Marschner était Besar e es de Opéra de Hanoyre
pepnik 1830.
pointé de me faire entendre chez lui en son absence, Seulement, cela a dérangé toute ma tournée d’Allemagne et j’ai di contremander aussi jusqu’au mois prochain les préparatifs qu’on faisait & Brunswick, & Prague et & Munich. Il s’agit pour moi de faire éxécuter ma partition de Faust partout en Allemagne; on en fait deux éditions, une en Angleterre, l’autre en France, et tu congois qu’avant de perdre par la publication le privilége exclusif que je posséde encore de produire en public cet ouvrage, je veuille en profiter. Dans peu, tous les concerts et thédtres d’Allemagne et de Russie en auront un exemplaire et pourront, en conséquence, se passer plus ou moins de moi. A présent, j’en suis encore le maitre; les thédtres allemands me donnent la moitié de leur recetle quand j’y fais entendre Faust, plus tard ils ne me donneront rien. Je suis dans legs épreuves jusqu’aux oreilles; et le temps me manquera, je le crains, pour achever toutes ces corrections.
Louis vient d’arriver & Calais; il m’annonce ce matin que son commandant lui permettra de venir me faire une visite de vingt-quatre heures. Leur navire a été rudement traité par les derniers gros temps ; ils sont maintenant occupés a le réparer, Je croyais t’avoir dit que Louis est volontaire aspirant sur Vaviso « le Corse » de la marine impériale, sous le commandement de M. de Maucroix; il a, pour y parvenir, du passer a Cherbourg un examen dont il
s’est bien tiré. Il a maintenant 40 francs d’appointements par mois, ce qui ne lui permet guére d’acheter des chateaux sur ses économies, mais le fait vivre & bord tant bien que mal. L’amiral Cecille, Pun des grands noms de notre marine, s’intéresse 4 lui et m’a promis de l’aider de toute son influence. Je suis sou- ‘yent tourmenté de ne pouvoir lui donner |’argent qu'il me demande; d’un autre cdté, comme il va quelquefois a terre, soit en France, soit en Ecosse, je crains qu’il ne recommence avec le peu que je lui envoie ses escapades du Havre, auxquelles pourtant | il m’assure avoir sérieusement renoncé.
Je regrette non moins vivement que toi, chére sceur, de ne pouvoir me trouver 4 la réunion que vous formez en ce moment 4 la Cote; j’aurais tant 4 vous dire a tous, tant & causer, tant & apprendre! Il y a si longtemps que je ne vous ai vus! Dis bien & mon oncle tout le regret que j’ai éprouvé de ne pas étre a Paris quand il y est venu. D’aprés les détails que tu me donnes, il faut espérer, il me semble, que sa santé s’améliore. J’écrirai & Camille, avant mon départ, au sujet de ma rente; je lui dirai ce qu'il faudra faire. Diable! je pensais que;le vin étant cher, cela venait a point pour rendre productive la vente du notre. L’année est décidément calamiteuse, comme disent certaines gens; il ne manquait que le choléra, qui folatre depuis quelques semaines en Angleterre.
A propos d’Angleterre, il me vient une proposition
de Londrés tellement brillante que je n’y crois pas, Si cela se réalisait, je croirais avoirrévé, Mais je suis trés rebelle aux illusions’; Enfln nous verrons; en attendant je prerids des siretés; je n’ai pas énvie de recommencer |’histoire de la baniqueroute de Jullien a Drury Lane. Ce farceur fait ses tours en Amérique, ou il emplit ses malles de dollars, et il me doit encore 100 & (2.500 francs) qu’il ne me paiera jamais,
Q’est demain que commence le festival de Carlsruhe dirigé par Liszt et dans lequel on exécute,,.
J’ai été interrompu ici par un artiste danois qui m’apporte cing leltres de recommandation ou d’intro= duction, que lui ont données mes amis de Moscou. Je n’avais plus eu de nouvellles de cette grande cité Semi-asiatique depuis que je l’ai quittée en 4847, Quelle drdle de chose que ces relations lointaines.., ‘j’écrivais justement mon voyage & Moscou, il y a quélques semaines; dans un volume de mémoires que j’ai entrepris depuis longtemps...
Je te disais done que demain commence le festival - de Carisruhe dans lequel on exécute ma symphonie de Roméo et Juliette, Le grand-due de Bade mi’a fait adresser une invitation 5 mais je n’ai pas le temps d’y aller. C’est Liszt qui dirige tout cela; il me donnera les détails qui petivent m’intéresser; D’aillours je n’aime pas & efitendre ma Musique quand je n’en
1, Ces propositions, dont il sera encore question dans lés lettres stivantes, n’ont pas eu de suite.
owe eine Spontini, dui ae se ‘trouve mal, un soi a Dresde, de douleur,., en entendant exécuter a - eontre-temps sa Vestale.
