‹ Au NigerChapitre 6 sur 38 · A cinq kilomètres en aval de Kankan · texte numérisé non relu

A cinq kilomètres en aval de Kankan

ensuite la rive droite jusqu'à hauteur du village de Ourembaya où la colonne arrive au petit jour. La surprise est complète ; les sofas s'enfuient en hâte, ripostant à peine à nos coups de feu. Le village est incendié après la prise d'un beau butin. La colonne reprend le chemin du retour ayant le Milo à sa gauche ; la section Mangin et la section Biétrix^ forment l'arrière-garde.

La fusillade de Ourembaya avait donné l'alerte aux détachements de Dabadougou qui, mieux armés et d'un moral plus robuste, accouraient, recueillant sur leur passage les sofas fugitifs. Ils s'établissent sur le flanc droit de la route et ouvrent un feu nourri et ajusté sur la colonne resserrée entre les positions dominantes qu'ils occupent et le Milo. Lorsque notre arrière-garde se présente, ils se jettent sur elle. Cavaliers et fantassins de Samory font preuve dans cette attaque d'une hardiesse et d'un courage remarquables ; les deux sections de queue sont obligées de s'arrêter pour leur tenir tête. Ils sont repoussés ; mais, dès que nos hommes se remettent en marche, ils reviennent à la charge. Les blessés qu'il faut transporter et dont le nombre va augmentant sans cesse alourdissent et re lardent l'arrière-garde.

Un hameau incendié borde la route à moins de cent pas. Un gros d'ennemis s'y jette et l'occupe, coupant la section de queue du reste de la colonne. Il devenait urgent de le déloger. Le lieutenant Mangin qui voit le danger, l'aborde à la baïonnette et dégage le passage ; un feu rapide exécuté à bout portant dans le dos des sofas que n'ont pas atteint les baïonnettes des tirailleurs venge ces derniers des pertes déjà subies : trois tirailleurs tués et

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