‹ Au pays de l'ombreChapitre 53 sur 71 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

UN NOUVEAU COMMENCEMENT

Dieu défenditque je fisse cette chose, et je m’enfuis loin d’elle — Mourons virilement — ne souillons pas notre honneur.

Macchabées j. Ch. 9. v. 10.

Le résultat de cette catastrophe fut, en premier lieu, rébranlement complet de ma santé; en second lieu, une sainte horreur du nom de phénomène spirite, et, en déférence à mes désirs, ce nom fut banni de toute conversation pendant quelques années. Pourtant, grâce à l’air pur, au clair soleil de la Suède et à la vie toute active que je menais, flânant dans les forêts, canotant sur les lacs, travaillant dans mon jardin, faisant des promenades à chevalet en voiture, ma santé ne fut pas longue à se fortifier, bien qu’il lui fallut plusieurs années pour être complètement rétablie.

Avec le retour de mesforces, je fus capable, dans une certaine mesure, de me débarrasser de la dépression inorale qui pesait sur moi, et, en dépit de mes résolu-

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lions contraires, je me trouvai un jour réfléchissant siir le pourquoi et le commrnt, du désnslre arrivé en Angleterre. Cependant, fixée telle que je l’étais au milieu d’un peuple primitif, donl la foi naïve en Dieu et dans les enseignements de la bible n’a jamais éfé ébranlée, je n’aurais heureusement pu trouver le moyen d’exercer mes pouvoirs, excep té ceux de soulager les malades. Ici, en vérité, le pouvoir de l’esprit se fit connaître et apprécier.

Les pauvres gens ont des vies bien rudes dans ces régions de forêts presque vierges, où les chaumières sont semées sur de petites pièces de terre labourable, et u'ont aucune communication avec le monde extérieur. Ils cultivent le seigle pour la fabrication de leur pain et quelques pommes de terre qui doiventensuite être soigneusement préservées des gelées d’un long hiver.

Ces choses : le seigle et les pommes de terre, sont les denrées principales à porter au marché, et les pauvrespaysans sontbien heureux si leur petit terrain peut en produire assez pointeur permettre de vendre ou d’échanger une partie du coton ou delà laine, destinés à tisser les vêtements de la famille, ce qui est l’occupation de l’hiver, lorsque la terre est complètement gelée. Ils sont pauvres, mais heureux, tant qu'ils ont la force et la santé ; mais, lorsque survient un accident ou la maladie, leur sort est vraiment digne de pitié.

Nous avions donc à nous occuper de beaucoup de monde. Le docteur, appelé à soigner les paysanslors-

IFN NOIJVKAU COMMENCEMENT

qu’ils étaient malades, semblait évaluer à peu de chose la vie de ses clients, ou tout au moins la vie de ses pauvres clients.

Si on renvoyait chercher pendant une froide journée d’hiver, il montrait une répugnance considérable à entreprendre un long-voyage en traîneau. Kt si,après avoirpris tonies les informations possibles sur l’état du malade, il jugeait que le ras en question n’était point un cas de vie ou de mort, ou que le malade n’était pas d’une suffisante importance, au point de vue social, pour qu’il pdl risquer d’être accusé ensuite de négligence, il se décidait invariablement à remettre sa visite à un meilleur jour. Je ne pense pas que beaucoup de médecins ressemblent à celui dont je parte ; mais il avait cette manière d’agir; par conséquent les pauvres gens venaient à nous de très loin pour trouver du secours ; car on savait que nous possédions unepetite provision de médicaments usuels, ce qui était bien nécessaire, habitant à plu sieurs milles de la ville la plus rapprochée.

Ma clientèle augmenta rapidement, et les bons secours de mes amis les esprits étaient constamment réclamés. Le docteur, après un certain temps, ne manqua pas d’ordonner les médicaments proposés par eux, non parce qu’il croyait aux esprits, mais parce qu’il était ravi d’échapper à un ennuyeux voyage. Voyant que je ne prescrivais pas de poisons, il acceptait gaîment mes diagnostics et écrivait les prescriptions nécessaires.

Cela est étrange à dire, mais, pendant les étés où

nous résidâmes en cet endroit, deux seuls cas de mort furent constatés, touchant deux malades qui avaient été entièrement à la charge du docteur.

