‹ Au Milieu Du Chemin 1852-1855: CorrespondanceChapitre 40 sur 67 · A SCHLOSSER · texte numérisé non relu

A SCHLOSSER

Paris, 23 mars 1854.

Mon cher Schlosser,

Je viens de voir votre frére Théodore qui m’a dit de votre part de vous écrire au sujet de nos projets sur Darmstadt. Je vous remercie de vos excellentes dispositions et j’ai le plus vif désir d’en profiter,

Je pars dimanche prochain 25 mars pour Hanovre ou je serail jusqu’au 4 avril (British-Hétel). De 1a

j’irai & Dresde ou il faut m’adresser les lettres Poste Restante. J’y resterai jusqu’au 2 mai.

En conséquence, si vous pouvez arranger quelque chose & votre théatre pour la premiére quinzaine de mai, je pourrai m’y. trouver. Pourriez-vous monter la Damnation de Faust complete, ainsi que nous allons le faire & Dresde? Avez-vous un mezzo soprano et un ténor et une basse assez forts pour ces trois rdles? . En ce cas faisons-le.

Veuillez m’écrire &4 Hanovre ou je trouverai votre lettre en arrivant (poste restante) dans le cas o& mon appartement ne serait pas libre au British-Hotel. Dites-moi si je dois écrire au prince Emile et dans quelles conditions nous pourrions organiser cette soirée. Avez-vous un cheeur suffisant? Je ne sais rien. Si cela s’arrangeait, je vous enverrais aussitdt de Hanovre des parties de chour gravées avec texte allemand et une partition de piano. Si Faust est trop gros pour entrer dans ce programme, nous ferons un concert mélangé avec la Fuite en Egypte entiére, comme A Leipzig, et d’autres compositions plus faciles a exécuter que Faust.

Mille amitiés sincéres et bon espoir de vous revoir,

H. BERLIOZ

Communiqué par M. Noél Charavay.

A SON FILS, Paris, 23 mars 1854 (Corr. inéd., 208). Nouveaux détails sur la mort d’Henriette. Félicitations pour un premier avancement du jeune marin.

A SON BEAU-FRERE SUAT

[Paris] 24 mars 1854,

Je pars demain pour Hanovre ou je serai jusqu’au 3 ou Aavril; de 1a j’ignore od je serai appelé; du 15 avril au 3 ou 4 mai, je serai a Dresde, puis, en passant par Darmstadt ou je resterai probablement une semaine, je reviendrai a Paris.

J’ai fait ce que vous m’avez conseillé de faire. On a nommé a Louis un subrogé tuteur et l’inventaire a été fait ce matin. Mais quand j’ai déclaré que pendant la vie de ma femme j’avais recueilli les successions de ma mére et de mon pére, on a élevé des difficultés, & cause de l’enregistrement que je n’ai pas payé & Paris, On prétend que je serai condamné 4 une amende,

On a fait figurer dans l’inventaire jusqu’éA mes effets personnels, jusqu’é mes chemises, jusqu’é ma montre que m’avait donnée ma scour par Ja volonté, je crois, de mon pére, jusqu’é ma petite chaine de montre qu’on m’a donnée en Allemagne,

Tout cela me cause un ennui et un dégott que je ne saurais vous exprimer,

Enfin, le notaire, M. Halfen, a dit que j’avais six mois pour me mettre en régle avec l’enregistrement, et que nous terminerions 4 mon retour d’Allemagne, On a, en tout cas, constaté réguliérement que le

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mobilier et mes livres, etc., ne constituaient pas a beaucoup prés la somme de 2.000 f., apport de ma femme dans la communauté.

Je ne comprends rien a tout cela et ne puis résister au chagrin irritant que cela me cause.

‘Louis me demande de le laisser profiter d’une

quinzaine de jours de liberté que les réparations de

son navire vont lui donner pour aller vous faire une visite; je vais l’y autoriser et lui envoyer de l’argent pour ce voyage. Il pourra, je pense, trouver mon oncle de retour 4 Tournon.

Je vous remercie.de votre offre amicale; mon libraire m’a payé; je sais que le roi de Hanovre me fera donner*-une somme convenable; je suis donc en mesure pour mon voyage. A Dresde, j’aurai, je l’espére, un petit bénéfice présentable sur les deux concerts que je vais donner au Grand Théatre,

J’ai fait faire une réponse affirmative & la question qui m’était adressée de Darmstadt pour savoir si je

ouvais y aller ; et si le prince Emile me donne pour rien son Théatre, comme ill’a fait déja une fois, ce sera encore un avantage de quelque valeur.

Adieu, je perds la téte de ces mille tracas... Je ne serai tranquille qu’en me retrouvant a la téte de mon orchestre de Hanovre.

Louis m’écrit qu'il a une augmentation d’appointements; Dieu veuille qu’il ne gaspille pas son argent et celui que je lui donne,

“av pare 1 Du ‘CHEMIN

BAdicn, ; j eee s'il va vous voir, que vous le trou- Verez néanmoins devenu presque pike ne a § 3 Mille amitiés,

Votre tout dévoué,

H, BERLIOZ

__ P.-S. — Ces messieurs ont été d’avis que l’émanci- E pation lui était inutile et difficile en son absence.

Communiqué par Seca Chapot.

AU DIRECTEUR DU GONSERVATOIRE [AuBER], Paris mars 1854. Demande de congé de 184 20 jours pour aller a Hanovre et a Dresde. — Archives du Conservatoire,

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