La partition de Ja Damnation de Faust a été publiée a
Paris par I’éditeur Richault, en vertu d'un traité conclu le 30 mars 1853 (voir. déja la lettre 4 Liszt de fin ayril 1853). .
- Lon ignore ce qui est advenu du projet d’édition en Angleterre dont cette lettre fait mention. — A propos de la ~
souscription des artistes de Londres, les Mémoires de Berlioz ajoutent : « L’éditeur Beale m’a en outre apporté un présent
~ de 200 guinées qui m’était offert par une réunion d’amateurs..,
E. ‘i maesaints »
Je n’ai pas eru devoir accepter ce présent si en dehors de nos meeurs frangaises, mais dont une bonté et une générosité réelles avaient néanmoins suggéré l'idée. Tout le monde n'est
pas Reprandte rh rents ces messieurs proposent —
soin 4 Weimar, On me la demande pour Marseille; mais je ne les crois pas de force A s’en tirer.
On me propose aussi un engagement pour Francfort ou je me rendrai aprés le festival de...
[Le second feuillet de cette lettre manque.]
Communiqué par madame Chapot.
AU CHEF D’ORCHESTRE FREDERIC KRUG, a Carlsruhe, [Paris] 20 juillet [4850]. — Lettre relative a une répétition pour Pexécution de fragments du Requiem au festival de Bade. — Catalogue d’autographes Liepmannssohn, vente des 30 et 31 mai 1921.
A FRANZ LISZT
Paris, fin juillet 1853.
Cher ami,
Je te remercie mille fois de ta derniare lettre et de toutes les choses cordiales qu’elle contient. J’ai été bien sensible & la bonté du Grand-Duc. II était donc a Londres ce jour-la (Dies ire, dies illa)...?
Tamberlick et Tagliafico, qui sont annuellement engagés pour la saison de Russie, me parlaient derniérement du désir qu’ils auraient de faire donner Benvenuto au Grand Théatre de Pétersbourg. Ils sont excellents l'un et l’autre dans les rdles de Cellini-et de Fieramosca. La chose serait peut-étre faisable si
eee eh ei See ry ye Nee o> thes WS eh a oe re
AU MILIEU DU CHEMIN 93 ; Madame la Grande-Duchesse voulait en écrire & ’Em- } pereur. Sil’Empereur prenait bien la proposition, j’irais alors en Russie; et grace & deux concerts, je serais a peu prés str de faire un voyage utile.
D’ailleurs peut-étre l’Empereur trouverait-il convenable de me faire inviter & venir diriger l’ouvrage. On sait que le pauyre chef d’orchestre (Boveri) qui régne en ce moment ne gouverne pas. Que penses-tu de cela?
Je pars pour Baden-Baden, le concert aura lieu le 14 aout. Je suis allé au recu de ta lettre chez Gathy pour le prier de me traduire le Repos de la Sainte Famille, mais il est absent de Paris pour six semaines et je ne connais personne qui puisse faire proprement cette traduction. Peut-étre trouverai-je quelqu’un a Bade.
‘La gravure de Faust avec texte allemand et fran- ¢ais, en grande partition et en partition de piano, avance (ici) et l’édition anglaise ne tardera pas a étre mise en train.
Je n’ai donc plus que trois partitions 4 publier en y comprenant le Ze Deum. Aprés cela, Dieu sait quel parti je prendrai, car il y a un grand conflit dans ma téte entre l’amour de l’art et le dégott, entre la lassitude du connu et le désir de l’inconnu, entre la ténacité obstinée et la raison qui crie : « Impossible! »
Notre art comme nous |’entendons est un art de millionnaire! I] lui faut des millions. Avec les mil-~
rs tions toute difficulté dicparait, toute i in elligence obs cure s’ ’illumine, on fait rentrer sous terre les renards et les taupes, le bloc de marbre devient Dieu, le E public devient homme... Sans millions, nousrestons, — , aprés trente ans d’efforts, Gros-Jean comme devant.
Et pas un souverain, pas un Rothschild quelconque ~ 04 : qui comprenne cela!.,. Ne sé pourrait-il pas que nous e fussions, nous, tout bonnement des imbéciles et d’in- | a solents dréles, avec nos secrétes prétentions?.., 2 F Je suis persuadé comme toi de la facilité de l’en- ss grenage entre Wagner et moi, si toutefois il met un peu d’huile dans les roves. Quant aux quelques lignes | dont tu parles, je ne les ai jamais lues, jen’en ai pas
le moindre ressentiment; et j’ai assez tiré moi-méme des coups de pistolet dans les jambes des gens qui marchent pour ne pas m’étonner de recevoir quelques chevrotines & mon tour.
a he
Je suis de ton avis, il ne faut pas risquer-le choour des Ciseleurs au concert de Carlsruhe; pour présenter ce morceau hors de la scéne, il faut qu’il soit soutenu par des voix exceptionnelles, Il faut au moins un ténor comme celui de Tamberlick! et l’on n’en trouve gudre de cette trempe. Quel brave homme!... comme il comprend vite! | ee P
Je profiterai de tes avis pour Francfort, si je me décide a y aller, Je me doutais déja de l’existence de ces critiques de grand chemin et de la nécessité ot Von est de jeter un sou dans leur chapeau quan On
Nig at
pas se devant: jade epeopatias: Tl tats avouer er pourtan “que c’est une pitoyable humiliation,
te répondre sur le méme sujet. Mais ce n’est que de la naiveté jointe & un peu de crainte de m’avancer in-
aborder. Sois bien persuadé, trés cher Liszt, que personne, personne, entends-tu bien, ne s’intéresse plus
; vivement & tout ce qui te touche, et que nul ne sera .
E plus heureux que moi de la solution des difficultés qui s’opposent encore au repos de ta vie.
J'ai eu indirectement des nouvelles de tes enfants
aspirant de marine sur un vaisseau de VEtat.
~ oO a eee) ee
tant d’aspirations?
Adieu, adieu.
. ‘Ton dévoué,
Lettres a Liszt, I, 287.
ies oo he Baden-Baden [aout 1853).
Monsieur, le poneery que je suis chargé de diriger ici aura
Tum/’écris des lettres de douze pages pour me — parler de moi et de mes affaires, et j’ai la naiveté de
discrétement sur des sujets que tu ne veux pas
derniérement, Mon fils est maintenant lancé;il est
Nous sommes tous aspirants, qu’adviendra-t-il de
Es: - . He BERLIOZ. -— age