Ce fut la seule manière dont j'exerçai mes dons de médiumnité, jusqu'au moment où de nouveaux changements de vie m’amenèrent en contact avec des personnes qui étudiaient le spiritualisme et ses phénomènes. C’était pour la plupart des étudiants de la philosophie spirite; la pratique leur manquait, n’ayant point eu encore l’occasion d’expérimenter par eux-mêmes. Quelques-uns d’entre eux étaient les amis qui m’avaient précédemment soutenue de leur sympathie, et je ne pouvais qu’éprouver un fervent sentiment de reconnaissance envers ceux qui, en dépit de rapports calomnieux, me tendirent une main amicale en m’assurant de leur foi inébranlable.

Une série de séances, ayant pour but la photographie d’esprits matérialisés, fut organisée et couronnée de succès. Un rapport complet de nos expériences fut publié dans le Medium and I')u\jbreak i le 29 mars 1890, et les photographies obtenues furent reproduites dans la même revue, le 18 avril de celte meme année. Les photographies furent prises à la lumière du magnésium, et, quoique je fusse vivement intéressée au succès de ces essais, la lumière réagit douloureusement sur mes nerfs, qui, pendant une séance, sont sensitifs au plus haut degré.

C’est pendant ces expériences que je commençai à attribuer à leur véritable cause certains effets parti"

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culiersqui se produisaient après les séances. Depuis le commencement de nos éludes, j’avais toujours plus ou moins souffert de nausées et de vomissements après une séance de matérialisation; j’avais appris à accepter cela comme une conséquence naturelle de ces faits, conséquence ne pouvant être évitée.

Pendant la série de nos séances de photographie, ces désagréments augmentèrent de telle façon, que je restais généralement, pendant un ou deux jours après chaque réunion, dans un état de prostration, et comme jesemblais souffrirde tous les symptdmesd’un empoisonnementparla nicotine, nous finies des essais et nousdécouvrîmesqu’aucune de ces pénibles sensations n’étaient éprouvée quand les séances étaient suivies par des hommes n’ayant pas l’habitude de fumer. De même, lorsque des malades se trouvaient dans le cercle, je me sentais invariablement plus ou moins souffrante les heures suivantes. La compagnie de personnes faisant usage de l'alcool me causait un malaise presque aussi désagréable que celui provoqué par les fumeurs.

Ces séances me furent donc utiles en plusieurs manières. J’appris que bien des habitudes communes à la généralité des hommes, et sanctionnées par la coutume, sont nuisibles aux résultats d'une séance et dans tous les cas à la santé du médium. J’étais probablement devenue plus sensible à ces influences, car je n’eu avais point remarqué si fortement les mauvais effets en Angleterre. Il est possible

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aussi que par un heureux hasard, il y ait eu peu de fumeurs dans notre cercle anglais. Je ne sais pourquoi, mais presque tous les Suédois de notre réunion étaient des fumeurs, et j’avais à en souffrir.

Un autre résultat de ces séances fut si complètement inattendu que, pendant des semaines plus lard, je me demandais si je n’avais pas fait un mauvais rêve dont je serais bientôt délivrée.

Nos réunions avaient d’abord été instituées sans aucune intention de notre part de les tenir régulièrement. Voici quelle fut leur origine. L’un de nies jeunes amis me dit un jour :

— Ma petite tante, c’est demain mon jour de naissance. Aviez-vous l’intention de me faire un cadeau?

— Peut-être .. pourquoi?

— Parce que, si vous n’avez encore rien acheté, j’aimerais mieux avoir une séance. Vous savez, j’en ai parlé à un tas de monde, et ils sont toujours à me demander de les inviter à une séance. J’ai donc pensé que, si cela ne vous faisait rien, je préférerais une séance à un cadeau.

Je consentis, ravie de voir mon petit ami prendre un tel intérêt à la question. Ernest eut cependant bien des difficultés en organisant cette réunion, etplusieursjours s’écoulèrent avant qu'il put trouver un arrangement définitif. Il était accablé de demandes; mais le nombre des personnes admises à la réunion ne devait pas dépasser vingt ou vingt-cinq. Tous les invités étaient relativement des étrangers pour moi, bien que j’en connusse beaucoup de nom.

