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livre à un effort cérébral] aigu: ses Jeux s’affai

blissaient alors, avaient besoin de calme afin de regagner leur énergie visuelle.

enfant les études trop ardues ! Et, depuis les jours pathétiques, elle n’avait jamais pleuré. —Oui, Geneviève, tu as raison, c’est la première fois, depuis lors, qu’elle pleure, finit.il par dire à sa femme anxieuse, assommé, dompté.

—Que s'est-il passé, Gilbert ? lui demande en- Core celle-ci. | —Elle aime ce Canadien-Français 2e —Jules Hébert !. ss Qui! Je voulais Ja lui arracher, partir tout de suite, avant qu’il ne l’ait revue. C’est Pour cela qu’elle pleure... Marguerite, il faut cesser tes larmes, Supplie-t-il, elles sont dangereuses !.., Le médecin t’a défendu les larmes Pour la vie !!!

—Je t’en Conjure, ma fille, obéis à ton père... —Je lui obéirai demain, j'en suis incapable aujourd’hui, Sanglota la jeune fille, —Dis, tu es encore ma véritable enfant, implore Gilbert, tu crois en mes doctrines !...

—Vous le savez bien, mon père...

—Tu ne faibliras pas, demain ? Tu me revien-. dras ?..,

—C’est mal d’avoir douté de moi, mon père...

—Je t’en demande pardon, je me suis fourvoyé... Tu iras lui dire adieu, puisque c’est le seul moyen de tarir le chagrin qui me met le Ceur à sang...

— Oh ! merci, mon père, et. pardon de vous fai. re de la peine...

—Courage, Marguerite, disait Jeanne à la Parisienne un peu hors d’haleine, quelques minutes encore, et nous arriverons. .. Là-haut, vous serez largement récompensée de votre fatigue !

—Vous sentez-vous bien lasse ? s'inquiète Jules, avec douceur.

—Vous êtes gi gentils, tous les deux, que je ne sens guère ma fatigue, répond Marguerite, avec un sourire triste. L

—La forêt est moins dense, la végétation se clairsème, ajoute le jeune homme. Il en est des ‘ plantes comme des hommes : il y en a moins qui | vivent dans les hautes sphères !

En effet, depuis quelque temps déjà, ils ont quitté la petite oseille écarlate et faraude, les convolvolus amoureux, les avoines folles et pimpantes, les mourons étoilés, les cotonniers pour. pres, les sureaux de neige, les silènes ivres et lourds, les moutardes aveuglantes, Ils aperçoi-

vent encore, ici et là, des fougères au dessin fréle et aux tiges menues. Tout-à-l’heure, ils étaient accueillis par les hêtres efflanqués, les bouleaux minces et les érables un peu mélancoliques dans leur feuillage qui sent venir, plus tôt que les autres, l’automne et la mort. Il n'y a guère, maintenant, que la grande taille des épinettes et les bras ouverts des sapins qui les saluent au passage. A tout moment, ils entendaient gazouiller les sources dans les verdures attendries : plus ils gravissaient la montagne, plus elles sont devenues rares, et il leur semble qu'il ne doit plus y en avoir. La montée se prolonge, accidentée, pénible, un peu énervante. Les racines qui s’enlacent an ras du sentier, accrochent les pieds qu'elles taquinent. Il faut se heurter aux roches anguleuses, sentir la pointe des cailloux effilés, déchirer les toiles d’araignée dont la trame colle au visage, franchir un arbre dont l'orage de l'année dernière a jonché la route. Parfois, ils s'arrêtent: un parfum de mille arômes apaise leur sang qui bat à grands coups martelés. Le vol sous bois d’un geai d'azur, tout près d'eux, leur donne des ailes, et ils reprennent le chemin tortneux, l'œil éboui par les “quatre-temps” ver-

millons qui jalonnent 1

e sol tout le long de la lisière.

