AU CHEF D’ORCHESTRE G, SCHMIDT, AFRANCFORT
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lieu jeudi prochain 11 aodt; je pourrai partir pour Francfort le samedi 13; et nous pourrons commencer lesrépétitions du concert de Francfort le lundi 15, Mais il faudrait que le concert eit lieu le samedi. suivant 20 aout. D’aprés l’opinion que vous exprimiez dans votre derniére lettre, au lieu des morceaux de Roméo et Juliette je donnerai ma 2° symphonie (Harold) pour laquelle il faut un alto (viola) solo. Je pense que vous le trouverez aisément. Ce solo a été joué souvent en Allemagne par des violonistes tels que Ernst, Miller, Bohrer, Lipinski, etc.
Ce qui sera le plus long & apprendre ce sont-les chceeurs et roles des deux premiers actes de Faust.
J’ai apporté avec moi un petit ouvrage d’une exécution trés facile et dont un morceau surtout est d’un grand effet sur le public (Le repos de la Sainte Famille); malheureusement je n’en ai pas la traduction allemande.
Si vous pouviez faire faire cette traduction (ce sont 25 vers, pas davantage) et si vous aviez un bon ténor pouvant chanter trés doux, je crois qu’il serait bon de faire figurer ce morceau dans le programme.
En voici les paroles que l’on pourrait traduire pied par pied d’avance de maniére A n’avoir plas qu’a les adapter & la musique,
Je consens aux conditions que vous m’avez proposées de la part de M, Hoffmann, c’est-A-dire a rece-
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voir la moitié de la recette du concert aprés un prélé-
~ vement de cent soixante-dix francs pour les frais, et
-&donner un second concert dans les mémes condi-
tions, si le directeur y trouve avantage, pendant la semaine qui suivra le concert’.
Je suppose que le théatre facilitera les études et les répétitions autant que possible, et que M. Hoffmann ne se refusera pas & l’addition de quelques instrumentistes qui manquent dans l’orchestre de Francfort.
Recevez, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
Votre tout dévoué, . HECTOR BERLIOZ.
Mon adresse est: Chez M. de Lors, n° 475, vis-a-vis du Couvent.
Bibliothéque du Conservatoire.
A ADOLPHE SAMUEL
Paris, 3 septembre 1853.
Mon cher monsieur Samuel, Vous avez di étre étonné de ne pas recevoir un
& 4. Berlioz a donné deux concerts a Francfort-sur-le-Mein les 20 et 29 aotit 1853.
2. Adolphe Samuel, compositeur belge, directeur du Conseryatoire de Gand, habitait Bruxelles et n’avait pas encore trente ans au moment ov i] commenga a correspondre avec Berlioz.
“ j Sale én wisn; oh. je suis allé organiser et dis. tiger le festival de Baden et donner ensuite deux Concerts & Francfort: Tout a été fort brillant d’exéetition et d’accueil, J’ai donné les deux premiers actos: . de Faust trois fois et des fragments de Roméo et de la -Fuite en Hgypte. ae Mille remerciements pourles lignes si cordiales et si oe artistes qué vous avez publiées A mon sujet. Jé vous eg assure qu’elles m’ont rendu bien heurewx, moins par -
la vulgaire satisfaction d’amour-propre qu elles doi- A
«. be.
: vent tout naturellement me donner que par la joie a
- d@obtenir de vous de telles preuves de sympathie, 3 Nous sommes bien peu d’artistes en ce monde, et e. quand j’en découvre un nouveau c'est pour moi un bonheur immense. Jespere que vous viendrez tot ou tard & Paris et que nous pourrons alors nous voir P souvent, < a eo En attendant, laissez-moi vous serrer la main et 1 me : dire votre bien dévoué et reconnaissant, oS z
“HECTOR BERLIOZ
Le Ménestrel, 8 juiii 1879. te oe
z La Bibliothéque du Conservatoire posséde vingt-quatre lettres que celui-ci lui écrivit de 1853 & 1866. Victor Wilder en a publié ‘ -yingt dans le Ménestrel de 1879 (dont deux, y compris célle qui fait lobjet de la présente note, manquent & Ja collection - des originaux). ; x ake
A FRANZ LISZT
Paris, 3 septembre 1853.
