Jeunes filles vierges
actuellement un écoulement plus facile qu'autrefois où le manque de sécurité des chemins qui conduisent au Siéké arrêtait la plupart des caravanes.
Aucune trace n'existe plus des luttes terribles que le colonel Combes livra en 1885 sur le plateau. C'est à peine si de laborieuses recherches permettent de retrouver les vestiges du petit tata où les capitaines Louvel et Dargelos tinrent tête pendant dix jours à toute l'armée de Samory. Tout à l'entour, de splendides récoltes dans le sol fumé par les cadavres de trois à quatre cents sofas !
De longues solitudes boisées séparent le Siéké du Manding. Le sentier qui les traverse et que suivit jadis la colonne Combes n'est presque plus fréquenté ; aussi, tant qu'il reste quelques points d'eau dans cette région sauvage le gibier y abonde.
J'y rencontrai un magnifique troupeau de cobas '■. Il se tenait aux aguets à cinq ou six cents mètres sur notre gauche. Nous étions sous le vent et le bruit de notre marche ne leur arrivant qu'imparfaitement, ils cherchaient à se rendre compte du piétinement assourdi qu'ils entendaient, la tête tendue, les oreilles pointées dans notre direction. Je saute à terre et je file de leur côté. Le troupeau remis de son alerte, car mes hommes se sont arrêtés derrière un taillis, s'éloigne tranquillement ; quelques bêtes s'arrêtent pour donner un coup de dent à une touffe d'herbe appétissante. C'est le bon moment ; je me hâte en me défilant derrière arbres et buissons avec des ruses de Peau-Rouge. Maintenant je peux les compter : seize magnifiques têtes ! Encore quelques pas et je serai à bonne portée.