‹ Au Milieu Du Chemin 1852-1855: CorrespondanceChapitre 22 sur 67 · Compte rendu du concert de la Société philharmonique · texte numérisé non relu

Compte rendu du concert de la Société philharmonique

Sey Ge ae ae ee ~ ae ee ee a,

‘aa.*

“roles, et nous acces je P reepara! dans une quin- Bee --zaine de jours, Tout a toi,

Dw

H. BERLIOZ

Memoirs of Davison.

A AUGUSTE BARBIER ope :

Londres, samedi 10 juin [1853].

Mon cher Barbier,

‘Ne viendrez-vous pas voir notre Benvenuto Covance Garden? ? Il sera splendidement mis en scéne et exé- 3 ~ cuté sous ma direction d’une facon assez exception- — nelle! J'ai le plus merveilleux ténor (Tamberlick) quil soit possible de désirer, qui chante et comprend a ce role admirablement, une excellente Teresa, un ravissant Ascanio et les deux meilleurs chefs d’ate- : lier qu’il soit possible d’avoir pour Francesco et Bernardino. Un orchestre superbe, un chceur excellent, et un chef d’orchestre suffisant (c'est moi qui con- — < 3

duis : pardonnez le calembour). iz eS, :

? Tout ce monde m’est entiérement dévoué; le direc- ae FE teur de la scéne me promet un carnaval éblouissant.— SE | On attend cela & Londres avec une impatience que — ie mon dernier succés 4 la Société philharmonique a : a”

“encore excitée, Tout me fait espérer que nous allons we?

ee)

prendre une revanche éclatatite. Venez, venéz donc, cher grand poéte, Ces émotions-la ne sont pas fréquentes dans la vie,., et Londres est si prés de Paris !

Benvenuto sera joué vers le 22 de ce mois.

Vous ne pouvez pas vous douter de la différenee quil va y avoir entre le Malvenuto de Paris et Benvenuto de Londres.

Au lieu du souper de Duponchel, nous allons avoir un-diner de Tamberlick & Hamstead ces jours-ci. Le grand ténor nous traite; il invite tout le personnel de Cellini. Il le peut, il gagne 125.000 francs par an. Pardonnez-lui, c’est un excellent homme, simple comme vous et moi; ce n’est pas 8a fatite s’il a une voix d’or.

Adieu 3 si vous tie venez pas, je ne bois pas a votre santé au diner de Tamberlick,

. Tout & vous, H. BERLIOZ:

Communiqué par M, Hons-Olivier.

A TAMBERLIGK

[Londres], vendredi soir, [juin 1853).

Mon cher monsieur Tamberlick, Soyéz assez bon pour amener avec vous demain matin Tagliafico (dont jé ne me rappellé pas ladressé). Jai fait une coupure dans le final du deriier acté at

eee ee ee”

ees AU MILIEU DU CHEMIN er)

3 il est indispensable qu’il répate le changement avec.

moi.

A demain a 41 heures au théatre.

Votre tout dévoué, H, BERLIOZ,

Bibliotheque du Conservatoire.

A BRANDUS

Londres, 27 juin [1853].

Mon cher Brandis,

Une formidable armée italienne orgatisée depuis quinze jours, sans qu’on ait osé m’en avertif, est veniué faire scandale pendant toute la soirée dé la premiére représentation de Benvenuto. On chutait les acteurs avant qu’ils eussent otivert la bouche et oti a chuté louverture du Carnaval romain pendant qu’on Yexécutait. La presse anglaise, & l'exception du Zimes et du Morning Herald, ne dénonce pas ce fait assez clairement, et bat la campagne sur la question musicale. Voyez surtout le Times.

Néanmoins un grand nombre de morceatix ont pro-

duit leur effet. On voulait méme faire répéter la pre-—

miére ouverture (la grande), on m’a obligé a recom-

-mencer Vair d'Ascanio, supériéetiirement exécuté par ?

‘madame Nantier-Didiée ét un encore s’est élevé aussi

aprés le duo du troisiéme atte chanté avéc un élan

extraordinaire par madame Jullienne et par Tamber-

lick. Bis que je n’ai pas fait & cause de Pimpossibilité ou nous étions de savoir o& reprendre pour lorchestre.

La Reine, le prince Albert, le roi et la reine de Hanovre assistaient d la représentation. La mise en scéne, due aux soins de M, Harris, est brillante et ingé-

nieuse, et l'orchestre et lescheurs sous ma direction ont —

montré dans cet ouvrage difficile une verve extraordinaire.

On m’annonce que la cabale italienne est dans l’intention de continuer avec plus de fureur encore si je continue. Ils crient & l’envahissement de Covent- Garden par les étrangers, parce que madame Jullienne, Frangaise, madame Didiée, Frangaise, Tagliafico, Francais, Zelger, Belge, Formés, Allemand, Stigelli, Allemand, jouent dans l’opéra d’un Francais. En outre, ils se sont adjoint les gens de Lumley, dépossédés par Gye du thédtre de la Reine. Je vais retirer mon ouvrage, il n’y a pas & hésiter. Néanmoins ne le dites pas et ne mentionnez que les lignes que j’ai soulignées, en ajoutant que Tagliafico.a eu un succes remarquable dans le réle de Fieramosca et que Tamberlick a chanté et joué Cellini avec un talent et une inspiration au-dessus de tout éloge.

Adieu, on vient me proposer un grand concert a Exeter-Hall; je suis dans un tourbillon.

Votre tout dévoué,

H. BERLIOZ

P.-S, — ENTRE Nous, je suis sir qu’un avenir sérieux est réservé a cette partition (en Allemagne et plus tard en France). Je suis presque faché de I’avoir faite, & cause de l’impossibilité ou je me trouve de Yanalyser. Je ferais la-dessus un curieux article, Quelle que soit sa fortune présente et les mauvaises chances que lui fait courir le livret, & mon avis c’est une musique nouvelle et d’une vitalité indomptable,

Veuillez m’envoyez la Gazette de dimanche prochain.

Bibliothéque du Conservatoire.

Page 1