‹ Au Milieu Du Chemin 1852-1855: CorrespondanceChapitre 48 sur 67 · Opéra-Comique de Victor Massé · texte numérisé non relu

Opéra-Comique de Victor Massé

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A FRANZ LISZT

Paris, 16 mai 1854.

Cher ami,

Jai fait tes commissions. J'ai vu tes charmantes filles et je les ai bien grondées de ne pas sortir, dans leurs études musicales, du répertoire pousif (ou poussif) et je crois qu’elles vont s’escrimer contre les difficultés de tes nouvelles cuvres. J’ai vu aussi Belloni qui doit venir ces jours-ci chercher un exemplaire de tes livrets poétiques pour en faire insérer quelquesuns dans la France musicale. Je n’ai pas pu obtenir encore l’exemplaire de mon médaillon que tu m’as fait le plaisir de me demander; Salomon Adam (I’auteur) n’est pas & Paris en ce moment et je ne sais comment, sans lui, me procurer ce platre quwil n’a pas encore publié.

L’article de M... sur lopéra de Gotha n’a pas paru; le conseil Edouard Bertin et de Sacy a trouvé qu’ilavait trop l’air d’un feuilleton de province; mais on Ya donné a Ortigue qui, dans son article du 3 mai, en a extrait la substance et a mis en relief ce qui intéressait personnellement le Duc en dtant toute la critique de la pidce.

J'ai écrit & M. de Liittichau pour le prier de faire copier Benvenuto le plus tot possible. J’attends sa réponse, J’apprends que Gye a fait figurer sur ses

prospectus de Covent Garden cet opéra, parmi ceux qui doivent étre représentés 4 Londres cette année. Je ne sais s'il en a récllement l’intention. On ne m’a rien écrit & ce sujet.

Je pense que M. Cornelius a maintenant terminé sa traduction de l’Arrivée 4 Sais. Prie-le de ma part de m’avertir par un mot du jour od il m’expédiera la partition et les livrets francais et allemands de ce petit ouvrage. J’ai toujours peur qu'il ne vienne a s’égarer. |

Adieu, Paris est ou me semble plus béte que jamais. Il fait un temps affreux et je suis triste comme dix mille hommes.

Ton dévoué H. BERLIOZ.

Lelires a& Liszt, 1, 337.

AU MEME

Paris, 31 mai 1854.

Cher ami,

J'ai vu Salomon Adam. II avait envoyé le moule de mon médaillon & Londres, il va en faire un autre et dans quelques jours il m’apportera Yexemplaire que

je lui ai demandé pour toi.

Jai vu Seghers et je lui ai transmis les observations de la Princesse W. relativement & |’éducation musicale de tes filles. Il vient de donner sa démis-

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- nement bs eeaantatiti sa Chambre des’ députés (0 r oni) Vobsédait. Ja le.crois bien. 0-0 S45

Voila toutes mes nouvelles, Ecris-moi vite, je Ven ~

prie.

; Mille amitiés.

H, BERLIOZ

AU MEME

Paris, 2 juillet 1834. : ‘a

Trés cher ami, M. de Liittichau vient de me renvoyer hier seule-

ment la partition de msrp de Cellini, etil ya plus

d’ un mois que je lui avais écrit de me la rendre s 7il ne la faisait pas copier. J’en conclus qu’il l’a’ fait copier. Les journaux de Dresde annoncent en outre que cet opéra est & l'étude, Mais je n’ai pas recu une lettre officielle & ce sujet. Sais-tu quelque chose ? are Je viens d’écrire & M. de Liittichau. S'il réclame de

toi la grande partition, préte-la-lui, en Vengageant a .

la faire copier le plus tot possible et s te la rendre,

‘i oa,

Je vois par un journal que tu as fais exécuter ton Mazeppa & Weimar; tu devrais bien m’écrire la-dessus quelques détails; j’en profiterais pour mon prochain feuilleton. Je dirais (ce qui est vrai) que j’ai parcouru la partition 4 mon dernier passage & Weimar, Je m’en tirerai de facon 4 ne pas te compromettre, sois tranquille.

M. Dingelstedt t’a-t-il dif quelque chose relativement & mon prochain voyage & Munich? Je suis décidé & accepter son offre obligeante de la salle de

‘VOdéon pour le commencement d’aotit, quand le fes~ tival Lachner sera terminé. Il s’agit pourtant ici d’une grande machine de la force de 1.200 musiciens & organiser, pour moi, le 15 aout, jour de la fate de ’Empereur, dans le Palais de cristal des Champs- Elysées, si la couverture en verre dudit palais peut tre achevée pour cette époque. On y emploie des centaines d’ouvriers. J’ai méme fait une Cantate, ’ Impériale, a deux cheeurs pour le dit orchestre, l'unde 4.200 musiciens’, Mais je crois que le verre nous manquera sur la téte et que je devrai aller & Munich dés les premiers jours d’aodt.

