CHAPITRE II
imprenable; il nous tardait de la confier au vétérinaire de l'institut du docteur Yersin, à Nha-Trang. Si elle résistait jusque-là, peut-être pourrionsnous la sauver.
Ninh-Hoa est le centre commercial de la baie de Hone-Cohe, actuellement peu riche et représentant à peine 600 tonnes par an. Il a cependant quelque avenir : bon port fluvial pour de petites jonques et la ville, située dans des plaines fertiles, est susceptible de développement. On pourrait essayer de l'irrigation, mais la réussite nécessiterait un capital considérable. Son importance se résume actuellement à rester un faible débouché aux produits du Dar-Lac.
Les chevaux, buffles, qui descendent de la nouvelle province moï, passent par ce point 6îi sont installés les Chinois. A cette époque le commerce était entièrement entre leurs mains.
En face la baie de Port-Dayot qui, par la sûreté de son mouillage , fait concurrence à celle de Gam-Ranh. Mais, moins facile à défendre, étant isolée de la terre par une presqu'île, elle présente l'inconvénient de nécessiter de grands travaux pour l'adduction des eaux douces en quantité suffisante pour alimenter les navires.
Toutefois le gouvernement étudie la possibilité d'en faire un port militaire et un lieu de refuge pour la flotte d'Extrême-Orient.
iSi AU PAYS MOÏ
Le commerce est actuellement dirigé sur Nha- Trang; il est presque nul, en raison du double mouillage et des frais d'embarquement que nécessite cet inconvénient de position maritime.
Lundi 10 avrtl, (Temp. max. 38», min. 29«.)
Nha-Trang.
Du village de Binh-Kham à Nha-Trang, on compte vingt-deux kilomètres, une petite journée de marche à travers des parties marécageuses et peu habitées. La région de Nha-Trang n'est pas aussi riche que le Phû-Yen; la température, très chaude, n'entravait que peu notre marche. Nous levions sur la route de ravissants martins-pécheurs, et pensant aux chapeaux de quelques élégantes parisiennes nous abattions de temps à autre les plus jolis. Une pagode fraîchement ombragée servit d'abri pour le déjeuner. Les menus étaient * copieux, M. de M*** ayant fourni à notre exploration un jeune boy, Bâ, cuisinant convenablement et nous approvisionnant sans peine. Ce jour-là nous festinions avec gaieté : œufs frits, crabes à l'annamite» tourterelles en salmis, rôti de coq sauvage, confitures, bananes et oranges ; l'abondance après la disette t
N'eût été l'odeur désagréable de chauve-souris