RETOUR
sacrés à prêcher la foi dans toutes leurs cabanes. Son zèle fut récompensé par le baptême d’un enfant moribond, cpron lui apporta au moment où il allait se rembarquer. Ce furent les prémices de la chrétienté florissante cultivée avec succès, dès 1676, par le P. Allouez, à Kaskaskias. La semence arrosée par les sueurs de l’intrépide apôtre était appelée à donner une abondanle moisson à ses successeurs. En effet, rien n’égala nulle part raniour des Illinois pour l’Église catholique ni leur fidèle attachement à la France. Quand, un siècle plus tard, l’Angleterre réussit à s’emparer du Canada, lors du déplorable traité de 1763, les Illinois ne se crurent pas liés par un contrat signé sans leur aveu , et s’il leur fallut ensuite se rendre à l’évidence et céder à la force, leur cœur ne consacra jamais l’engagement qui les plaçait sous le joug des Anglais.
La rivière des Illinois offrait au spectateur, en 1673, le plus ravissant spectacle. Ses eaux arrosent des terres excellentes et fertiles, où vivaient dans l’abondance, parmi les prairies ou les bois, le bison et le cerf, le chevreuil et l’élan, les chats sauvages, les outardes et les cygnes, diverses espèces de canards, des perroquets et des castors par troupes considérables. A part des portages d’une demi-lieue, au printemps ou en été, la rivière est large, profonde et paisible. Vers le milieu de la route se trouve un village d’Illinois, fort de soixante-quatorze cabanes. On lui donne le nom de Kaskaskias. Les Indiens firent au P. Marquette la meilleure réception du monde et, charmés de son affabilité, ils lui firent promettre qu’il reviendrait chez eux et établirait une mission. A son départ, un chef de la nation fut député pour accompagner les canots et les aider à gagner le lac Michigan. Une partie de la jeunesse se mit en route avec l’expédition. En approchant de la source, il y eut un portage et l’on gagna ainsi la rivière qui jadis se jetait dans le lac et qui maintenant, à travers les quais de Chicago, emporte au Mississipi le trop plein du lac Michigan avec les eaux de l’Illinois.
De Chicago, ou plutôt de son emplacement, où la ville fut
MISSISSIPl.
PERE. MARQUETTE
bâtie en 1823, les canots remontèrent à la baie des Puants, où ils arrivèrent, vers la fin de septembre, à la mission de Saint- François-Xavier.
Dans l’espace de quatre mois, le P. Marquette et Jolliet avaient parcouru, la rame à la main, une énorme distance évaluée à 2,767 milles anglais par John Gilmary Shea (1). On pourra le constater par le tableau suivant :
De Saint-Ignace (Mackinak) h la Baie des Puants (Green Bay) 218 milles De Green Bay par la rivière des BenardiS (Fox River) au portage 175 »
Du portage au Mississipi par le AVisconsin 175 »
Du confluent du Wisconsin à celui de l’Arkansas .... 1087 »
Du confluent de l’Arkansas à celui de l’Illinois 547 »
De l’Illinois à Chicago 305 »
De Chicago à la mission S‘-François-Xavier (Baie des Puants). 260 »
2,767 milles.
En comptant deux milles et demi pour la lieue de quatre kilomètres, tout le chemin parcouru serait de 4,427 kilomètres. Il est facile de voir que le P. Marquette n’avait pas été induit en erreur et que la route suivie au retour était la plus courte (1,112 milles au lieu de 1,437). De plus, les voyageurs n’eurent pas à remonter les courants parfois si rapides du Mississipi dans toute la longueur parcourue par eux en descendant, et dès
leur entrée dans l’Illinois, pendant près de 500 kilomètres, il leur fallut moins de force pour avancer sur des eaux plus paisibles. Cependant M. Shea n’a pas tenu compte de la visite faite aux Illinois de Peouarea, au nord de l’Illinois, et du retour en canot à cette dernière rivière. En estimant ce détour à environ 560 kilomètres de plus, et de plus en évaluant à 300 kilomètres, pendant environ cent jours, le chemin parcouru pour aller préparer le repas du soir sur une des
rives du fleuve et revenir y jeter l’ancre, la moyenne aurait
(i) Cf. Discovery and exploration of the Mississipi valley.... By J. G. Shea,
Red field-Clinton- Hall, New- York, 1852, p. ba.
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