‹ Au Milieu Du Chemin 1852-1855: CorrespondanceChapitre 39 sur 67 · LOUIS BERLIOZ · texte numérisé non relu

LOUIS BERLIOZ

Cette lettre, en sa plainte désolée, avec ses expressions d’une ardeur passionnée, nous confirme combien était aigué chez tous les Berlioz, cette « faculté de souffrir » dont. parle quelque part l’auteur des Troyens.

« Le fil de ma vie n’est que la suite de celui de la vie de mon pére ; si on le coupe, les deux vies s’éteignent! »

Paroles douloureusement prophéliques! Mais e’est dans Vordre inverse qu’elles se réalisérent; car ce fut lui, le pauvre enfant, qui, treize ans aprés avoir écrit cet émouvant adieu 4 sa mére, s’en alla le premier; et, dés lors, le pére ne traina plus que quelques mois d’une vie mourante.

A JOACHIM

Paris 13 mars (1854),

Mon cher Joachim,

Je ne comptais plus sur yotre lettre, ni sur le concert du 4* avril, Je vais faire & la hate mes préparatifs pour partir d’ici le 25 de ce mois, j’arriverai en conséquence le 27 & Hanovre, et nous pourrons faire des répétitions les 29-30 et 31, car il faut bien

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or Ml ya Pio bs que j’ai hve? au cap Nieper deux morceaux de chant pour madame Noltes ; gi la traduction en est faite, elle pourra, si elle le veut, ~ chanter La Captive avec orchestre; de plus Mie : terai une Romance pour ténor que M. Bernard peut — Bi TOS. bien chanter; elle est traduite et trés oe Elle a produit grand effet derniérement a a Leipzig, © chantée par Schneider. Aprés cela, vous seriez bien — aimable de jouer avec orchestre ma Romance de 3 ‘violon. Mais comme cela fait trop de choses de moi dans ce concert, arrangez tout suivant les convenances, et choisissez l’un de ces trois morceaux pour . aller avec la Symphonie; si c’est encore trop, nous — 4

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donnerons la Symphonie seulement, & moins que le Roi ne demande l’ouverture de Lear. ; --Vous venez d’éprouver quelque chagrin, me dites- f : yous; j’en avais le pressentiment en ne voyant pas’ arriver votre réponse. Je suis malade depuis un mois. Peut-étre le grand reméde, « la musique », — parviendra-t-il & me remettre sur pied tout a fait. e Je n’ai pu obtenir de nouvelles de M. Pott, le E maitre de Chapelle du duc d’Oldenbourg, qui est — venu 4 Leipzig m’engager pour un concert qui devait —

— avoir lieu a Oldenbourg le 8 avril et dont le pro- > gramme était méme fixé. Ne pouvant obtenir de. réponse de ce singulier homme, je n’ai pas envoyé fk n la musique ainsi que nous en étions convenus, Si

vous savez quelque chose de ce qui se passe dans ce pays-la, ne manquez pas de me le dire dans votre prochaine lettre,

Je serai d’autant plus heureux que vous puissiez m’obtenir une petite indemnité de voyage, qu’en partant d’ici le 25 de ce mois je suis forcé de perdre un mois de mes appointements du Conservatoire, et je suis gueux comme un rat.

Liszt ne m’écrit plus du tout ; je ne sais ce qu’il y a dans l’air 4 Weimar.

Adieu, votre lettre est bien affectueuse et charmante, elle m’a fait un extréme plaisir, Nous causerons beaucoup a notre prochaine entrevue.

Adieu, je vous serre la main,

Votre tout dévoué, H, BERLIOZ,

Briefe von und an J. Joachim, I, 172.

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