‹ Au MississipiChapitre 23 sur 84 · ÉTAT DE LA MISSION EN · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA MISSION EN

Quand le futur explorateur du Mississipi arriva dans le Lac Supérieur, 1,800 Indiens s’y trouvaient groupés en trois sections différentes autour du missionnaire. Le P. Allouez leur avait persuadé de le suivre à la mission, nommée La Pointe

Eglise de La Pointe du Saint - Esprit , brûlée en juin 1901.

On y avait incorporé, comme sacristie, la chapelle en bois, construite par Marquette, en 1669.

du Saint-Esprit, dans le but de les soustraire à la férocité des Iroquois. Un fait suffira pour bien établir l’ascendant moral de sou successeur sur les Indiens dont il avait la garde. Pendant une chasse, plusieurs d’entre eux, ayant rencontré des Dakotas, le peuple le plus cruel de tout le Nord, les avaient surpris,

MISSISSIPI. — PÈRE MARQUETTE

tués et mangés. A leur retour, le missionnaire, pour sauver les néophytes d’une mort certaine, leur fit comprendre que la mission, compromise par leur conduite, devait s’établir ailleurs. Comme sur la route, en venant de l’Ouest, le P. Marquette avait remarqué une abondance extraordinaire de poissons dans la région voisine des trois Lacs, il proposa ce lieu comme centre nouveau de la mission. C’est alors qu’éclata la preuve de l’autorité qu’il avait acquise en se faisant aimer. Douze cents d’entre eux le suivirent à Micbillimackinac. En quittant La Pointe du Saint-Esprit, au Lac Supérieur, le missionnaire ne se doutait pas combien de temps encore subsisterait la chapelle en bois, où

tant de fois il avait offert le saint Sacrifice de la messe. S’il

avait eu une vue prophétique, il aurait su que ce modeste sanctuaire subsisterait dans son état primitif jusqu’en juin 1901. A cette date, comme nous l’apprend The Neiv World, dans son

numéro du 22 juin 1901, l’église de La Pointe fut dévorée par

un incendie. Ce n’était plus la chapelle bâtie en 1669 par Marquette, mais elle avait été conservée pour servir de sacristie et englobée dans la construction nouvelle entreprise par le R. P. Baraga, franciscain, en 1833 (1). Si ces poutres grossièrement équarries, en forme de murs, avaient pu parler, que n’auraient-elles pas raconté sur la piété, le zèle et la ferveur de Marquette? C’est une perte irréparable pour la chrétienté de La Pointe !

Pour savoir comment il a vécu, il était nécessaire de décrire la manière de vivre de l’un de ses prédécesseurs. Malgré le mouvement des conversions, les usages des diverses nations n’ayant pas encore changé, le nouvel apôtre ne devait pas s’attendre à être beaucoup mieux traité. C’est ce dont il sera facile de se convaincre en lisant le récit de son exploration à la recherche du Mississipi. Après avoir constaté, dans l’exposé des règles principales de la Compagnie de Jésus, à propos des missions, l’importance attribuée à l’adjonction d’un compagnon.

(i) Un excellent dessin à la plume fera voir au lecteur ce qu’était l’église paroissiale avant de disparaître.

Page 1