‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 9 sur 128 · Mém. cVO.-T., t. II, p · texte numérisé non relu

Mém. cVO.-T., t. II, p

AU PAYS D EXIL DE CnATEALBRIAND 27

ministre que les Mémoires négligent ou dédaignent de nommer? Les Antiquités du Comté de Suffolk nous apprennent qu'il s'appelait Bence Sparrow'. Le chef spirituel d'une paroisse anglaise est déjà, de par sa fonction, un personnage. Le Révérend Bence Sparrow, des Sparrow de Worlingham, avait, en outre, pour lui, d'appartenir à une famille ancienne, riche, honorée, dont un membre avait ,été, au début du siècle, évéque d'Exter, puis de Norwich, la métropole du Norfolk.

Recteur de Recelés depuis 1774, il habitait à ce titre le Rectory^ — une grande et confortable résidence, située un peu hors ville, sur la route de Bungay, d'où elle domine toujours l'harmonieuse perspective de la vallée, le glissement souple delà rivière et l'ondulation vaporeuse des coteaux lointains. Telle fut donc la maison vers laquelle se dirigea l'émigré, tout moulu encore des cent neuf m illes qu'il venait de parcourir en stage coach.

Oa'ailaitil faire chez le recteur ? Il allait, — nous dit-il, — lui présenter une lettre d'introduction de D eboffe, son éditeur de Londres, « laquelle lettre » le (( recommandait comme un savant du premier ordre »*. Quant au résultat de Tentrevue, il ne juge pas à propos de nous en faire part, il se borne

I. Tlie hif tory and Antiquities of Ihe County of Suffolk, with r;. uealogical and Architectural notices of its several towns ind villages, by ihe Rev. Alfred Suckling, L. L. B., Hector jt Biirsham, London, 18i6.

■2. Mém. d'O.T., t. Il, p. 127.

à constater qu'il fut « parfaitement accueilli »'. Au surplus, le séjour de Beccles est expédié en quelques lignes :

... Je vis tous les gentlemen du canton, et je rencontrai deux officiers de notre marine royale qui donnaient des leçons de français dans le voisinage'.

Je repris des forces; les courses que je faisais à cheval me rendirent un peu de santé,.. M. de Combourg était invité à toutes les parties. Je dus à l'étude le premier adoucissement de mon sort. Gicéron avait raison de recommander le commerce des lettres dans les chagrins de la vie. Les femmes étaient charmées de rencontrer un Français pour parler français'.

Et c'est tout. Des « manuscrits de la collection Camden*» qu'il s'agissait de déchilTrer, plus un mot\ Serait-ce que 1' « entreprise » annoncée par le journal de Yarmouth n'avait pas marché? Le plus probable, c'est qu'à aucun moment il n'avait

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