême sécheresse. Les particularités de sa marche ne sont pas faciles à saisir. Les phénomènes de déshydratation et de réchauffement se passent à une certaine distance du sol, car on ne les observe ni dans les vallées ni sur les montagnes, Quand le vent chaud règne dans le Ghilan, on n’observe à Mendyil, à l’entrée de la vallée, qu'une légère brise de terre. Dans le Ghilan, le mouvement atmosphérique est tourbillonnant : 1] paraît descendre verticalement des régions élevées de l’atmosphère. Le vent a, du reste, tous les caractères du fœhn tel qu’on l’observe dans quelques régions montagneuses de l’Europe. C’est un mouvement tempétueux de l’air qui couvre le ciel de nuages, fait disparaître en quelques heures les neiges, dessèche les boues et les marais du Ghilan et assainit sous ce rapport le pays, plein souvent d’une humidité insupportable. Les charpentes des maisons et les meubles ressentent ses effets : ils craquent et se fendent; les habitants sont obligés de prendre les plus grandes précautions pour se préserver des incendies. Il à son maximum d'intensité au village de Koudoum, à vingt-quatre kilomètres de la ville de Rescht. Il se fait sentir le plus souvent à l’automne. Il se montre dans tout le Ghilan et dans la partie occidentale du Mazanderan. Quelquefois il règne au milieu de la forêt, à Koudoum, et ne se montre que plusieurs jours après à Rescht. Il souffle quelquefois sur le golfe du Ghilan et sur le lac d’Enzéli, où son mouvement giratoire gêne beaucoup la navigation t,

26 novembre,

Nous rendons visite à M. Vlassow, très occupé du départ de M. de Giers, qu'il a tenu à recevoir le mieux possible et auquel il a voulu éviter toutes les corvées des préparatifs de départ. Il nous retient à déjeuner. Aussitôt après nous montons à cheval et allons visiter avec Youssouf les environs de Rescht. Les petites maisons de thé le long des routes, les arbres de bois de fer, les paysans, jambes nues, portant des paniers à chaque extrémité d’un bâton flexible placé sur l’épaule, nous font trouver encore plus d’une ressemblance avec le Japon, et je ne suis nullement étonné d’apprendre de Youssouf que ç’a été aussi l’avis de plusieurs voyageurs.

1. J.-D. Tholozan, Compte rendu de l’Académie des sciences, 2 mars 1885 (passim).

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