I.o grand Espril, le Créateur
Les envoie par ici, pour son crvice;
11 nous les envoie avec son message.
Lûngi-’iîij.ow.
Jusqu’à ce moment, nos séances avaient été régulièrement suivies. Nous nous y étions amusés et intéressés; mais sans jamais nous demander si l’un de nous ne possédait poinl un pouvoir spécial.
Le nom de « médium » n’était certes pas enviable ; aussi, lorsqu’à la fin je fus reconnue être le médium par lequel tous ces résultats étaient obtenus, je n’en fus rien moins que satisfaite et je demeurai incrédule. Ce que je savais des médiums, je l’avais appris parla lecture des rapports dans les journaux, rapports dans lesquels ils n’avaient point paru à leur avantage. C’est pourquoi le nom de médium était pour moi synonyme de magicien et d’imposteur de la plus basse catégorie, et je n’étais nullement désireuse d’être classée parmi eux. On n'insista
NOS VISITEURS DE L’aUTRE MONDE 117
point sur celle queslion, et nos séances conlinuérent comme d’habitude, jusqu’au soir où, précisément à l’instant de prendre place autour de la labié, la conversation tomba sur la difficulté d’obtenir des messages directs.
Nous avions tous essayé le psycliographcavec plus ou moins de succès; mais cela ne répondait pas à toutes tes exigences; le procédé était lent et récriture indistincte. Quelqu’un suggéra que, si réellement un esprit écrivait, il pouvait le faire tout aussi bien par la main de l’un de nous, et sans l’aide du psychograplie. Nous en fîmes l’essai; l’un après l’autre, nous prîmes un crayon de la main droite, et, invitant l’esprit à écrire ainsi, nous surveillâmes avec curiosité le résultat de cetle expérience. Dans plusieurs cas, nous pûmes voir que les muscles du bras et de la main étaient comme tiraillés, et que les doigts lenaut le crayon avaient des secousses convulsives. Mais, en dehors de quelques gribouillages, rien ne se produisait.
D'autres, en essayant d'écrire, n’éprouvèrent aucune sensation dans le bras ni dans la m^in, et abandonnèrent bien vite le crayon.
Lorsque vint mon tour, je remarquai d’abord des toquements, des picotements, et une sensation douloureuse dans le bras, telle qu’on peut la res sentir lorsqu’on se heurte le coude ; puis j’éprouvai lin sentiment d’engourdissement qui se propagea jusqu’au bout de mes doigts. Ma main devint tout à fait froide et inerte; je pouvais la pincer et la mordre
sans éprouver aucune douleur. Après quelques instants, elle commença de se mouvoir lentement et laborieusement, imitant les mouvements de récriture, faisant des tentatives répétées de former des mots, et finissant, après un moment, par écrire d’une écriture assez petite et mauvaise. Un nouvel essai affirma un progrès réel; mais les sensations que j’éprouvais au bras, sans être très douloureuses, étaient décidément désagréables. Aussi, en dépit de ma curiosité, je ne fus pas fâchée de m’arrêter, lorsque la pendule nous avertit qu’il était temps de lever la séance.
Les réunions suivantes furent Loutes consacrées â des expériences du même genre ; et il ne se passa pas longtemps avant que ma main devint tout à fait habile dans l’art de la calligraphie.
.le remplissais rapidement des pages entières de caractères nets et bien formés, tandis que nous causions et que nous recevions d’autres messages. Nous remarquâmes bien vite que l’écriture avait des caractères tout différents, d’un moment à l’autre, et que non seulement l’écriture, par elle-même, mais également les sujets traités avaient leur individualilé très distinctement marquée.
Ces correspondants invisibles nous devinrentbientot familiers. Nous apprîmes à les connaître par leurs noms, et ils nous racontèrent quelque chose de *eur histoire. L’un d’eux, John Harrisson, un Anglais qui avait vécu dans le comté d’York, solitaire, misanthrope, ayant quelques idées religieuses, mêlées
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