CONVERSIONS SUR CONVERSIONS
Lard, lorsqu’une génération d’hommes plus développés habitera son pays.
Dans le temps dont je parle, les deux amis jouissaient de leur affection renouvelée, et, heureux de savourer les douceurs de l’heure présente, ils ne se préoccupaient point de ce que l’avenir pût leur apporter.
Pendant la visite du professeur Zollner, l'appartement du D r Friese fut envahi par des foules de personnes s’informant avec anxiété des derniers événements. Comme un éclair, la nouvelle s’était répandue dans les cercles d’étudiants, et les récits les pins extraordinaires étaienten circulation, beaucoup de gens s’imaginaient que le docteur avait tout un renfort d’esprits à sa disposition pour accomplir des miracles cl des tours de passe-passe, pour guérir les malades et donner des informations sur des amis perdus, ou telle aulre chose.
— Qu’ai-je à faire avec toutes ces bonnes genslà? disait-il un jour, en proie à un désespoir comique. « Ils ne semblent pas comprendre que le nom de spiritualiste n’est pas synonyme de sorcier ou d’adepte de la magie noire. » Il était difficile, en effet, de satisfaire à toutes les enquêtes, et je ne pouvais y contribuer, mon ignorance de la langue allemande étant une vraie barrière entre tous ces visiteurs et moi. Aux premiers jours, ce fait sembla même amoindrir mon utilité ; mais le docteur remarqua plus tard que cela valait mieux ainsi... Je serais morte de fatigue s’il m’eut fallu répondre à toutes
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les questions des étrangers se coudoyant dans son appariement.
Tl y avait, parmi les amis intimes du docteur, un monsieur que j’appellerai M. X., et qui avait la réputation d'étre rhomme le plus vigoureux delà Silésie. Il en était ostensiblement fier el dépensait beaucoup de temps en exercices d’athlète, se vantant de ses exploits devant le docteur, qui l’écoutait toujours avec bonne humeur.
— Aussi fort que vous soyez, fit le docteur un jour, je ne crois pas que vous puissiez retenir la table, si Walter essayait de la soulever.
— Vous le pensez vraiment? Eli ! bien, cher Monsieur, si Walter n'y voit pas d'objections je vais vous satisfaire sur ce point. Je voudrais bien voir l’esprit ou l’homme que je ne pourrais battre, si c'est une question de force.
— Voulez-vous que nous essayions, me dit le docteur. Ce ne serait pas mal de rabattre un peu la vanité de ce jeune homme.
Je ne fis point d’objections, et je m'assis à l’un des bouts d’une labié ovale, attendant ce qui allait se passer. A ma grande surprise, M. X. enleva son gilet, défit ses bretelles, se carra, et saisit la table inoffensive comme si elle était quelque animal indiscipliné qu'il fallût maintenir de force.
Voyant que la table ne faisait aucune tentative de remuer, lous ces apprêts me semblèrent inutiles, et je surveillai M. X. non sans curiosité. Il appuyait ses mains sur la table comme s’il eùl voulu l’in-