Yolande, telle qu’elle apparut matérialisée.

(.Photographie à la lumière dît magnésium le 8 mars i8go).

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I/uii d’entre eux, le fils de l'éditeur d’un journal local, était, à ce que j’appris ensuite, un théosophe enthousiaste, et prenait le plus grand intérêt au résultat de la séance; il était également photographe et c’est surtout grâce à ce fait que je consentis à la photographie des formes matérialisées.

L’idée, une fois lancée, fut encouragée, et une série de séances d’expériences photographiques fut organisée, beaucoup des assistants de la première séance voulant y prendre part.

Un minutieux et fidèle souvenir de chaque* séance élait noté par le photographe déjà nommé, qui poursuivait ses investigations avec le plus vif intérêt. Son enthousiasme gagnant les autres; les résultats furent bien meilleurs que nous 11 e l’eussions supposé.

Les manifestations spirites ne parurent recevoir aucun échec, grâce au contrôle sévère qui présida a leur organisation. Il me semblait en vérité que nos amis invisibles mettaient leur volonté à triompher de tous les obstacles placés sur leur chemin : ce qu’ils faisaient avec un succès complet.

Plusieurs photographies furent prises à la lumière; du magnésium, photographies reproduites ici, entre autres les portraits de « Yolande » et de « Leila ».

Ces photographies, qui étaient pour nous une source de satisfaction, devinrent, dans les mains de nos ennemis, le prétexte d’une attaque personnelle contre moi. Que le photographe simulât renlhousiasine qu’il témoignait, ou qu’il fiU simplement victime de la vénalité de ses amis, désireux de faire de

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bonnes affaires en publiai!I des articles sensationnels, je n’en sais rien. Je préfère penser qu’il ne fut que ['instrument de la calomnie, et le faire ainsi bénéficier d’un doute. Comme je l'ai mentionné plus haut, il prenait soigneusement des notes à chaque séance, et, lorsque nos réunions prirent Qn, il m’apporta un manuscrit- qu’il proposait de publier, avec mon consentement, quelque temps après. Les conditions d’admission aux séances avaient été telles, que nos expériences devaient être considérées comme strictement privées, et qu’on ne pouvait rien publier sans mon autorisation. Comme les autres, le photographe avaitaccepté cette clause..Je lus rapidement le manuscrit, et j’en lis une copie ; je barrai mon nom partout ou ij était écrit, et je renvoyai l’original à son destinataire, satisfaite de la manière impartiale dont il avait traité le sujet, ainsi que des qualités d’observation subtile dont il avait fait preuve dansle travail complet. Dans ce manuscrit, il s’exprimait comme ayant acquis certaines convictions et conservé certains doutes ; mais, quant à cela, je n’avais pas d’objection à faire, mes opinions étant en partie les mêmes. Un homme qui n’a pas de doutes à vaincre dans ses investigations ne promet pas d’être un allié sérieux.

Lorsque l’article parut cependant, quelques jours plus tard, sans mon consentement ou celui des autres assistants, ce fut dans des conditions de mutilation telles, er mêlé de telles accusations et de telles calomnies, que je fus à demi paralysée par l’horreur, refusant de croire à mes sens.

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U in était i ni possible de comprendre comment quelqu’un pouvait professer tant d'amitié, prendre tant de mal à écrire d'une manière impartiale, et, en même temps publier dés vues diamétralement opposées aux faits rapportés, non seulement par lui, mais par d'autres assistants.

Quand je place les deux articles l’un à côté de 1 autre et que j’essaye de les expliquer, il me semble inouï qu’une même personne les ait écrits tous les deux.

l/espace ne me permet pas de reproduire ici les deux comptes rendus; mais dans unprocbainvolume, je compte les donner in extenso pour laisser à mes lecteurs le soin de découvrir la vérité en résolvantee mystère.

