DES SAVANTS DEVIENNENT SPIRITUALISTES
voyage, et je commençai de lui décrire toutes mes misères.
— Mais, chère Madame, vous vous trompez ; mon nom est Friese.
— N’êles-vous pas un médecin ?
— J’en porte le titre, mais je ne suis pas docteur en médecine. Je venais vous voir sur la recommandation de mon vieil ami, le professeur Zollner, de Leipzig, dont je viens de recevoir une lettre.
Vraiment cela était pour moi une surprise désagréable. Je ne savais plus que faire ni que dire ; mes joues brûlaient, et j’aurais voulu me cacher dans mes draps pour pleurer. Il vit mon embarras, ou le ressentit pour moi, car il se mit à critiquer le service de l’hdlel qu’il jugeait mal fait, trop restreint, et qu’il accusait de cette erreur. Je lui dis que je savais peu de choses à ce sujet, mais que, d’une manière ou d’une autre, personne ne s'était inquiété de moi, depuis notre arrivée. Mes amis me demandaient chaque jour comment je me trouvais et si j’avais besoin de quelque chose, et c’était tout. Comme je ne semhlais désirer rien autre que de rester tranquille, ils sc soumettaient parfaitement à ce désir.
J’imagine que le l) r Friese employa un langage très énergique. Je ne comprenais pas l’allemand, ainsi je ne puis savoir les paroles dont il se servit ; mais l’effet en fut merveilleux.
Pendant les heures suivantes, il n*y eut pas mi petit manque d’attention. Puis le docteur revint dans ma chambre accompagné d’un médecin et de la
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maîtresse d’hôtel. On discula la possibilité de me transporter dans la maison du D r Friese ; mais la maîtresse d’hôtel protesta, là-dessus, déclarant qu’à l’avenir il n’y aurait plus aucun manque de soin de la part du personnel de l’hotel. Elle avait supposé que l’autre dame, arrivée avec moi, avait fait tout ce qui était nécessaire ; autrement je n’eusse pas été négligée.
Selon moi, c'était beaucoup de bruit pour rien, et je suppliai qu’on ne se donnât pas d’ennuis à mon égard. Enfin la question fut vidée. Je me décidai à rester àBreslau jusqu’au moment où je serais assez bien pour retourner en Angleterre. Mes compagnons de voyage, eux, étaient désireux de poursuivre leur chemin, llspartirent donc le matin suivant. LeI) r Friese et sa sœur insistant pour que je vinsse habiter chez eux jusqu’à mon rétablissement complet, je devins leur hôte. L'hiver était long et pluvieux; je ne pus facilement me débarrasser du refroidissement que j’avais contracté ; aussi mon séjour à Breslau se prolongea indéfiniment.
Le l) r Friese était l’un des hommes les plus méthodiques que j’eusse jamais rencontrés ; aussi, dès que je me fus décidée à ne retourner en Angleterre qu’après la saison d’hiver, il me dressa un plan pour mes occupations et mes études journalières. Je dirai en outre que le I) r Friese était un peintre accompli et un musicien enthousiaste;mais par-dessus tout il était professeur. Je ne pense pas qu’il aurait pu, dans^aucune circonstance, réprimer son penchant à