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LE CRÉOLE

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des joues du cheval pendeat de larjjes plaques d'argent ouvré; la selle a un pommeau saillant dont le sommet supporte une large tablette en argent qui sert à enrouler le lazzo, cette arme si fréquemment en usage au Mexique contre T animal qu'on veut lazzer ou l'homme qu'on tente d'arracher de cheval.

Le corps de la selle, en cuir estampé, dont le milieu est à jour pour éviter tout contact avec le garrot de la monture, se trouve pourvu de deux larges étrivières auxquelles sont suspendus des étriers qui protègent presque entièrement le pied ; elle se- pose sur une couverture de cuir estampé qui enveloppe parfois toute la croupe de l'animal. Sur le derrière de la selle s'attache le zarape dont le Mexicain ne se sépare jamais, et qui, sauf la finesse de la laine et la beauté du tissu, a la même forme et le même emploi chez le riche Mexicain que chez l'homme du peuple. Ce tissu léger, serré, chaud, garantit non-seulement du froid, mais encore de la pluie qui ne traverse qu'à la longue.

Un dernier objet, complément obligé de la tenue du cavalier, c'est l'éperon. Nous ne disons pas : les éperons, parce que le cavalier mexicain n'en porte habituellement qu'un aux branches épaisses, aux mollettes énormes. Cet éperon,

mélange d'acier et d'argent*, remarquablement ciselé, n'est à proprement parler qu'un ornement, le Mexicain ne faisant usage que de la bride et d'une lanière en guise de cravache.

Sous la selle, mais à portée de la main du cavalier, est passé, h la façon arabe, un machete, sorte de sabre qui lui est utile pour se frayer des sentiers. En arrière, et le long de la selle, pend généralement un fusil. Mais ces armes ne serviraient de rien au Mexicain loin de son cheval, s'il ne portait toujours un revolver à sa ceinture. Dans un pays où les ciiadrillas de ladrones exercent volontiers la mendicité à main armée, cet arsenal n'est pas une vaine parure.

En voyage, le cavalier protège ses jambes au moyen de la bota vaquera, pièce de cuir richement travaillée qui se fixe au-dessus du mollet par un cordonnet. Cette bota renferme une poche dans laquelle se dissimule un large couteau catalan. Si le cavalier voyage dans la saison des pluies, il remplace la buta vaquera par une arma de agua, composée de deux peaux de veau faites pour envelopper les jambes et les pieds, et les préserver contre la pluie ou les grandes épines. Ces sortes de jambières qui montent jusqu'au haut de la

* La plus célèbre fabrique est celle (l*Amozoc, pueblo des environs de Puebla, qui fut pour le corps expéditionnaire une étape d'espérance à Tallcr, — de douleur au retour.

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