Soudain, l'ascension est pente a cessé d'être esca racines sournoises ni de trois amis foulent, avec ;l

facile et repose. La rpée, il n’y a plus de bierres hostiles. Les S ne Savent quelle Volupté, le tapis moëlleux des aiguillettes brunes ou dorées que les conifères ont semées dans la forêt profonde. Marguerite Pressent qu’ils arri. vent, et sa lassitude labandonne.

—Bientôt, la &grande Croix ge dressera devant nous, s’écrie Jeanne, avec une joie dont Pétille son visage plus rose qu’à l'ordinaire, Ce sera presque la fin... N ’êtes-vous Pas heureuse, Mar. guerite, que ce soit la fin ?..,

— Oui, je grille du désir de voir le Spectacle dont vous m'avez promis la splendeur, dit-elle, s’efforçant de Sourire, parce qu’elle pense à Pautre fin, celle de SOn amour.

—J’espère qu’on ne vous a pas trop Promis,

murmure Jeanne, qui comprend...

— 11 vaut mieux ne vent épargner la déc dont le silence,

pas trop Promettre, si on eption amère, ajoute Jules, tout le long de la montée, a suivi

distraitement le colloque assez vif des jeunes filles,

—Vous vous y connaissez tellement bien en beaux paysages, que je ne crains rien, dit la Française, regrettant d’avoir laissé deviner son trouble.

—Je ne vous ai jamais déçue, alors, répond:il.

—Oui, vous ne m’avez jamais trompée, dit-elle, et Jules est confirmé dans l'assurance qu’elle n’a jamais eu d’espoir.

—La Croix ! sécrie Jear:ne, et elle se met à courir, folle d’allégresse.

Marguerite et Jules restent seuls, Un malaise invincible les paralyse. 11 leur est impossible d'échanger les impressions banales qu’ils cherchent en vain dans leurs âmes effrayées l'une de l’autre. Ils avancent, au milieu des fleurs sauvages, vers la Croix prochaine qui les fascine. Elle est géante sur un piédestal de rocs antiques, soulève dans le firmament bleu sa tête dominatrice, et le bois nu de ses larges bras étendus remplit l’espace de grandeur et de souveraineté. En l’apercevant, la Voltairienne a été secouée d’un frisson puissant tout le long de son être, a eu le cœur noyé d’une émotion surabondante où

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la terreur et l'admiration se mélaient étrange. ment. L'esprit discipliné à bannir Je SUrnaturel a dompté Sur-le-champ l'impression Magnétique.

gravir timidement l'azur, et la cloche rouillée

Sa et là, sur Ja Pierre Millénaire, Sonfle sa nappe argentée d’un jour. Des framboisiers Presque

ouvrant leur âme bleue. Un émerillon affamé Qui menaçait dans les airs, s’est dardé Comme une flèche dans les arbres, Les trois amis reviennent Souvent à la Croix dont l’ombre immense écrase les alentours SAUVages et plane au-delà jusqu'aux horizons que ja forêt dérobe encore,

—Tout-à-l’heure, nous vous parlions du Petit Cap et de ses écoliers en vacances, disait Jules. Ils viennent souvent, par groupes en liesse, rendre visite à la cime et à N otre-Dame-des-Neiges... Alors, la solitude s’'anime de vie jeune et ardente.. On cueille les fruits sauvages, les “bleuets” juteux, les framboises grasses, les “petites poires” qu’on s’arrache, parce qu’elles sont rares... On va tirer d'une source tapie dans la mousse, un peu plus loin, l’eau fraîche qui crève les rocs... On allume, là-haut, un petit feu qui crépite au sein des pierres dont on a construit la cheminée d’un soir... A table, c’est un engouffrement de choses qu’on dévore, une escarmouche de bons mots qui pétillent... Quand la nuit envahit la montagne, ils accourent se percher sur la roche où la grande Croix s’enfonce, murmurent ensemble une prière aux étoiles, puis, regardent longtemps les feux par myriades qui sont la féerie

“nocturne de Québec dans la distance... Le som-

meil est lourd et bon dans les lits durs qui sont nichés derrière la chapelle... Les plus vaillants se lèvent, à trois heures du matin, pour voir les ténèbres se blanchir d’aurore et l’horizon s’embraser de soleil...

