‹ Au Milieu Du Chemin 1852-1855: CorrespondanceChapitre 23 sur 67 · A ARMAND BERTIN · texte numérisé non relu

A ARMAND BERTIN

{Londres, 27 juin 4853.]

Mon cher monsieur Armand,

Benvenuto est tombé hier & Covent-Garden tout comme & Paris. Seulement l’opposition s’est mani- festée d’avance et de telle sorte qu’ona découvert son plan. Une société d’Jialiens s’était organisée dés jeudi dernier pour mettre a bas l’opéra; ils ont sifflé méme Youverture du Carnaval romain pendant qu’on |’exé- -cutait. On a néanmoins redemandé plusieurs morceaux, entre autres l’air de Fieramosca et celui d’Ascanio, et la premiére ouverture que, vu sa longueur,

; 6 Times, qui weit. pas une Tae de ‘Voonsgesn

‘Mais un compte rendu assez fidéle de la soirée. . La presse, en général, est hostile la partition, et, selon moi, bat la campagne sur la question musicale. ‘a On blame mon orchestration en lui reprochant des abus la ou il n’y a méme pas usage : la grosse caisse, par exemple, et iln’y ena pas, dans l’opéraentier, un —~ seul coup; le reste des critiques ressemble & celle-la. D’un autre cdté, il y a un grand nombre de partisans — trés violents; on m’a salué & mon entrée de longs” bravos et rappelé & la fin du dernier acte pendant plus de dix minutes, Mais vous pensez que j’aieule bon sens de ne pas paraitre. 4 Je crois donc que le mieux, si vous Seater dire quelque chose dans le Journal des Débats, serait d’annoncer seulement que la premiére représentation a eu lieu samedi dernier, sous ma direction, en présence dela Reine, qui est restée jusqu’a la derniére note — du dernier cheeur; que plusieurs morceaux ont été redemandés et que l’exécution et la mise en scéne ont été fort remarquables, 5 Obligez-moi de mettre ces quelques lignes... J'ai retiré l’ouvrage le soir méme, ne voulant pas m’ex- poser & la continuation de cette hostilité italique, ni a celle dirigée aussi contre Covent-Garden par les ~ gens du théatre de la Reine, mis sur le pavé par la ruine de Lumley, ruine dont M, Gye est la cause, On

re pour ce u eaitee aa ; , <S Mille amitiés. © .

Votre tout dévoué,

HECTOR BERLIOZ

Journal des Debats, 19 juin 1897.

Bing: 2s LECOMTE

{Londres}, lundi 27 juin [4830].

Mon cher Lecomte, J’ai d’abord & vous remercier de votre aril de UIndeépendance; je n’ai pas eu un moment de repos depuis qu'il a paru. De 1a le silence que j’ai gardé aprés la réception de votre lettre. Ne m’en veuillez |

-Maintenant, sachez que, pour Benvenuto, toute Varmée italienne a fait A mon insu une levée de bou-

- cliers et qu'elle s’est adjoint les gens de Lumley, hostiles & Covent-Garden & cause de la cloture du .théAtre de la Reine. On m’a caché jusqu’au dernier moment cette Seaman hostile, see ta apes lg

x jétais 4a demimort. ~

rut fart a a

P; -seandale Aa hae soir si je continue.

Les Italiens prétendent que je viens me moquer E -d’eux dans un théatre italien et que les Francais. et “les Allemands Bpyebissent Covent-Garden. Il ya en

effet trois acteurs francais, un Belge et deux Allemands dans le personnel de mes acteurs. Ils ont beaucoup applaudi Tamberlick, qui est un Italien et qui a été superbe dans le rdle de Benvenuto.

En somme, veuillez dire seulement ceci : Benvenuto a été représenté sous la direction de M. Berlioz, samedi dernier, devant la Reine, le prince Albert, le roi de Hanovre et une assemblée trés brillante. Un violent conflit d’opinion s’est élevé au sujet de cette partition, L’auditoire était dans une agitation extraordinaire; on a redemandé plusieurs morceaux, et Yair d’Ascanio, supérieurement chanté et mimé par madame Nantier-Didiée, a été répété au milieu des applaudissements. M. Berlioz, rappelé avec insistance & la fin de la piéce, s’est abstenu de reparaitre. »

Mille amitiés, je suis dans un tourbillon,

Excusez l’incohérence de ma lettre, On m’engage pour un grand concert & Exeter-Hall. Je ne sais ot donner de la téte.

Communiqué par MM. Noél Charavay et H. Bachimont.

Page 1