Pa
- Mon cher Liszt, . See Le concert de Badé a été trés brillant, ’éxécution - fort Satisfaisante, le public trop nombreux pour i" 4 - salle, De la, je suis allé reproduire une partie du programme de Bade & Francfort, devant un auditoire plus clairsemé, mais beaucoup plus enthousiaste,; Les jourfaux de Francfort m’ont fort bien traité et j’en — ai été quitte pour les visites que tu m’avais recom= ‘mandé de faite.;; Schmidt a été excellent; plein de — zble et d’activité, Je vais lui énvoyer ld partition de Tristia; ils ont Vintention de monter cela pour les Bee: : représentations de Hamlet de Shakespeare, d’aprés :
les indications que je leur ai données:
Je te dirai que nos déux actes de Faust ont été
- exécités trois fois sans coupures et que la fugue sur Amen m’a conquis tous les ceeurs; une bonne moitié
: de Vauditoire & Baden et & Francfort a prise au a sériewx eommé fit autrefois le public du sonnet du Misanthrope. Un de mes exécutants de Francfort me =
- disait dernidrement d’un air fin : « C’est une iro= : Fee St hie ?,.. > J’en ai peur, Réellement la fugue n’est pas — a assez désagréable, il y a la une sonorité d’orgue et oe une harmonie vibrante qui gatent tout, De sorte que aig
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quand Méphisto dit aux ivrognes : « Vrai dieu! mes-
- sieurs, votre fugue est fort belle! » il y a des bourgeois qui, tout en étant de son avis, doivent me trouver plein d’immodestie et remarquer que je me fais & moi-méme des compliments en public. Du reste la farce n’en est que meilleure.
- L’édition de Faust avance mais ne sera pas terminéeavant deux ou trois mois. La copie de la partition de Benvenuto est dans le méme cas.
Ecris-moi de Carlsruhe si tu en trouves le temps. Quand viens-tu 4 Paris? Me voilA retombé dans le feuilleton. J’ai déja rendu compte du Nabab d’Halévy ; je viens de corriger mon article et il faut en écrire tout de suite un autre sur la réouverture de cet affreux Théatre Lyriqte qui a lieu ce soir‘. Quelle réunion de braillards et de mauvais musiciens !,..
Tout le monde me demande si tu viens en France : je ne sais plus que répondre.
J’ai vu la princesse de Prusse & Bade; elle m’a parlé de toi avec beaucoup d’intérét et sa grace exquise. Son deuil, comme tu le penses, ne lui a pas permis d’assister au concert.
Je crois que tu seras content des artistes de Carlsruhe, mais si tu avais besoin d’un trombone, d’un cor et d’un cornet incomparables, n’oublie pas les noms de MM. Rome, Baneux et Arban (trois Fran-
1. Feuilletons parus dans les Débats des 4 et 6 septembre 1853.
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Gais) qui sont dans l’orchestre de M. Benazet & Bade, Adieu, mille amitiés dévouées,
4 H. BERLIOZ
; Lettres a Liszt, I, 293.
A. G. scuMipT. [Paris], 3septembre 1853. — Envoi des
F Soirées de Vorchestre et de la partition de Tristia contenant la Marche funébre pour la derniére scene d’ Hamlet, en vue de « la mise en scene de ce petit ouvrage. Je serais bien enchanté que le théatre de Francfort put réaliser notre projet shakespearien dans le courant du mois d’octobre; peut-étre cela me déciderait-il 4 aller 4 Munich et a passer 4 Francfort pour entendre Hamlet sous votre direction...’ L’édition de Faust avance, mais il faudra encore trois mois peut-étre pour la terminer. » — Bibliotheque du Conservatoire.