Je n'ai aucun motif personnel pour faire quelque tort à cet adversaire égaré, dont je ne mentionne même pas le nom. Mais ce livre peut se trouver entre les mains de quelques-uns de ceux qui ont lu ces rapports mutilés ; ils pourraient prendre mon silence comme une confirmation de ces faussetés, el, par conséquent, les faire circulercomme des vérités, voyant que, jusqu’à présent, je n’ai point publié le rapport de ces séances, lequel eût montré clairement que le public avait été dupe. C’est donc simplement parle sentiment d'un devoirenvers ce public, et en particulier envers ceux qui ont été trompés, que je me suis décidée à donner cette explication.

Le rapport en question fut reproduit dans tous les journaux de la contrée, allongé, altéré, exagéré : des

articles de fond, du caractère le plus méchant, apparurent dans plusieurs des feuilles les plus en vue, entretenant pendanL trois semaines les Suédois de ma personne. Durant ce temps, l’indigna Lion de mes amis personnels était telle que j’eus à intervenir pour réprimer certains projets, nourris dans le but de châtier mes détracteurs.

Sans le soutien loyal de quelques-uns de mes amis, je n’aurais jamais supporté les angoisses de cette époque. Tout le monde me conseillait de partir pour un certain temps ; le promoteur du scandale luimême, énervé probablement par l’orage qu’il avait déchaîné, fut le premier à le conseiller. Mais, bien que j’eusse été désireuse de partir, d’échapper aux lettres anonymes, me versant chaque jour leurs viles calomnies, de fuir loin des insultes que je rencontrais à chaque tournant de la route, je me sentais effrayée, très effrayée à l’idée de tourner le dos à mes ennemis, et de faire croire ainsi leurs accusations fondées. Je restai donc à mon poste en essayant d’accomplir mon travail quotidien.

C’était une terrible épreuve : elle m’eut écrasée si je u’avais eu conscience de n’avoir rien fait pour la mériter. Mais cette contrainte continuelle commença d’ébranler gravement ma santé; et c’est souvent avec peine que je pouvais rassembler assez de courage pour faire ma promenade quotidienne, et pour supporter les remarques significatives des passants.

C’est à ce moment que les paroles si souvent répétées par mon père : « Fais ce que dois, advienne

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que pourra » devinrent comme une espace d’ancre de salut. Je me les redisais souvent, pour y puiser de la force et du courage.

Je ne partis donc point, et le courant d’iioslilité fut détourné, car une réaction se produisit. La violence des journalistes éveilla un élément d'antagonisme, même parmi des personnes qui n'avaient jamais donné un moment de considération au sujet du spiritualisme; par esprit chevaleresque, on défendit une femme persécutée sans pitié. De nouveaux amis m'entourèrent, et bien des soutiens sérieux furent gagnés à la cause pour laquelle je travaillais, soutiens qui n’avaient peut-être jamais entendu parler de ces questions, sauf à propos du blâme injuste jeté sur moi.

Plus tard, dans la môme année, une autre série de séances fut organisée, cette fois avec un vieil et précieux ami, l’honorable Alexandre AksakofT, de Saint- Pétersbourg, qui, avec quelques-uns de ses amis de Kussie, vint rendre visite à notre habitation. Notre objectif étant la photographie des formes matérialisées, le cercle, cette fois, ne fut composé que de nos amis russes et des membres de la maison. Nous y ajoutâmes quelques personnes sympalhiques, choisies parmi les assistants de notre première série.

Beaucoup de photographies furent prises, mais aucune ne fut tout à fait réussie, du moins pasde la manière désirée ; nous obtînmes néanmoins des choses inattendues et que nous n'avions point demandées. Quelques-uns de ces résultats fortuits furent très

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intéressants: l’un d’entre eux fut la photographie accidentelle d’une figure d’homme. Nous éclairions le cabinet pour essayer la lumière du magnésium, afin de savoir comment nous y prendre, le jour suivant, sans un accroc. Lorsque l’éclair jaillit, ce fut une exclamation générale : « Je vois le visage d’un homme derrière M ,ïie d’E. » En conséquence, ce cliché fut développé et on put y voir distinctement le visage d’un homme qui semblait se tenir derrière ma chaise ; un visage bien plus agréable à regarder que le mien, car la lumière fulgurante du magnésium m’avait fait tellement compacter les yeux et les traits, que je présentais un spectacle extraordinaire. Quel était cet homme ? Walter nous l’expliqua ensuite.

