‹ Au paya MoíChapitre 41 sur 119 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Nous attendions nôtre escorte, un Bèp et deux linhs : tout semblait donc prêt pour le départ.

Jeudi $3 février.

Un seul point nous inquiétait, Paul Cabot souffrant depuis quelques jours et repris d'un accès de fièvre qui ne semblait guère devoir céder facilement. Ce fut notre grande préoccupation; nous ne pouvions abandonner notre compagnon qu'au cas où sa santé nous forcerait à le diriger sur Tourane. Ce retard occasionnel nous permit de visiter le confluent du Song-Tran et du Tra-Vian, sur les bords duquel nous avions attaqué les éléphants. C'est un pays merveilleux et plein de sauvagerie. Nous pûmes constater quelques traces de ces animaux sans pouvoir les suivre, désireux de partir au plus vite si l'état du malade le permettait.

Au confluent des deux fleuves se dresse un village annamite où la culture est faite comme en pays moï, arrosée par le Song-Tran dont le débit d'eau est très considérable. Je ne serais pas éloigné de croire que, malgré les nombreux rapides, la rivière peut être navigable pour de petits sampans, jusqu'au Song-Tu-Bong. Il serait important de le savoir, car cette voie amènerait plus rapidement à la côte le commerce de Tra-My. Aux alentours du village, nous rencontrâmes un coolie

84 AU PATS MOl

annamite arrivant du pays moï et portant sur son dos un jeune chevreuil. Il l'avait tué^ disait-il, dans la montagne, alors qu'il venait d'être capturé par des chiens sauvages, race vigoureuse qui vit par bande de vingt à trente. On les rencontre dans toute la montagne chez les Mois, d'où il faut conclure qu'ils ne se plaisent qu'à une certaine altitude.

Vendredi 24 février»

Au retour, nous trouvâmes Paul Cabot dans un état de santé plus rassurant et nous préparâmes le départ.

Avant de quitter ce point commercial si intéressant de l'intérieur nous voulûmes une dernière fois revoir le côté pittoresque de Tra-My.

Avec ses cases de styles divers, la ville possède tous les modèles d'habitations de l'Indo-Chine, depuis la case en pierre et torchis du Chinois jusqu'à la légère paillotte des sauvages.

Au centre, des rues étroites jetées au hasard des constructions ordinaires.

C'est ici la place du marché où s'étendent, dans de larges fauteuils en bois, de gros Chinois ventrus vendant fort cher tous les produits du Céleste Empire, avec quelques touques de pétrole comme articles européens. Près d'eux vivent des commer-

Page 1