—Qu’ils sont Siaste, ‘Ce n'est

"ÉCUBIL

heureux !

—Que j'aimerais à revoir !.

SOngeant à l’abîme en

qui ne trouvent Pas de réponse,

—Ce n’est Pas vrai que vous partez, VOUS reverrai Plus ! redit Jeanne.

eu le temps d'apprendre à vous aimer comme

ne: vous le méritez !... Je n’aurai jamais d’amie ne Je pareille à vous, restez que je vous aime davanés tage !... Si vous saviez comme cela me désole de vous perdre !...

Bis — 11 vaut mieux que nous nous séparions tous, e la la Croix l'exige au-dessus de nos têtes, réponpd dit Marguerite, passionnée, presque farouche. Puis, voyant des larmes plein les yeux de Jeanar. ne, elle dit : “Pardon d’avoir été cruelle, petite rec amie, vous vous trompiez sur mon cœur, il n’est pas digne de votre amour... Il faut me pardonis ner cette violence, elle ne fut pas méchante, jai

tant de peine à vous quitter !... J’ai parfois des 4 cris de révolte, et je regrette celui-là !... Tu as oublié, n’est-ce pas, Jeanne ? Je t’aime et je ne t’oublierai jamais !... Il y a des choses brutales ; qui sait pourquoi elles nous font saigner le cœur ?”...

—Pour que nous devenions meilleurs, dit Jules, profondément ému.

— Vous avez raison, il est des souffrances qui rendent meilleure...

—Allons voir Notre-Dame-des-Neiges ! interrompit brusquement Jules, que le regard de Mar.

l’eau paisible qu’ils sillonnent d'ombre. L'Ile d'Orléans s'écrase sur le fleuve, et la verdure des feuillages, l'éclat des toits et des prairies sestompent dans une buée d’or. L’Ile-aux-Grues, la Grosse-Ile et d'autres que la lumière nimbe de rayonnements doux, évoquent les îles des mythes et des légendes. Un paquebot, dont la carène semble minuscule, paraît immobile dans sa course libre et sereine. Les côtes de Be‘lechasse et de Montmagny dessinent leurs méandres infinis dans une brume aux pâleurs d’encens qui fume sur les autels. Il jaillit, du tableau colossal, une vaste impression de mystère apaisant, de bonheur sublime, de force éternelle et d’hori: zons immenses,

—Que je vous remercie de m’avoir conduite en ce lieu superbe ! finit par dire Marguerite, enthousiaste et reconnaissante. J’en associe la noble et grande beauté aux souvenirs les plus empoignants qui enchantent ma mémoire... Vous souvenez-vous, Monsieur Hébert, du jour presque semblable où le “Laurentic”, là même, nous emportait vers Québec ?...

—$i je m’en souviens ! répond-il, à voix basse. Ignorez-vous que je m'en souviendrai toujours ?

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fidélité.

—1l est un noble et grand seigneur, et je l’aime, disiez-vous. v.

— Vous n’avez donc rien oublié de tout ce que je vous ai dit ?...

— Voulez-vous que je l’oublie ?. ii

—Va:t:il ‘Oublier, Jeanne ? interrogea.t-elle, finement, Pour détourner la question embarras. Sante,

—llyaun moyen très-sûr de vous en assurer, dit la petite Québecoise. Revenez Par Québec, ROUS aurons la joie de vous revoir, et Vous ferez

— Impossible, Jeanne, l'itinéraire est irrévo. Cable, dit-elle, redevenue triste, au Souvenir de la terrible joute d'armes avec son père, la veille

—11 vous donne l’envie folle d’y vivre, répond Marguerite, bouleversée par l’allusion d'amour.

—Le souvenir, c’est presque vivre où l’on promène son rêve, dit-il.

—Alors, je vivrai souvent au Canada, plus souvent à Québec, j’en suis profondément certaine.