Je m’apercois que je me donne bien du bon temps j wa écrire; et je dois aujourd’hui Zi oor CERTUEE ISS 2 ‘pages d’épreuves. =.
Be Adieu done, je reprends ma tache; tache assom- : - mante qui ne peut malheureusement étre bien faite — que par moi.
- Bonjour a tous; cher oncle, chére tante,; diisie
beaux-fréres; et vous belles petites grandes niéces. Si mon affaire d’Angleterre se conclut, je vous invite es : ‘tous & un diner fameux & Vienne, ou a Grenoble, ou ifs or & la Gdte d'ici en deux ans. Et nousrirons, Si Vaffaire ie “3 2 de Londres manque, je suis capable de retourner en pase Russie, faire une petite razzia de roubles, et nous - dinerons & mon retour. e ee Je vous embrasse sur les trois joues, : : ee?
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H, BERLIOZ
Communiqué par madame Chapot.
A. Ws Ri GRIEPENKERL
[Paris], mercredi 6 octobre [1853]
Mon cher Griepenkerl, Vaccepte votre arrangement. Je partirai de Paris gee
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mercredi prochain 42 octobre. J’arriverai & Brunswick le 14 et nous pourrons donner mon concert le 418 ou au plus tard le 22, et celui de Jl’orchestre le
Mais veuillez écrire tout de suite & Bréme pour annoncer que j’y arriverai le 26 et que j’y donnerai mon concert le 34, L’important est que la salle soit libre et ’orchestre prét & répéter quand j’arriverai. Je tacherai de me passer du cheur pour le concert de Bréme, & moins qu’il ne coite pas cher. Je me recommande aux bons soins de votre beau-frére, qui sait sans doute comment arranger les choses aux - moindres frais possibles.
Si je n’ai-pas mis le chceur des Sylphes dans le programme, c’est que vous m’avez dit que vos choristes ne seraient pas capables de le chanter. Je serais trés content de le faire entendre, Essayez-le (2° partie) et vous verrez tout de suite si les choristes sont capables de s’en tirer. S’ils Je peuvent, nous mettrons ce morceau dans le programme.
Adieu donc; & moins que la guerre ne mette le feu aux quatres coins de l'Europe d’ici au 42, je vous embrasserai le 15.
Marie vous remercie de votre bon souvenir, et elle se fait une féte de revoir et vous et tous nos bons amis de Brunswick.
Sicuro! e si muove! ma non troppo presto!... Mais cela ne fait rien! il y a de bons cceurs, il y a de bons
esprits, il y a de bons musiciens, s’il y en a de mauvais. gi ss H. BERLIOZ,
‘Bibliothéque du Conservatoire
A SA SOEUR ADELE
[Paris], 10 octobre 1853.
Chére sceur.
Je pars aprés-demain pour Brunswick. On n’a pas pu, dans ce théatre, faire comme & Hanovre et m’accorder un retard d’un mois pour mes concerts. Il faut’ done que j’aille remplir mes engagements.
Louis est reparti pour Calais hier soir. La grande affaire d’Angleterre continue 4 s’emmancher. Mais je ne croirai cela sérieux que quand on aura déposé ici chez Rothschild la somme que je demande comme garantie ou cautionnement du quart de mes appointements. On consent a tout, cela m/’effraie.
Je te prie de dire & Camille, qui sans doute est encore Ala (ote, de garder ma rente du mois prochain jusqu’é mon retour d’Allemagne, ce dont je Pinformerai.
Je t’écris d’une facon fort décousue, j’ai tant de choses a faire... et voila Liszt qui vient d’arriver, je suis tiraillé par lun et par l’autre, Ecris-moi si tu
a ae
veux, 4 Brunswick, poste réstante (Allemagne) jus= qu’au 25 de ce mois. Je serai 4 Hanovre du 2 att 10 novembre. .
Dans l’intervalle des concerts de Brunswick et de Hanovre, j’irai probablement & Bréme, mais je n’en suis pas sar.
Demain j’ai un grand diner littéraire chez Meyerbeer, c’est-a-dire au Café de Paris, avec MM. Bertin, Cousin, Vitet, etc. Tu devines que Meyerbeer va donner un nouvel opéra, mais a l’Opéra-Comique cette fois’, ILa plus de peur que jamais. On dit pourtant que c’est charmant et trés neuf. C’est un Yrai maitre !
Mais le pauvre théatre craque déja de toutes parts, les cheeurs sont & bout de leurs forces et instiffisatits én voix et en nombre, Jé ne sais quel parti on va prendre.
Adieu: Je me fais une féte de revoir cés braves
-aftistes dé Brunswick ct cet ardent public a fie fait toujours si grand accueil:
Je t’embrasse,
Mille amitiés a tous vous aiitres.
H. BERLIOZ
Communiqué par madame Chapot.