‹ Au pays de l'ombreChapitre 43 sur 71 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

ESriUTS MATÉRIALISÉS

Venant de ce pays nébuleux qui appartient au grand Inconnu.

Loxgfeli.ow.

Le résultat, obtenu ce soir-là, fut l’objet de vives félicitations réciproques parmi les membres de notre cercle. De grandes choses étaient à prévoir si l’on pouvait continuer à expérimenter dans cette direction. Quant à moi-même, je ne puis dire que j’éprouvai autre chose que la curiosité et l’intérêt tout naturels en présence de tels phénomènes. J’avais vu, à d’autres séances, des esprits matérialisés; mais,pour confesser la vérité, je n’avais pas été particulièrement frappée par ce que j’avais expérimenté de ce côté-là. Certes je ne doutais pas de la sincérité de ces manifestations, bien qu’en une ou deux occasions j’éprouvai une grande difficulté à me convaincre que j’avais affaire à un esprit et non à la forme du médium. Ce genre de manifestation ne m’attirait pas, et je craignais, en le cultivant, de dégrader ou

Le Médium et l’esprit matérialisé photographiés ensemble Le Médium cache ses yeux par crainte de la lumière du magnésium.

(D’après une photographie, Juin 1890).

Le Médium et l’Esprit matérialisé photographiés ensemble quelques secondes après l’épreuve précédente. l’Esprit avait couvert le médium d’une draperie que la lumière sembla dissoudre.

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d’abaissér, en quelque manière, le pouvoir que je possédais. Il se passa bien du temps avant que je visse la question telle qu’elle m’était présentée par mes amis. El voici ce qu’on m’eu disait : Que toutes les différentes manifestations sont d’égale valeur et également dignes d'étre étudiées; que tout fait pouvant être indubitablement prouvé est d’une valeur incalculable dans l’édification d’une science; enfin que ce genre particulier de phénomènes était l’un des plus désirés et des plus désirables pour établir les grandes vérités que les spiritualistes proclament, car il prouvait la réalité d’un autre état d’existence, comme l’existence d’un lien entre notre monde et le monde invisible. Tous ces arguments m’étaient opposés, et, quoique je ne visse pas encore l’immense valeur de ces manifestations comparées aux autres, je n’avais aucune raison pour aller à l’encontre des vœux de mes amis, et je finis par consentir, à contre-cœur, à continuer les expériences tant désirées.

Lorsque précédemment j'avais assisté à des séances de matérialisation, quelle qu’eût été mon opinion personnelle sur leur origine, je l’avais gardée pour moi seule; mais les autres, ;’i ma connaissance, n’avaient point usé de réticences, ni hésité à faire des remarques, rien moins que louangeuses, sur le médium comme sur les esprits. J’étais donc très ennuyée à la pensée que je m’exposerais probablement aux mêmes ennuis.

Ici, un ancien ami, M. A., qui avait déjà fait partie de notre premier cercle, s’interposa, et, pourprévenir

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tout désagrément de ce genre, proposa que nous agissions tout différemment. Nous choisi rions soigneusement ceux de nos amis s’intéressant à ce genre de manifestations, et nous les inviterions à se joindre à nous deux fois par semaine*; mais seulemenl à la condition que rien de ce qui pourrait arriver pendant ces réunions ne serait rendu public avanl l'expiration de douze séances; pendant ce temps, charnu de nous s’engagerait à assister régulièrement et ponctuellement aux séances, aucune excuse n’étant acceptée pour y manquer, sauf celle de maladie; et enfin dans aucune “circonstance les étrangers n’v seraient admis.

Ces invitations à conditions furent envoyées a environ quinze ou vingt de nos amis, et furent acceptées. De mon côté je m’engageai à faire tout ce que je pourrais pour bien remplir mon rôle. Je me prêtais très volontiers à une épreuve de six semaines, en me disant qu’on verrait bien, au bout de ce temps, s'il y avait quelque chose à gagner ou non, en poursuivant ce genre d’essais. Puis je devais bien une compensation à mes amis, car ils avaient suivi patiemment! les divers développements de ma médiumnité, prenant part à toutes nos expériences, dont quelques-unes avaient dû les ennuyer terriblement. Kn dépit de ma répugnance pour les phénomènes que nous nous proposionsd'étudier, jepensais qu'en consacrant six semaines à ce but, je récompenserais, dans une certaine mesure, mes amis de l’aide qu’ils m’avaient offerte sur la route de la Con-

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