—Ce n’est pas tout-à-fait la cime que nous avons sous les pieds, interrompit Jeanne, à qui ce prétexte parut en valoir d’autres. On la gravit, un peu plus loin dans le bois, sur un rocher d’où l’horizon se déroule... Hâtez-vous de m'y rejoindre, n’est-ce pas ?...

Et Jeanne, en quelques bonds souples qui font songer à des battements d'ailes, disparaît dans la montagne. La Française et le Canadien prolongent le silence plein d’angoisse entre eux.

—Est-ce vrai que vous partez ? dit-il, enfin.

—Est-ce vrai que vous restez ? murmure-t-elle.

—C’est donc fini, alors, irrémédiablement fini...

— Voulez-vous, nous allons tout recommencer?

—Si nous pouvions, Marguerite...

—Tenez, nous sommes à bord du “Laurentic’, devant Saint-Jean-de-l’Ile... Nous entrevoyons

de longues semaines pour nous, n'est-ce pas charmant ?...

ressuscite Pas de telles heures Plus jamais EPS

— Non, J ules,

temps, du moi

— Este Un doute que vous avez q Suerite ». :

—8i je doutais de VOus, je ne VOUS dirais pas areilleg Choses ?!.

-. Je suis trop °Pgueilleuse Pour Mmendier un Souvenir 3

elles Vivront toujou 18, Que je vivrai moi-m

€ Moi, Mar.

S'égare pas Il suffit de vous AVoïir € Dnue, pour vous donner large. ment Je Meilleur Souve Ce n est pas une aumône qu’on

vous jette, c’est VOus rend ARS

uter long

L trop Vertigineuse He Com-

ment S'y Prirent-ils, autrefois, Pour arrêter Je solei] ?.. - —1l sa

| gissait d'une victoire à Sagner. Inu.

= 1 : tile de Commander AU soleil]

» DOUS ne triomphe.

TOns pas du destin. . .

—La Providence est plus forte que nous, Jules...

—Que voulez-vous dire, Marguerite ?... Vous ne pouvez railler, vous m'avez promis de ne jamais insulter la Providence !...

—Et je garde ma promesse !...Je voulais vous témoigner que je n’en veux pas à votre Providence qui nous sépare...

—La Croix, là-bas, m’ordonne de vous laisser partir...

—Elle m’ordonne de partir... Mon père sait tout, Jules... Il a voulu quitter la ville dès hier.

—Que sait-il ? balbutie le jeune homme, palpitant d'émotion.

—Ïl s’est aperçu que j'avais de la peine, en a exigé la cause... J’avais défendu les clochers canadiens qu’il maudissait, je l’avais supplié d’aimer un peu ses adversaires... Il vous a soupçonné d’avoir semé le trouble en mon âme, il a eu de telles paroles contre vous, Jules, que malgré moi je vous ai défendu !...

—Vous avez fait cela, mon amie ! sécrie-t-il, avec un élan de tout lui-même.

—Ne vous le devais-je pas ?... Vous avez été si loyal, si bon pour moi !...

—J'ai failli ne pas vous revoir {... Oh! le chagrin de vous perdre sans l’adieu dont j'avais hier le besoin exaspérant !... Que je vous remercie d’avoir eu pitié de moi !...

—Et croyez-vous que je n’eus pas pitié de moimême ?... Quand je l'ai su implacable, j'ai pleuré...

— Vous avez pleuré ! interrompit le Canadien, frémissant. Pour moi, vous avez pleuré !...

Pour moi, vous souffrez !... Mais c’est affreux, cela !... Ft moi qui vous désire tant de bonheur !... Je ne puis supporter votre chagrin, dites-moi qu’il s’agit de votre âme sensible que les départs bouleversent toujours, quand vous abandonnez les lieux que vous aimez !... Oui, ce n’est pas pour moi que vous souffrez jusqu'aux sanglots, je ne mérite pas cela !..

—Plus vous vous en croyez indigne, plus je suis heureuse d’être malheureuse !. .. I rya que les femmes qui sachent bien ce qu’un homme vaut dans leur âme !

