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TCHAPARKHANEH DE TISI-HUTCH. (Extérieur.)
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DE TAURIS A OURMIAH.
de poisson, les habitants n’ont pas de raisons pour construire des barques de pêche. En Perse, les grands personnages sont si avides de places qu’un oncle du Shah, à force d’intrigues, s'était fait nommer, en 1838, grand amiral du lac ; personne ne pouvait avoir une barque sans son autorisation : il touchait même de gros appointements pour cette sinécure. A sa mort, la charge fat supprimée.
Il y à sur le lac plusieurs petites îles appartenant à des princes ou à des particuliers ; dans l’une d’elles s’est passé un fait fort bizarre ; le propriétaire, aimant beaucoup la chasse, y fit amener des cerfs qui, petit à petit, multiplièrent d’une façon prodigieuse ; dans une année de sécheresse, les rares sources de l’île furent épuisées et, ne trouvant plus à boire que l’eau salée du lac, les animaux, réunis en troupeau, quittèrent l’île à la nage et se dispersèrent dans les montagnes du Kurdistan.
Ce plateau est un des plus élevés de la Perse : le lac d’'Ourmiah, qui représente la plus basse dépression de la vallée, est à quatorze cents mètres au-dessus du niveau de la mer ; l’air y est d’une sécheresse extrême : les objets en fer et en acier, les armes, restent à l’air des mois entiers sans avoir la moindre tache de rouille; nos mains ét nos lèvres gercées ne peuvent se guérir.
Les montagnes voisines contiennent des dépôts de sel gemme considérables et il est rare de trouver un ruisseau d’eau potable, souvent même l’eau contient des solutions minérales fort malsaines ; aussi la végétation est-elle nulle. Cette eau limpide court sur an lit de sable et de cailloux et ne laisse vivre aucune herbe sur ses bords ; si, par hasard, une source pure sort de terre, on la reconnaît de loin aux quelques arbres qui l'entourent ; souvent une petite masure est construite à côté, et presque toujours on rencontre près de cette source un voyageur qui se désaltère et se repose.
L'étape est très longue et nos chevaux se fatiguent ; nous rencontrons aux trois quarts de la route un grand caravanseraï ruiné, Où un marchand de thé, de pastèques et de raisins s’est installé. Nous avons peu de goût pour les pastèques, dont les gens du pays sont pourtant très friands et dont la plupart se contentent pour tout repas. Nous nous reposons à peu près une demi-heure ; les hommes sont assis à l’ombre; ils ne prennent pas la peine de surveiller les chevaux, et ceux-ci se roulent avec leur harnachement.
Salent l’embarcation avec des gaules en s'appuyant sur le fond; on a remarqué dans le lac les traces d’une digue (qu’on a attribuée à Salomon), et qui devait servir à le passer à gué.
Encore une grande heure à travers une plaine aride et des marécages. salins à demi desséchés; nous rencontrons quelques cavaliers kurdes avec leurs longues lances. Nous arrivons à une heure à Zsi-Hutch. Le soleil est de plomb, mais le tchaparkhaneh est bien situé, en face
d'un ruisseau bordé de saules; nous nous reposons et déjeunons; puis,
YOVAN.
avant de remonter à cheval, nous prenons la photographie de la maison de poste.
Nous repartons à deux heures; Diliman, où je voudrais arriver ce soir, est à 56 kilomètres et il n’y a pas de temps à perdre.
Les montagnes, dont nous longeons la base, présentent un aspect curieux et forment d'immenses tranches nettement dessinées vertes et roses ; tous ces terrains, d’origine volcanique, doivent être fort riches en mines, mais elles ne sont pas exploitées. L’Oriental ne recherche que les profits immédiats et certains.
Nous devançons comme d'habitude la caravane, Hamelin et moi. Notre cuisinier paraît fort consciencieux et Gérôme, après les premières semonces, se montre un pet plus attentif.
Ne voyant pas nos hommes arriver, nous les attendons près d’un - rnisseau où Hamelin éprouve l’irrésistible envie de se baigner avec les quelques grenouilles qui s’y prélassent ; il est obligé de se coucher pour
avoir de l’eau à mi-corps.
TCHAPARKHANEH DE TISI-HUTCH. (Intérieur.)
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