Jai demain une réunion relative a l’exécution du Te Deum dans Véglise de Saint-Eustache l’an prochain, la veille de l’ouverture de 1|’Exposition. Quelques

4. Ce projet ne fut réalisé que l'année suivante, a l'occasion de l'Exposition universelle de 1855.

amis se réunissent pour faire les frais de cette exé- — cution. L’un donne trois mille francs, autre deux mille, et ils sont en train d’avoir le reste. C’est Ducro-

quet, l’auteur du nouvel orgue de Saint-Eustache, quia mis cela en train. Quel dommage que tu ne veuilles pas jouer de l’orgue, tu aurais superbement

fait notre affaire pendant et aprds le Te Deum. Car comme Ducroquet veut, avec raison, que l’on fasse -

valoir son instrument dont le rdle est trop modeste dans ma partition, j’ai donné l’idée de faire jouer un solo d’orgue aprés le Ze Deum, par l’organiste qu’on aura, soit par Hesse, soit par Lemmens, soit par ce joli petit organiste ‘& bagues, 4 camées, & canne a pomme d’or, qui enjolive les thames qu’il joue, et qu’on nomme Lefébure-Wely... Nous comptons aussi sur l’appui de I’Impératrice, & cause d’une institution d’enfants qu’elle protége, et dont j’emploierai sept ou huit cents pour le choral du Te Deum. Ces messieurs comptent faire ce jour-la une recette de 15.000 francs dans l’église. Je taiche de calmer I’ébullition de ces espérances au lait, je connais trop mon Paris.

Voila toutes mes nouvelles.

Je termine en ce moment le Songe d'Heérode et je Venverrai a M. Cornelius aussitdt que la partition du chant sera préte et qu’il pourra s’en occuper. Dis-lui mille choses affectueuses de ma part,

Ton dévoué,

H. BERLIOZ

P.-S. — Rappelle-moi au bon souvenir de la princesse W, en lui présentant mes hommages empressés.

Lettres a Liszt, I, 338.

AU MEME

Paris, 28 juillet 1854.

Trés cher ami,

Le prince Wittgenstein, en partant pour |’Allemagne, a emporté pour toi le platre médaillon que je Vavais promis, et la partition de Faust dont nous avons pua grand’peine avoir un exemplaire a l’imprimerie sans pouvoir seulement le-faire brocher. J’es-

pére que cette partition est enfin correcte.

Je n’ai pas encore écrit une ligne dans le Journal des Débats; les thédtres de Paris sont heureusement fermés, ef je me repose; mais je réparerai ce retard de mon mieux 4 la prochaine occasion, bien que tu ne m/’aies pas donné les détails sur Mazeppa dont jai besoin.

Je vais faire une rapide excursion 4 Munich; je serai de retour le 25 aout au plus tard.

Monsieur de Biilow vient de me faire une surprise charmante; il m’a envoyé l’ouverture de Benvenuto supérieurement arrangée par lui pour le piano a

quatre mains, Brandus allait précisément commander

ce travail & quelque manceuvre; on est eee a graver la partition.

J’ai fini hier le Songe d’Hérode, premiére partie de ma Trilogie sacrée, Aussitot que la partition de piano et chant en sera faite et que je me verrai un peu d’argent, je prierai encore M. Cornelius de m’en

traduire le texte, Ce sera: probablement & mon retour

de Baviére.

L’affaire du Ze Deum est définitivement arrangée, Nous aurons, je l’espére, une exécution grandiose et soignée, et six ou sept cents enfants pour le 3° chceur (le Choral théme).

J’ai regu une lettre de M. de Liittichau qui attend pour décider la mise & I’étude de Cellini que mademoiselle Ney accepte le role de Teresa. Il parait en faire une condition sine gua non. On anéanmoins copié la partition de piano.

Qu’a-t-on fait de beau & Rotterdam ? Je n’en ai pas eu de nouvelles, Gathy n’étant pas encore de retour,

Voila toutes mes nouvelles,

Adieu, je te quitte pour écrire & Biilow etle remercier. Je le suppose toujours & Dresde, bien que le paquet qu’il m’a adressé soit timbré de Mannheim.

Mille amitiés dévouées comme toujours,

H, BERLIOZ, Letires ad Liszt J, 340. ,

A HANS DE Blitow, [Paris] 28 juillet 1854 (Cor. inéd., 241).

aa ore Fas

Remerciements pour sa transcription pour piano de Pouverture de Benvenuto Cellini. Détails sur la composition de l’Enfance du Christ.

