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DISCOURS AU SÉNAT. LE SENATEUR KYLE

voilà ce qui a fixé les suffrages. C’est le premier blanc qui ait traversé notre territoire et qui en ait laissé une description. C’est le premier qui a tracé la carte de nos frontières, lui qui a donné son nom à la rivière, dont tout un État a tiré le sien. Après avoir, sur notre sol, conçu le plan de son expédition, c’est à l’une de ses extrémités qu’il a le premier contemplé le spectacle des eaux du Mississipi.

Marquette est la seule grande figure historique qui se soit identifiée avec le Wisconsin. Sans doute notre État a produit plus d’un homme remarquable. Ce sont des hommes d’hier, et demain leurs noms seront perdus dans l’obscurité. Il n’en est pas ainsi de Marquette; son nom brillera dans les fastes de l’histoire avec un éclat en proportion avec la marche du temps.

Conclusion du discours de M, Kyle, sénateur de South Dacota.

« Voilà l’histoire de la vie de Marquette; elle est courte. A peine âgé de trente-huit ans, après six ans de travail dans la mission qu’il avait préférée à toute autre, il s’est acquis du renom, comme philanthrope et comme explorateur. S’il eut pour objet la prédication de l’Évangile à des peuples payons, il a néanmoins rendu d’éminents services à notre pays, comme pionnier de la civilisation. En justice, cette nation doit lui rendre un honneur mérité. Marquette représente la grande armée de missionnaires chrétiens qui ont guidé l’avantgarde des explorateurs dans toutes les parties inconnues de la terre. »

Le grand discours fut le panégyrique prononcé par le sénateur Vilas de Wisconsin. Sa réputation est solidement établie en Amérique. Homme d’Etat, il a été secrétaire à rintérieur et Directeur général des Postes et Télégraphes sous la première administration du président Cleveland. Il est ici donné en entier, comme une réfutation complète des injustes attaques de M. Linton, membre du Congrès. L’orateur y démontre qu’il n’est pas nécessaire d’être né aux Etat.s-Unis, pour avoir été l’im des plus grands bienfaiteurs de la nation.

APPENDICE XIV

Discours du sénateur Vilas, du Wisconsin. Conclusions du sénateur Palmer.

« Monsieur le Président,

» Quand cette nation prospère, se trouvant à l’étroit dans les demeures construites au début de son existence , résolut de faire bâtir une nouvelle salle pour ses législateurs, ce fut une heureuse pensée de consacrer à l’art si noble de la sculpture l’ancienne Chambre des Représentants. Le patriotisme y entendra résonner l’écho des paroles glorieuses qui se sont fait entendre dans cette enceinte pour la liberté et la justice. Nous n’avons pas moins à nous féliciter du plan tracé aux associés souverains de notre Union fédérale. N’était-ce pas leur proposer un embellissement qui leur donnerait comme un droit d’auteur et une participation, en fraternelle égalité, aux récompenses accordées à des hommes d’honneur et à des illustres, jugés dignes de figurer à jamais sous ces voûtes. Aussi, par une conséquence naturelle, vint une suggestion faite par le congrès. Ce fut de joindre à toute invitation que ferait le Président, dans la plénitude de son droit, un désir de l’assemblée qu’aucun État ne choisisse pour cette commémoration, parmi ceux qui, de leur vivant, auraient été leurs concitoyens, que des hommes d’un nom fameux dans l’histoire, ou qui se fussent distingués dans les carrières civiles ou militaires.

294 APPENDICE XIV. — DISCOURS AU SÉNAT

w Cette restriction ne pouvait s’appliquer au même degré à tous les États de TUnion. Les plus anciens, surtout les treize, fédérés dès l’origine, étaient déjà, dès cette époque, en possession d’un passé historique, comme États. Dans leur domaine assuré, il n’est plus un homme vivant, contemporain du temps auquel remontent leurs annales. S’il reste encore des obscurités ou des ténèbres qui couvrent des détails, nous sommes du moins à même de voir en perspective les faits contemporains de leur naissance ou les exploits accomplis pendant leur évolution, mieux que ne peuvent le faire des contemporains. Ces vieux États peuvent donc avec justice revendiquer pour eux plus d’une noble figure brillante, au milieu des ombres, dont l’histoire est le trésor de toute l’Amérique et dire avec fierté : « C’étaient nos concitoyens. »

» Mais, Monsieur, les conditions étaient un peu différentes pour les nouveaux États, comme le Wisconsin. En effet, bien que faisant partie de colonies, dont la base se trouvait à l’Atlantique, notre territoire profita, dès la première heure, des avantages de notre indépendance , et pendant longtemps demeura comme une terre inconnue, à l’extrémité du vieux nord-ouest de la République. La foule d’hommes avides de se procurer des foyers ne cessa, durant bien des années encore, de se frayer, plus au sud des grands Lacs, un chemin battu, sans se douter de l’excellence de la richesse et des beautés, dont la nature avait comblé ce pays de sa prédilection. Notre sol devait être le partage d’une autre génération venue plus tard et non moins fortunée. Il est donc arrivé ceci, c’est que le Wisconsin, tout en jouissant de la liberté, en même temps que les premiers États, se laissa précéder, non seulement par dix États, entrés avant lui dans FUnion, en fait par tous les États (jusqu’à la guerre qui divisa la Virginie), tous conquis sur l’Angleterre, mais encore par six autres États, dont quatre sur le Mississipi et formés de territoires acquis de diverses manières. Le Wisconsin fut seulement organisé d’abord en territoire, un territoire allant du lac Michigan au Missouri. Plus d’un sénateur ici présent

APPENDICE XIV

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