‹ Au pays de l'ombreChapitre 35 sur 71 · DES SAVANTS DEVIENNENT SPIRITUALISTES · texte numérisé non relu

DES SAVANTS DEVIENNENT SPIRITUALISTES

verte, uiUMlécoaverte semblant vouloir renverser mes beaux plans de régénération du inonde. Les manifestations qui s’étaient succédé, durant les années d'expériences, nombreuses et plus étonnantes les unes que les autres, et cela sans me demander aucun effort, me semblèrent alors presque impossibles à obtenir spontanément, comme je les avais vues se produire. Le pouvoir d’écrire sur des sujets scientifiques, qui avait occupé tant de mois notre temps et notre attention, ce pouvoir parut complètement anéanti. Aux questions posées, il était si sottement répondu, que je m'en sentais, par moments, réellement irritée. La faculté de clairvoyance, qui m'avait rarement manqué dans notre petit cercle, finit par devenir faible el incertaine, et les mouvements de la table n’avaient plus aucune signification, tant ils étaient devenus incohérents.

J’avais été trop gâtée par la facilité avec laquelle toutes ces manifestations avaientété obtenues précédemment pour supporter avec patience tous ces échecs. Ce ne fut donc pas sans dépit que je vis le maigre résultat de ma mission, et que je commençai à comprendre mon ignorance deslois (pii gouvernent toutes ces choses. Les personnes avec lesquelles j’avais expérimenté auparavant — que ce fut par hasard ou par bonne fortune — étaient particulièrement. aptes à ce genre de travail. Maintenant que je me trouvais privée de l’appui et de la coopération de mes amis, le résultat des manifestations dépendait de moi seule ou de l’aide incertain d’expérimentateurs

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de diverses opinions,et possédant moins de connaissances qne moi sur celle question.

Je savais que nous avions réussi, et que je réussirais si des conditions semblables pouvaient être remplies. Aussi monœuvreétaitpéniblcet bien décevante en différentes manières. Je désirais convertir le monde, et le monde ne voulait pas être converti. Le monde suivait son propre chemin, et je ne pouvais lui imposer une conviction qu’il ne demandait point.

En même temps, une ardeur missionnaire s’emparai! de moi, me laissant peu de repos. Je rêvais, je combinais des plans pour faire connaître et pour répandre la réalité du monde spirituel et les moyens de communiquer avec ses habitants; mais tout lut inutile, soit parce que le monde n’en désirait rien savoir, soit parce que je n’eus pas le pouvoir de produire des phénomènes satisfaisants à son gré. Je n’avais jamais eu l’idée que quelqu’un put douter de mes récits quant à ces phénomènes divers, aussi cela m'était très désagréable de voir ces doules trahis par un froncement significatif des sourcils, ou un haussement d’épaules, si mes auditeurs étaient assez polis pour m’épargner tout commentaire.

J'exposai mes difficultés è mes amis spirituels, en leur demandant leur avis. Ils me conseillèrent d’être patiente, de ne point chercher à instruire les autres avant de l’être moi-même, de ne point tenter de réformer le monde ni de redresser l’Église, mais simplement de faire le travail le plus à ma portée, et de le bien faire.

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Tout en essayant de suivre ces conseils, il m’était souvent difficile de savoir comment agir, lorsque je me trouvais entourée de personnes portant le plus grand intérêt à la question spiritualiste. Il me semblait coupable de leur refuser du secours, même si je doutais de la sincérité de leur profession de foi. Kn vérité,-c’était une œuvre décourageante à remplir# el si je n’avais trouvé une ou deux brillantes exceptions dans cel abîme de déceptions, il est possible que mon courage n'eût pas tenu bon.

-'près que ma santé eut été, en grande partie, rétablie grâce à mon séjour dans le midi de la France, je lis une ou deux visiles à quelques-uns de mes amis ; je passai quelques mois avec M. et M m * F., résidant alors en Suède, et j’accompagnai des amis à Leipsig, où, par l'aimable intermédiaire de M. James Ihirns, de Londres, je fus mise en relation avec le célèbre professeur Zbllner. C'est grâce à l'intérêt de M. /diluer el à celui de sa mère que mon séjour en Allemagne fut Furie des encourageantes exceptions dont je parlais tout à l'heure.

A la veille de mon retour en Angleterre, un événement accidentel m'obligea à accompagner mes compagnons de voyage à Breslau, au lieu de m’en retourner, via Hambourg, en Angleterre. Ce changement dans mes projets ne m’agréait poinl, car il en renversait plusieurs; mais je n'aurais pu, par humanité, déserter mes compagnons de route dans les circonstances qui s'étaient produites.

Lorsque ce changement d’itinéraire fut communi-

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qué nu professeur '/diluer, il lit celte remarque : <> f ni un ami à Breslau; mon plus ancien ami d’enfance, et, jusqu'en ces derniers temps, nos opinions variaient rarement sur n’importe quel sujet. Malheureusement, il n’a jamais pu tolérer mes idées sur le spiritualisme, et ce nuage élevé entre nous a détruit en grande partie notre longue amitié. J’en souffre beaucoup, mais je ne puis renoncer à ma foi spiritualiste, même en faveur de mon plus cher ami. Tout ce que je puis espérer, c’est qu'il montre plus d’indulgence, un jour, envers mes idées Si vous pouviez faire de lui un spiritualiste, vous me rendriez le plus grand service; il n’y a rien au monde que je désire autant.

— Très bien, répondis-je en plaisantant à demi, j’en ferai pour vous un spiritualiste. Comment se nomme-t-il '?

— Le docteur Friese, me cria-t-il, comme le Irain s’ébranlait.

Le voyage était long et la nuit fraîche. En conséquence de mon rapide changement de plans, mon bagage avait pris une fausse direction et je ne possédais que quelques effets insignifiants; aussi, à mon arrivée à Breslau, je me sentis très souffrante, et je pris le lit que je fus obligée de garder plusieurs jours. Un matin, sans introduction, un monsieur pénétra dans ma chambre. Je compris seulement le titre de docteur donné par la femme de chambre qui lui ouvrit la porte. J’en conclus naturellement que c’était un médecin prévenu par mes compagnons de

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