‹ Au MississipiChapitre 68 sur 84 · LE MISSOURI · texte numérisé non relu

LE MISSOURI

le long de cette riuière et j’espère par son moyen faire la decounerte de la mer Vermeille on de Californie (1).

» Nous jugeons bien par le rund (2) de lient que tient Missisipi, si elle continue dans la mesme route, qu’elle a sa descliarge dans le

golfe Mexique. Il seroit bien aduantageux de troiiuer celle qui conduit à la mer du Sud, vers la Californie; et c’est, comme j’ay dit, ce que j’espère rencontrer par Pekitanoüi, suiuant le rapport que m’en ont fait les saunages, desquels j’ay appris qu’on refoullant cette riuière pendant cinq ou six journées, on trouue vue belle prairie de 20 cà 30 lieües de long. Il faut la trauerser allant à noroüest;

elle se termine à une autre petite riuière, sur laquelle on peut s’embarquer, n’estant pas bien difficile de transporter les canotz par vue si belle prairie. Celte deuxième riuière a son cours vers Surouest, pendant 10 ou 15 lieues; après quoy elle entre dans vu

petit lac, qui est la source d’vne autre riuière profonde, laquelle

va au couchant, où elle se jette dans la mer. Je ne doute presque point que ce ne soit la mer Vermeille, et je ne desespère pas d’en faire vn jour la descouuerte, si Dieu m’en fait la grâce et me donne la santé, afin de pouuoir publier l’Evangile à tous les peuples de ce nouiieau monde, qui ont (‘roupi si longtemps dans les ténèbres de l’infidélité.

Reprenons nostre route, après nous estre escliap[p]ez, comme nous allons peu, de ce dangereux rapide causé par l’ambar[r]as dont j’ay parlé.

(1) Le rêve de Marquette ne devait pas se réaliser. Sa remarque est très importante et son désir, loin d’être une chimère, aurait pu s’accomplir. Ce n’est pas c[u’il soit encore possible de se rendre de Saint-Louis du Missouri à San Francisco par voie fluviale. Mais la source d’un des affluents du Mississipi, la rivière Flatte est très voisine des sources du Colorado qui se jette dans le golfe de Californie. Ainsi les missionnaires du Canada n’étaient pas si mal renseignés par les sauvages, dès 1G73, et leur idée de traverser le continent américain en canot était loin d’être impossible. Tandis que de nos jours, le problème, non encore résolu, serait de traverser l’isthme par une voie ou par l’autre, qui empêcherait, s’il y avait lieu, de réaliser par le Saint-Laurent, les lacs, le Mississipi, le Missouri, la Flatte et le Colorado, l’autre route plus au Nord. Four les marchandises dont le transport n’exige pas autant de vitesse, il y aurait l’avantage de ne pas dépenser de grandes sommes en frais de percement d’un canal entre la Flatte et le Colorado. Mais la solution ne sera pas évidemment adoptée par la plupart des économistes contemporains. Four eux, la marine à vapeur avec accélération de vitesse est le système le moins coûteux. Est-ce bien vrai, surtout quand il s’agit de matériaux pesant comme le fer, la houille, les céréales, le ciment, la pierre ?

(2) Rhumb.

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