‹ Au Milieu Du Chemin 1852-1855: CorrespondanceChapitre 42 sur 67 · A KARL LIPINSKI · texte numérisé non relu

A KARL LIPINSKI

{Dresde, 18 avril 1854.]

Mon cher Lipinski,

On m/’avait promis les douze garcons, nous ne les avons pas. Les solos dans les cheeurs n’étaient pas encore réglés aujourd’hui; le chceur est loin de savoir certains morceaux; les chanteurs n’ont pas encore. regardé leurs réles, Et on veut que Faust marche samedi... C’est impossible si on ne fait pas demain mercredi une répétition du chceur et une des rdles jeudi matin et une générale jeudi & 3 heures, et encore une

1. Probablement Casilda, dont une traduction francaise fut représentée & Bruxelles l’année suivante.

générale vendredi ou samedi matin. C’est la derniére extravagance que l’on puisse commettre de risquer Vexécution de Faust de cette facon. Quant & Roméo et Juliette, on ne I’a pas regardé, et, c’est beaucoup plus difficile que /aust; il ne faut pas s’imaginer que les choristes apprendrout cela en quatre, ni en cinq, ni en six jours. C’est de la folie; je voudrais étre aux antipodes. J’ai cru qu’on savait ce qu’on ne sait pas; je suis trompé, je suis désolé. J’en appelle a votre amitié pour me tirer de cet affreux embarras; je viens d’écrire a M. de Liittichau. Mille amitiés.

H. BERLIOZ

Le Monde musical, 30 décembre 1912.

A JOACHIM

Dresde, 19 avril [1854].

Mon cher Joachim Ou vous étes mort, ou je suis devenu, sans m’en apercevoir, un affreux scélérat avec qui |’on ne doit plus avoir de relations. Je vous ai écrit de Brunswick que je n’avais rien recu en fait de croix, ni de quoi que ce soit, en vous priant d’aller aux informations; et je n’ai pas un mot de vous, ni de M. Nieper, ni de M. Fournier, a qui j’ai également écrit, en les priant de me répondre.

Je viens enfin de m’adresser 4 M. de Platen directement, mais au sujet de la croix seulement; je ne

veux pas parler d’argent, puisqu’on n’y songe pas. Il y a eu quelque malentendu.

Je parie que le Roi, m’ayant demandé de revenir Vhiver prochain, aura remis 4 cette époque de me donner les Guelfes, J’aimerais bien & le savoir tout de suite et a ne plus espérer inutilement chaque jour une lettre officielle qui n’arrive pas.

Ma lettre ne vous serait-elle pas parvenue? M. Four- 2 nier n’a-t-il pas non plus recu celle que je lui ai-

écrite ?

En tout cas répondez-moi sans faute cette fois, je vous en prie instamment. Vous obligerez beaucoup

Votre tout dévoué H. BERLIOZ.

Briefe von und an J. Joachim, 1, 185.

A L’KDITEUR DE MUSIQUE KISTNER, Dresde, 19 avril [41854]. Priére d’envoyer des exemplaires corrigés de La Fuite en Egypte. — Au méme, pour le méme objet, de Dresde, 27 avril. — Bibliotheque du Conservatoire.

A FRANZ LISTZ

Dresde, 22 avril 41854.

Cher ami,

Je suis bien heureux de pouvoir te dire que notre Faust & obtenu hier un grand succés. C’est, il est vrai, la plus magnifique exécution que j’aie jamais obtenue de cette ceuvre difficile. Je regrette bien que

tu n’aies pu entendre les deux derniers actes que tu ne connais pas. La Course & l’abime et le Pandémonium et la scéne des Follets on produit un effet extraordinaire. M. de Liittichau est venu aussitét me dire que nous redonnerions Faust mardi prochain. Samedi, le programme. annoncé sera exécuté. C’est Roméo et la Fuite en Egyple et une ouverture.

M. de Liittichau sort de chez moi a l’instant, et, aprés mille compliments, il m’a dit ces paroles assez claires qui coincident avec tes prévisions: « C’est une bien excellente chapelle que la ndtre, n’est-ce pas ? Mais c’est dommage qu’elle ne soit pas dirigée comme il faudrait; c’est vous qui seriez l’homme pour Vanimer. »

Jattendrai qu’il parle plus directement. Je l’ai prié de lire le livret de Cellini et il est convenu que je le lui porterai ces jours-ci. Il est vraiment sorti de ses habitudes un peu froides. Je crois que le Roi viendra a Faust mardi.

Qu’est-ce donc qu’un projet qu’on nous attribue a tous les deux, de donner de grands concerts a Leipzig Vhiver prochain dans le Central Hall? Un ami de Lipinski vient de me dire que c’était de notoriété publique a Leipzig et que tu t’en étais déja occupé.., Je n’en sais pas le premier mot.

On m’écrit de Hambourg pour me faire des propositions; je viens d’envoyer mes conditions; si elles sont acceptées, je resterai encore trois semaines en

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Allemagne. J'ai recu ce matin la petite boite que tu

‘m’as envoyée et je te remercie. As-tu des nouvelles .

de Joachim? Est-il mort? Je lui ai écrit trois fois, sans obtenir un mot de réponse. Méme silence de la part de M. de Platen et aussi de notre ministre de France et d'autres personnes & qui j’ai écrit *. I faut croire que la ville de Hanovre a été engloutie par quelque tremblement de terre.

Adieu, mille amitiés bien vives de ton dévoué

H. BERLIOZ

P. S. — Madame Pohl était trop malade ‘pour quitter sa chambre; elle jouera mardi. Richter ne s’est pas trop mal tiré de sa partie de harpe. L’article sur Gotha a-t-il paru?

Letires a Liszt, 1, 333

A BRANDUS, Dresde, 23 avril [1854]. Nouvelles du « pyramidal succés » obtenu la veille par Faust, et priére de les annoncer dans la Gazette musicale. « Cette exécution est la

plus belle que j’aie obtenue jusqu’a présent. » — Bibliotheque du Conservatoire.

A FRANZ LISZT

Dresde, 26 avril 1854,

Nos lettres se croisent, cher an mais cast sans importance cette fois.

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