A AMEDEE MEREAUX!

{Paris], 29 juillet 1854.

Vous étes mille fois aimable et bon et je yous remercie de tout mon cceur. On est & terminer |’extraction des parties d’orchestre du Songe, mais le 3 ou 4 aout je vous enverrai les partitions bien en ordre, Je vous prie en attendant de m’envoyer votre adresse, pour éviter quelque retard dans |’expédi-tion du paquet par les facteurs du chemin de fer. En outre soyez assez bon pour faire savoir & M. Rocque mont, 38, rue des Martyrs, si le paquet vous est parvenu, Je ne serai plus 4 Paris 4 cette époque, et cest M. Rocquemont qui surveille tout ce qui a quelque rapport 4 ma bibliothéque musicale.

Mille amitiés sincéres.

Votre tout dévoué,

HECTOR BERLIOZ

Communiqué par M, Louis Vauzanges (Collection de la Société de Graphologie}.

4. A. Méreaux a écrit la transcription pour piano de ?’En- — fance du Christ.

CRE Ee Ope ae ean

St 224 AU MILIEU DU CHEMIN AU MEME

Paris, 14° aout 1854.

Mon cher monsieur Méreaux,

Je viens de vous envoyer par le chemin de fer un — paquet contenant les partitions du Songe d’Hérode. Veuillez faire savoir 4 M. Rocquemont, rue des Martyrs n° 38, si cela vous est parvenu. J’ai toujours peur que mes envois ne s’égarent.

Je vous prie d’arranger & quatre mains la Marche Nocturne seulement, tout le reste peut aller &.deux mains, Il n’y a point d’accompagnement au récitatif des deux Soldats romains qui interrompt la marche. A mon retour de Munich je vous enverrai l’Arrivée a Sais que j’emporte.

Mille remerciements pour votre complaisance ; croyez & ma reconnaissance bien vive.

Votre tout dévoué, HECTOR BERLIOZ.

Bibliothéque du Conservatoire.

A DAVISON

[Paris] Mardi 8 aout [4854].

Mon cher Davison, Une place est.vacante a l’Académie des beaux-arts, | par suite de la nomination d’Halévy. au poste de

secrétaire perpétuel. Je me suis mis sur les rangs. Jaurais de la chance si j’obtenais la voix d’Auber. Il pousse Clapisson!!! Veux-tu avoir la bonté de tacher par une lettre de décider Auber en ma faveur ? Peut-étre ne tient-il guére 4 son protégé. En tout cas, je puis lui étre utile et je ne me trouverai jamais entre ses jambes pour le géner dans ses opérations lyriques, comme fait et fera Clapisson. L’assemblée est pour samedi prochain, il sera important que Auber recut ta lettre auparavant.

Mille amitiés bien vives, ton dévoué,

HECTOR’ BERLIOZ

P.-S. — Jai at’envoyer un exemplaire de la grande partition de Yaust qui vient de paraitre, et qui n’a pas obtenu un « succés équivoque » & mon dernier voyage a Dresde, ainsi que l’a dit le Musical World mal informé. .

Memoirs of Davison, p 132,

A ADOLPHE ADAM

Paris, 12 aot 1854.

Mon cher Adam, | Je n’ai pu encore vous joindre, ni le soir ni le matin. Je suis vivement touché, croyez-le bien, de votre lettre d’hier. Ne doutez pas que je ne saisisse les occasions de prouver ma reconnaissance pour le

service que vous voulez bien me rendre. Mais, en portant un autre candidat le premier sur la liste, comment pouvez-vous ensuite ne pas voter pour lui ?

Au reste je suis peu versé dans ces questions électorales, el votre esprit vous suggérera ce quil ya de faisable.

Je vous serre la main.

Votre tout dévoué,

Bibliotheque du Conservatoire (album de Madame Cherie Couraud).

A SA SOEUR ADELE

Paris, dimanche 27 aout [1854].

Chére sceur,

J'ai été bien tourmenté ces jours-ci au sujet de Louis... tu le concois 14. Heureusement il vient de m’écrire; il ne lui est rien arrivé. Sa lettre est en deux parties, écrites, l'une avant, l’autre aprés le bombardement du fort. Jl ne me dit rien de ses impressions; mais je me figure ce qu’a dd éprouver ce pauvre enfant, qui n’a jamais vu seulement une escarmouche, en se trouvant pour la premiére fois au milieu de cet enfer qu’on nomme un combat naval... J’étais allé passer huit jours & Saint-Valéry-en-Caux,

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