CH. XVII. — DÉCOUVERTE DES RESTES
rexhumation n'avait pour eux aueun intérêt. Au contraire, les Indiens, dont le catholicisme n'avait pas encore détruit toutes les idées ni les usages de leurs aïeux, pratiquaient à un 'haut degré le culte des morts. Mille fois déjà, sur le lac Michigan, au moment du danger, leurs bandes avaient invoqué la protection du grand apôtre de ces quartiers. La plupart croyaient 'au crédit dont il jouissait dans la gloire du ciel. Il est donc probable que les chrétiens de Mackinac, avant de suivre les Pères dans d'autres parages, profanèrent la tombe après l'incendie et se partagèrent, en forme de talisman, la plupart des ossements volés.
Quoi qu'il en soi^, les trente-sept fragments furent recueillis, le 4 septembre 1877, avec un soin et un respect religieux, puis enveloppés séparément dans de la soie, selon l'usage. Mgr Mrak en revendiqua la plus grande partie et l'attribua au collège établi dans sa ville épiscopale de Marquette. Le surplus est resté à Mackinac, où d'innombrables pèlerins sont venus les vénérer de toutes les parties de l'Amérique. En attendant le jour où s'élèvera le monument gigantesque de 130.000 francs, dont s'occupe un comité formé d'hommes très actifs et des plus influents, des milliers et des milliers de citoyens d'une grande nation vont, chaque année, rendre hommage au bienfaiteur de Thunianité, à l'explorateur couronné par le succès. A ce tribut d'éloges se mêle aussi un sentiment de profonde admiration pour les vertus éminentes et les travaux apostoliques du P. Jacques Marquette. Au pays de la tolérance et de la liberté, les non catholiques ne craignent pas de se signaler, au premier rang, parmi les admirateurs de cet homme, digne, suivant eux, des plus grands honneurs.
On annonce que le crucifix du P. Marquette vient d'être découvert à Francfort (Michigan).