‹ Au pays de l'ombreChapitre 34 sur 71 · DES SAVANTS DEVIENNENT SPIIUTUAUSTES VM · texte numérisé non relu

DES SAVANTS DEVIENNENT SPIIUTUAUSTES VM

peu, ou ne savaient rien de la question, qu’elles avaient été spiritualistes pendant troisou quatre ans; qu’elles avaient eu des séances avec les meilleurs médiums, sans regarder à la dépense, et n’avaient rien négligé dans leur minutieuse investigation. Elles se disaient de « vraies sorcières » dans l’art de découvrir des médiums, et ajoutaient n’avoir jamais manqué d’interviewer tous ceux qu’elles avaient rencontrés.

À ce point de vue-là, je me sentis infiniment reconnaissante de leur ignorance à mon égard comme médium.

— Mais, dit l’un de mes hôtes, quoique tout ceci soit très intéressant et très étrange, je ne puis en voir du tout la nécessité. En quelle manière cela peut-il ajouter au bonheur de quelqu’un de savoir que ses chers amis n'ont pas de meilleure occupation dans l’autre monde que de faire tourner des tables dans celui-ci, de parler un mauvais anglais par le médium, ou d’apparaître comme des caricatures d'eux-mêmes en matérialisations spirites? Le spiritualisme de Christ me semble bien plus beau; et il suffit à tous les besoins de ceux qui croient en lui.

— Oh î oui, certes ? mais nous avons rejeté tout ceci: nous ne croyons pas en Christ ; nous désirons quelque chose de plus réel et de plus tangible que les vieilles légendes. Certainement le Christ était très bon, et, dans les anciens temps, ses enseignements étaientsuffisants. Mais notre àgede lumière a besoin de quelque chose de mieux.

AU PAYS DK rOMBUK

Le matérialisme de ces spiritualistes me semblait extrêmement décourageant. Pour eux, spiritualisme voulait dire phénomène ; rien de plus. Leur profession de foi était une excuse très commode pour les dispenser de leurs devoirs religieux devenus une charge pour eux — et elle leur était, en outre, un moyen d'obtenir une admission à des séances où les spiritualistes seuls étaient convoqués. Mais, en dehors de cela, ce terme n'avait aucune signification pour eux. Entre ces adhérentes éclairées à la cause spiritualiste, et moi-même, il n’y avait que peu ou poin l de sympathie. Nous suivîmes des voies différentes, ne nous rencontrant que rarement. Elles sont probablement encore à La chasse aux médiums, quoique la capture n’en soit pas chose facile dans le pays où elles habitent

Je n’avais aucune idée que de telles différences d'opinions pussent exister entre les adhérents d'une même cause, et cette découverte neme causa pas peu de perplexité. J’étais désireuse de proclamer par tout le monde la grande vérité que j'avais découverte. Jamais il ne me serait venu à l'esprit que le monde ne la recevrait pas aussi joyeusement que je l'avais reçue. Je pensais que je n’aurais qu’à parler de ma découverte pour communiquer à mes auditeurs la joie que j’en ressentais. Et cependant mes déclarations furent reçues généralement avec incrédulité. Ou m’écoulait poliment, mais on se refusait à croire sans une démonstration évidente. J'essayai d’en donner, et c’est alors que je fis une nouvelle décou-

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