‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 38 sur 210 · PARUS · texte numérisé non relu

PARUS

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DE TAURIS À OURMIAH. 81

La caravane nous rejoint et nous reprenons lentement notre route: le soleil baisse et le panorama est splendide; le lac, reflétant les rayons, paraît d’or et d'argent ; les silhouettes bizarres des montagnes étrang'ement éclairées se déconpent à l’horizon sur le bleu du ciel: tout est calme et tranquille,

À huit heures, nous arrivons à A/ma-Seraï, petit village où nous nous décidons à passer la nuit; il serait impossible de continuer sans risquer de tomber dans les fossés et les ravines qui bordent la route. Pas de caravanseraï, pas de tchaparkhaneh, nous demandons l'hospitalité au chef du village. Il ne peut mettre à notre disposition qu’un hangar ouvert où sont déjà des chevaux et des bœufs; nous nous installons tant bien que mal et trouvons de l’eau assez propre et du lait.

13 septembre.

Quelle mauvaise nuit nous avons passée ! Trois fois les animaux que nous avions comme camarades de dortoir se détachent et viennent s’embarrasser dans nos bagages, jusques entre nos lits; le brave Yovan se décide à veiller pour que nous puissions dormir tranquilles.

À quatre heures, je fais seller, et, avec la lenteur habituelle, nous n'arrivons à partir qu'à six; cela nous donne le temps de faire faire par Yovan une soupe au riz et au lait qui nous semble excellente.

La route est toujours aussi plate; nous dépassons le lac, que nous perdons de vue en remontant le fleuve Tchar-tchaï, son tributaire; nous traversons l’oasis de Gueaulin et entrons dans la fertile vallée de Sulmas; là, nous rencontrons des outardes et des francolins ‘; mais, pendant que nous préparons nos cartouches, les animaux s’envolent hors de portée de fusil.

Nous traversons plusieurs petits villages où l’on s’occupe beaucoup d'agriculture; la terre est très riche; pour y faire pousser le blé, il suffit de Ta remuer avec un crochet de bois; les greniers regorgent, et toutes ces richesses se perdent faute de moyens de transport; il n’y a pas même, jusqu'à Tauris, une route que puisse suivre le plus primitif des chariots. |

1. Grosse espèce de perdrix de la taille d’une poule, gibier fort commun dans le Kurdistan et la Mésopotamie, Sa chair, moins fine que celle de la perdrix, est encore un mets excellent.

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Un chemin poussiéreux, en plein soleil, nous conduit à travers les

champs à Diliman. La ville est entourée de murs crénelés en terre qui

s’effondrent peu à peu sous l’action des pluies et dont les débris com-

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