‹ Au pays de l'ombreChapitre 37 sur 71 · DES SAVANTS ŒVIENNRNT SPIRITUALISTES · texte numérisé non relu

DES SAVANTS ŒVIENNRNT SPIRITUALISTES

instruire toute jeune personne venant à lui être confiée. U déclara bientôt que les défauts de mon éducation avaient besoin d’être corrigés ; et il s’en occupa lui-même, au moyen de règlements autoritaires auxquels il me fallait obéir humblement. Et non seulement il organisait des règles, mais il entendait qu’on les suivît ponctuellement; il n’y avait pas moyen d’y échapper, et certes personne ne songeait à y contrevenir. Sa vie était réglée comme une horloge, et celle de tous les siens l’était par contre-coup — Voici les règles qu’il m’imposa :

Sept heures trente. —Lever — bain — toilette avec l’aide d’une femme de chambre.

Huit heures. — Déjeuner.

De neuf heures à onze heures. - Dessin ou peinture.

De onze heures à midi et demi. — Promenade ou patinage. Généralement il partageait avec moi ce dernier exercice et poussait mon traîneau.

De midi et demi à une heure. — Repos.

De une heure à deux heures. — Dîner.

De deux heures à quatre heures. — Dessin ou peinture.

De quatre heures à cinq heures. — Sortie s’il faisait beau, sinon correspondance.

De cinq heures à six heures et demie. — Le thé et de courtes lectures en allemand.

De six heures trente à dix heures. — Concert ou specLacle s’il y en avait; sinon conversations sur le sujet du spiritualisme.

Dix heures et demie. — Lait et sandwich.

Onze heures. — Coucher — aucune excuse pour rester levée plus longtemps.

Les jours s’écoulaient de cette manière. J’enrageais de cette monotonie, mais sans résultat. Enfin une semaine de pluie et de neige incessantes mit un arrêt à nos promenades quotidiennes, et un intervalle de temps, où il n’y eut ni opéras ni concerts, me délivra de ce qui commençait à être un purgatoire pour moi. Le docteur semblait décidé à cultiver mon goût musical. En vain j’avais protesté, disant qu’on ne pouvait cultiver ce qui n’existait pas. 11 n’avait admis aucune excuse. 11 me fallait aller au concert ou a l'opéra. J’allais volontiers à l’opéra ; mais avec une mauvaise volonté mal déguisée à des concerts instrumentaux.

l’endantles soirées d’abstinence musicale forcée, le temps se passait à discuter spiritisme et à tenter des expériences qui réussissaient admirablement lorsque nous étions seuls, ou en compagnie d’un ou deux amis.

Le l) r Friese s’intéressait le plus à l’écriture automatique, et, en dépit.de sa passion pour la musique, il accéda enfin à ma requête dépasser quelques soirées à écrire, au lieu de suivre des auditions musicales.

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