Le récit a été publié en entier dans le Medium and Daybreak, le 21 avril 1893, et reproduit plus tard sous la forme de brochure, en Allemagne et en Scandinavie, avec le titre de : Les morts sont vivants . L’histoire de cet incident serait trop longue à raconter ici ; mais en voici les principaux faits :

Un jour, le 3 avril 1890, j’étais très occupée 5 écrire des lettres d’affaire, lorsqu’on hésitant à tracer quelques mots, ma main écrivit le nom « Sven Strumberg ». Vexée d’avoir gâché ma lettre, je fourrai le papier dans un buvard et je l’y oubliai ; mais cependant il m’arriva de mentionner cet incident dans une lettre écrite plus tard dans la soirée.

Lorsqu’on interrogea Walter, lui demandant qui était l'homme photographié et s’il le connaissait, il répondit par l’écriture: «— Oh ! oui, ils’appelleSven

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Strumberg, il est mort eu Amérique, au Canada, le 31 ou le 13 mars, j'ai oublié la date exacte ; il dit qu'il habitait un endroit nommé Jemland ou quelque chose comme cela; sa femme et ses enfants, au nombre d’une demi-douzaine, sont encore en Amérique. Il vous demande de faire dire de suite à sa famille qu’il est mort, et mort grandement estimé et regretté. Et c’est tout. «

Nous priâmes Walterde nous donner déplus amples informations à cet égard, mais il semblait en avoir oublié les détails. Le lendemain il nous écrivit que Sven Strumberg avait émigré avec sa jeune femme, rie son village natal de Strdm, le nom qu’il avait adopté à son arrivée au Canada. Il s’établit dans un endroit éloigné appelé New .Stockholm, oit ses enfants naquirent, et où il mourut le 31 mars 1890, (rois jours avant qu’il écrivît son nom par mon entremise. 11 avait demandé à sa femme de communiquer les nouvelles de sa maladie et de sa mort à ses parents et à sa famille dans le pays natal, et comme elle n’en avait rien fait, il était désireux de les en voir informés par d’auLres : voici l’explication de sa récente apparition parmi nous.

L’histoire entière nous fut dite par Walter avec son humour habituelle. Il l’entremêla de remarques regardant feu Sven Strumberg, lequel, paraît-il, ambitionnait de faire comprendre à ses amis de Suède qu’il était devenu un homme d’importance dans son établissement canadien.

M. F. entreprit d’informer la famille de Sven de sa

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mort. L’histoire fut racontée au consul Ohtèn, le représentant de la Suède à Winnepcg, et celui-ci fut prié de faire les enquêtes nécessaires pour arriver à la vérité. Vivement frappé de ce rapport, il publia la lettre dcM F. dans le Canadcn-Saren et la Manitoba Free Press, et le résultat fut que l’on obtint confirmation complète du récit, et de chaque détail rapporté par Waller. Plus tard quelqu’un ayant lu l’article de ce journal l’apporta à >I mo Strumberg, la veuve, et celle-ci déclara qu’elle avait écrit en réalité à ses parents de Suède, mais que le bureau de poste le plus rapproché était à douze milles de son habitation, et qu’elle n’avait pas eu le temps d’y porter la lettre, la mort de son mari lui ayant laissé beaucoup d'occupations sur les bras. La pauvre femme fut tellement effrayée en lisant la lettre de M. F. qu’elle porta immédiatement sa lettre à la poste.

Voici, en résumé, les détails de ce fait. Le dossier complet de cette volumineuse correspondance, avec l’énumération des faits énoncés, ainsi que la vérification de tous les rapports, se trouve entre les mains de M . Fidler, de Gothenburg, qui eut de nombreux ennuis en s’occupant de ces recherches.

Uneautre de nos manifestations inattendues m’intéressa beaucoup plus que l’apparition de Sven Strumberg, dont le nom finit par m’agacer, tant je t’entendis souvent répéter. Cette manifestation fut la plus belle production de Yolande, etla dernière également, car ensuite elle nous dit adieu et nous quitta pour ne plus revenir, comme nous le pensions alors

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