Benvenuto Cellini, dans sa premiére version (conforme a
la représentation de l'Opéra en 4838), renfermait au dernier —
acte une longue scéne, presque un tableau entier, toute en action et peu musicale. C’est cette partie qu’aprés l’expérience renouvelée & Weimar et sur le conseil de Liszt Berlioz résolut
de supprimer. Les partitions publiées, aussi bien que le ma--
nuscrit autographe que posséde la Bibliothéque du Conservatoire, sont conformes a ce remaniement, tandis que le matériel conservé & la Bibliothéque de Opéra permet de reconstituer lceuyre dans tout son développement primitif. Voir sur ce sujet nos Berlioziana, chap. III: Compositions inédites et autographes.
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“que j’ai di bacler. Il résulte de ton idée et de la mienne que l’opéra sera maintenant en trois actes, gue, la décoration du troisiéme acte étant celle du - dernier tableau, celle du troisiéme tableau sera sup- primée.
La codaa 6/8 allegro qui terminait le sextuor aprés Ie mot « pendu » disparaitra, puis nous enléverons les ~ seénes 10, 44, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19 et 20du dernier acte oi se mourait si péniblement lintérét 2 au milieu des entrées, sorties, provocations etc., de Fieramosca, des inquiétudes de Teresa et de l’em- bauchage des ouvriers.
Je crois qu’ainsi dégagé louvrage pourra marcher. Je vais m’occuper ce soir de faire le récitatif du car- - dinal nécessité par la scéne qui suivra maintenant le - sextuor. Puis je tenverrai le livret frangais corrigé, Yair d’Ascanio avec les petites modifications quwil ~ contient et les soudures bien indiquées, Tu pourras les faire reporter sur la grande partition; mais em- péche le copiste de détruire rien dans mon manugcrit. Ne pourrait-on faire copier en entier la partition de ce dernier acte? Il faudra bien tot ou tard qu’on le copie, car j’aurai besoin sans doute de mon manuscrit Vhiver prochain et je voudrais bien pouvoir a Vemporter quand je reviendrai & Weimar.
Ilya encore une petite coupure qu’on pourrait s faire sans rien déranger, si elle est jugée utile ; elle consisterait & ne chanter qu’une strophe de la pritre
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& deux voix de Teresa et d’Ascanio : « Sainte Vierge Marie », Les litanies de la Vierge qui ’accompagnent du dehors ne sont plus maintenant censées dites par des pénitents passant dans Ja rue, mais par une confrérie qui vient suivre le chemin de la croix, auprés des petites chapelles établies, comme on le sait, dans le Colisée.
Si les deux couplets ne paraissent pas trop longs, J’aimerai mieux toutefois conserver aussi le second.
Hier il m’est venu une proposition américaine. Il s’agissait d’aller donner une série de concerts & New- York. Je n’ai pas accepté ; mais si j’accepte jamais, séduit par des offres plus avantageuses, ce sera uni-. quement dans l’espoir de pouvoir, au retour, résigner mes fonctions de critique musical qui font ma honte et mon désespoir. Si tu savais ce que j’ai entendu ici a mon retour de Londres... et ce qu’on voudrait que je loue... et ce que je ne louerai pas...
Adieu, & bientdt, ton dévoué,
H, BERLIOZ
P,-S. — Je vais chercher tes manuscrits d’Harold et du Roi Lear que je suis presque sir de n’ayoir. plus et d’avoir remis il y a longtemps a Belloni pour te les envoyer, ainsi que ta ney de piano des Francs-Juges,
Letires d Liszt, 1, 283.
“AU MEME
Me ae al i a ay -
3 ou 4 juillet (1852).
Voila, mon cher ami, l’arrangement et la coupure que tu m’as indiquée...
L’opéra ainsi réduit, surtout si l’on ne conserve pas la Stretta & 6/8 du sextuor, ne doit pas dépasser la durée d’un spectacle ordinaire d’Allemagne, D’autant plus sirement qu’il n’y a plus maintenant que deux changements de décors & faire.
Pai retrouvé ta partition de piano d’Harold, mais point de Roi Lear, ce qui me confirme dans Vidée ot je suis d’avoir remis cette ouverture & Belloni avec celle des Francs-Juges. Tu auras beaucoup 4 changer dans ton manuscrit? & cause des changements que jai faits dans la partition, aprés que ton travail a été terminé. Le troisitme morceau surtout contient une foule de modifications qui, je le crains, sont intraduisibles sur le piano; il faudra sacrifier beaucoup de tenues. Je te prie aussi de ne pas conserver la forme de tremolo arpégé que tu emploies dans Vintroduction a la main gauche, cela produit au piano l’effet contraire de Vorchestre et emptche de bien distinguer le dessin lourd mais calme des basses. C’est encore un effet de
4. Harold en Italie, symphonie transcrite par Liszt pou? piano et alto, publiée chez Brandus.
tremolo 4 sacrifier, je le crains, et qui, en tout cas, transporté ainsi au grave, fait trop de bruit et distrait
Vattention. D’un autre cdté, ne penses-ti pas que la
part. que tu donnes a l’alto, plus grande que celle
qu'il a dans la partition, altére la physionomie de
Youvrage ?... L’alto ne doit intervenir dans la parti- — tion de piano que de la facon dont il est employé dans l’autre. Ici le piano représente l’orchestre, l’alto doit demeurer a part et se renfermer dans son radotage sentimental, tout le reste lui est étranger; il assiste & l’action et ne s’y méle point.
Adieu, tu recevras ton manuscrit peu aprés cette lettre; je vais m’informer du moyen le meilleur de te le faire parvenir.
Mille et mille amitiés,
Ton dévoué, HECTOR BERLIOZ.
Lettres a Liszt, I, 236.