‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 5 sur 128 · Mélanges littéraires^ p · texte numérisé non relu

Mélanges littéraires^ p

2. Chateaubriand caractérise ainsi le ciel anglais, Mélanges littéraires, p. 19 : « Le ciel de ce pays est moins élevé que le nôtre, son azur est plus vif, mais moins transparent. Les accidents de lumière y sont beaux, à cause de ia multitude des nuages. «

Beccles. Voici, sur la droite, le campanile isolé de Saint-Michel, à la fois clocher d'église et beffroi municipal, écrasant de sa haute masse carrée la frêle bâtisse en forme d'hexagone qui, après avoir servi de salle du conseil juscju'en 1875, abrite maintenant la bibliothèque. A gauche, voici le Marché Neuf, analogue aux « martrays » des petites sous-préfectures de Bretagne, bordé, comme eux, de pignons pointus et d'étages en encorbellement. Pour un peu, vous vous croiriez à Dinan ou à Lannion.

De ci de là pendent à des potences en fer de nobles enseignes d''hôtelleries, d'aucunes agrémentées de leurs armes parlantes : Falcoii Iiiii, la « Taverne du Faucon », King s H ead Holel , !'« Hôtel de la Tête du Roi »...

L'Hôtel de la Tête du Roi! Une tradition constante veut que ce soit là !'« auberge », mentionnée dans les Mémoires, qui reçut Chateaubriand à son débarquer*. Basse et trapue, avec sa large porte cintrée et le bo^'au de sa cour en profondeur, oi\ jadis s'engouffrait le stage-coach, telle l'émigré breton la connut, telle on la voit toujours au coin du ^Marché Neuf dont elle forme un des angles méridionaux. D'extérieur, du moins, elle n"a pas changé, sauf que ses murs de brifjue rouge ont peut-être noirci.

Il va sans dire que nos pas s'y acheminent d'euxmêmes. Elle n'eût pas été prônée par les Guides

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