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INVITATION AU VOYAGE

Et VOUS, gens de l'art.

Pour que je jouisse, Si c'est du Mozart, Que l'on m'avertisse.

M. Louis Gonse, qui s'y entend comme personne, nous avertit quand c'est du Mozart. II a visité soixantedix musées, étudié les monuments un par un, redressé des torts, réhabilité des gloires oubliées. Il nous signale, et souvent nous révèle, les richesses d'art dont la France regorge. Nous ne nous doutons pas de notre opulence.

On se pique de connaître les musées principaux. On a vu, tant bien que mal : à Lyon, le palais Saint-Pierre, si riche en bronzes antiques; à Dijon, le Palais ducal, célèbre par ses tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur; le cabinet Wicar, de Lille, avec l'inoubliable tête de cire ; Toulouse et son doux cloître des Augustins, mystérieux comme un coin d'Italie. Mais de rares joies attendent ceux qui savent voir, en bien d'autres villes : Amiens, Douai, Valenciennes, Evreux, Rouen, Rennes, Nantes, Bourges, Orléans, Tours, Angers, Clermont, Poitiers, Limoges, Bordeaux, Agen, Montpellier, Marseille, Avignon, Nevers, Troyes, Besançon, Nancy, — et nous en oublions! Bayonne est incomparablement riche des dons récents de son pieux enfant, Léon Bonnat. Le maître peintre, doublé d'un amateur de la race des Mariette et des Crozat, vient d'installer lui-même dans sa ville natale les trésors de sa princière collection : dessins de Rembrandt, de Prud'hon, crayons d'Ingres, bronzes de Barye. Arles et Aix sont des lieux uniques. Peu de cités italiennes valent la ville endormie du roi René; peu surpassent en grâce l'Arles embaumée des Alyscamps, chantée par Mistral. Les voyages de noces peuvent sans déroger se faire en France.

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Mais c'est surtout aux voyages de découvertes, aux pèlerinages savants que M. Louis Gonse nous convie. Aux dévots de l'antiquité il indique : les marbres grecs, le SoU.it galate, le Néron enfant, du musée d'Aix; le Mercure, de Nimes ; V Hermaphrodite, d'Epinal ; le Jupiter, d'Evreux ; la Minerve, que des terrassiers découvrirent l'année dernière dans la cour d'une école de Poitiers, et cette adorable Vénus du Mas-d'Agenais, trouvée en 1877, perle de ce charmant musée d'Agen, que le legs Chaudordy vient encore d'enrichir. Pour les médiévistes, Avignon a le tombeau du cardinal de La Grange; Le Puy, le groupe de femmes de Pépin de Iluy; Le Mans, l'émail Plantagenet; Bourges, les Pleurants du duc de Berry.

Partout éclate et triomphe le génie des statuaires de France.

Puisque nous vivons au pays des grands sculpteurs, sachons aller au-devant d'eux. Pour ne citer que les plus hautes gloires, Pierre Puget, Coysevox, Caffieri, Iloudon, Pigalle, Rude, Carpeaux, Falguière, exigent de leurs admirateurs de longues haltes à Aix, à Orléans, à Valenciennes, à Toulouse. Marseille et Dijon, qui se glorifient de Puget et de Rude, leur ont élevé des temples aussi achevés et aussi nobles que celui qu'a édifié la piété florentine à la mémoire de Donatello. — Iloudon est partout : à Montpellier, il règne en maître. Aix possède son austère et martiale image du bailli de Suffren, exemplaire accompli de conducteur d'hommes, puissant et juste, et ce marbre, si précieux pour l'histoire de la crédulité humaine, du divin Cagliostro, extat'gue et effronté, charlatan oui tenait du tribun, prophète

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