Mém. d'O.-T., t. II, p
2i AU PAYS d'exil le CnATEAUBRIAN'D
de l'endroit comme « the chief hôtel in the town » ', que nous l'aurions encore choisie de préférence à tout autre gîte.
Quand nous y pénétrons pour prendre le lunch et retenir nos chambres, le premier objet qui s'ofFre à notre vue, sous le porche,, est un ancien chapiteau d'église, disposé à terre en guise de montoir pour les cavaliers, et dont on s'étonnerait que les monographies locales fissent état, si l'on ne savait la superstition, souvent puérile, qui s'attache en Angleterre aux vestiges les plus insignifiants du passé. Peut-être Chateaubriand songeait-il à ce débris d'architecture, pieusement encastré dans le pavé du Kings Hcad, lorsqu'il faisait admirer par le duc de Berry « le génie conservateur d'un peuple qui ne laisse rien périr, qui remet à neuf ses vieux monuments, et rétablit avec soin jusqu'à la pierre tombée d'une ruine »^
Une servante plantureuse, de la belle et robuste race d'Est Anglie, nous introduit dans la salle à manger réservée à la catégorie des hôtes qui ne sont pas des voyageurs de commerce. L'exiguïté de la pièce atteste suffisamment qu'ils ne doivent jamais être fort nombreux. Pour ameublement, une console, une table et quelques sièges en vieil acajou, recouverts de cuir noir; de chaque côté de la cheminée, où brûle un feu de charbon, deux fautauils bergère, propices à la digestion des copieuses nourritures de céans; aux parois, c[uatre ou cinq