— Votre accent me transporte !... Je ne voulais pas vous dire la chose profonde et sainte au plus intime de moi-même... Dieu sait combien souvent j'ai refoulé cet aveu que je devais taire. .

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2 rs es de Le

Je crains qu’il n’avive l’amertume de nous séparer... Non, je ne parlerai pas, j’en ai déjà trop

. dit !... Jeanne est bien près d’ici, nous allons

vers elle, n’est-ce pas ?..

—Et si je voulais tout entendre, Jules !...

Quoiqu'il arrive, dussé-je en mourir, je veux que vous parliez, je veux être certaine !... Le souvenir sera meilleur...

—Promettez-moi que -us n’aurez jamais de rancune plus tard !... Non, il vaut mieux que je le garde en moi-même !..

—Jules ! supplia-t-elle.

—Vous l’aurez voulu, Marguerite... Plus je regarde au fond de vos yeux si doux, plus je sens que vous me ravissez le plus profond de mon être... Je n’ai pas gaspillé mon rêve... Depuis que j'ai entrevu l'amour, je n’aimai qu’une femme, celle que mon imagination connaissait mieux chaque jour, en qui souvent je plaçais des espoirs nouveaux, celle qui ne venait pas, mais qui viendrait... Je lui ai réservé toutes mes forces de tendresse... Il m'arriva de gentir des élans terribles vers la passion néant... Ce n’était pas cela que j'attendais, je passai au large... Il y eut des jours où mon cœur trop plein voulut dé-

eee men ra Da Ar En agen mme ma

border... On ne me donna pas ce qu’on m'avait promis, j’écartai le mirage... J'avais un talisman contre le mensonge et le dégoût, un portrait de jeune fille par Greuze que je garde suspendu au mur de ma chambre... Et sans avoir eu la folie d'aimer une image inerte et vaine, je m'’abandonnai souvent à l’illusion que mon idéal palpitait dans la chevelure fauve et le visage ardent... Il rayonnait d’elle tant de flamme pure, d’âme fine et d’espoirs nobles, que j’espérai souvent la voir quitter le cadre glacial et s’en aller m'attendre sur la route... Oui, Marguerite, elle vit, l’image de Greuze, et je l’ai rencontrée... Toute mon âme l’a reconnue, le jour où, merveilleuse dans un vêtement de lys, elle vint prendre place tout près de mon cœur... Dès lors, j'ai vécu autrement, d’une vie plus large, plus complète, où frémissaient des émotions nouvelles... Ce ne fut pas la même façon de vivre, lorsque je reposais mes yeux dans le calme des vôtres... Oui, j'ai vécu autrement, d’une vie plus harmonieuse, depuis que j'ai entendu votre voix qui module et berce... Oh ! la nouvelle et grisante fa- Çon de vivre, à recevoir la révélation de votre âme délicate et charmante !... Votre image est

dans l’essence de ma vie !... Oh ! l'ivresse de vivre, depuis que je vous aime !... Mon coeur ne combat plus, se livre à vos yeux qui l’appellent.…. Marguerite, je vous aime, regardez bien au fond de moi-même, n'est-il Pas vrai que je vous aime religieusement, pour toujours ? Ne sentez-vous Pas que la totalité de mes rêves est à vous, que vous ne pourrez jamais me redonner ce que vous emportez de mon être ?...

—J’ai le cœur plein à se rompre !... Depuis que je le sais, votre amour est la vie même !... Il faut que je refuse, vous n'avez pas le droit de me faire une telle promesse !... La violence de l'adieu décuple la force de notre amour !... Plus tard, vous regretterez d’être allé si loin, vous saurez que vous ne donniez pas réellement tout ce que vous offrez !...

— Vous ne le voulez donc pas, le rêve entier de ma jeunesse ? Ini reproche-t-il, amèrement. Je vous l’offre pour la vie *... Je n’aimerai une autre femme que si elle vous ressemble, et ce sera vous toujours que j’adorerai !...

— 1] faut que vous en aimiez une autre !...

C’est un devoir de famille et de race !... Votre peine s’émoussera, s’atténuera de mirage et d’ir-

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