LE LIS DOUÉ
avions prises, et une couple de fleurs restées suivie parquet. La terre avait été enlevée du pot où elle était demeurée huit jours, aucun signe n’en demeurait. Plusieurs des membres de notre cercle déclarèrent que la plante avait disparu instantanément. Le parfum sembla se répandre un moment dans la chambre pour s’évanouir ensuite. Le moment exact de la disparition du lis ne put être fixé ; ni la manière dont il fut enlevé, toujours est-il que de lis il n’y en avait plus.
Pendant la semaine où le lis fut en notre possession, nous eûmes plusieurs conversations avec Walter à son sujet. Nous désirions obtenir l’autorisation de le photographier avant de prendre la responsabilité de le faire, et nous demandâmes à Waller de nous aider à obtenir cette permission. Nous demandâmes d’abord : — Que deviendra le liliuiu aura tum ?
— Ceci est plus que je n’en sais moi-même.
Yolande est très inquièfe à son sujet, et désire essayer de le reprendre cette nuit.
— Ne pouvons-nous en payer le prix et le conserver ?
— Vous le pourriez si vous saviez d’où il vient; mais Yolande elle-même ne peut le dire. De toute manière, il est destiné à être repris si elle peut s’en tirer ; sinon il restera ici.
— Pourquoi donc la nécessité absolue de le reprendre ?
— Avez-vous si mal étudié votre catéchisme? On a
dit à Yolande de ne pas prendre des choses qui ne lui appartenaient pas. Cela ne sert à rien, du reste, de raisonner avec quelqu’un de son sexe. Elle veut reprendre le lis, el je suppose qu’elle le reprendra.
— Pouvons-nous l’apporterici pour le regarder et prendre quelques mesures ?
— ,1e ne sais pas. Yolande a donné ordre qu'il ne fut pas porté dans un endroit clair.
— Nous l’avons arrose.
— Ne failes rien d’autre, ou elle m’en blâmera.
— Donnez nous, si vous le pouvez, une explication sur l’origine de la plante.
— Je ne le puis, je sais seulement qu’elle était ici près de vous la nuit dernière, et prête à être matérialisée, au moins une heure avant que vous ne la vissiez.
— Vous voulez dire qu’elle était ici avant la séance ?
— Avant que personne ne vint à la séance. Yolande me dit que la plante était prête mais qu’elle craignait de ne pouvoir la matérialiser à cause des mauvaises conditions de cette soirée.
Une autre curieuse petite circonstance, ayant rapport au lis, fut que Yolande, ne pouvant nous dire d’où venait la plante, nous dit qu’elle nous le ferait savoird'uneautre manière. La nuit de sa disparition, avant qu’elle eût été dématérialisée, nous trouvâmes un petit morceau de toile grise sur sa tige; la tige était passée dans un trou au centre de la toile. Comment ceci arriva, c’est un mystère tout comme le
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rosie. («o fragment d’étoffe n’y était pas encore lorsque nous photographiâmes la plante à la lumière du jour. Mais, selon toute apparence, il s’était formé là, et ne pouvait être enlevé. Yolande, cependant, engagea M. Aksakroff à le couper, le détachant ainsi de la tige,ce qu’il lit. On n’y trouva aucune trace de déchirure ; rien, saufle trou rond dans lequel la lige avait été passée. Yolande nous dit l’avoir pris dans la contrée où le lis avait poussé. En faisant un examen approfondi de ce petit morceau de toile grise, on le supposa devoir être un fragment de l’enveloppe d’une momie; la toile élait encore parfumée des senteurs employées à l'embaumement.
Nous en vînmes à comprendre que la plante avait été apportée de FKgyple. Quelque temps auparavant, M. Oxley avait donné à M. Fidler un morceau d’enveloppe de momie, pris dans l’une des tombes royales, aux Pyramides. Cette toile était d’un tissu très fin lorsqu’on la comparait à la toile des enveloppes employées pour embaumer des personnages moins importants. Elle avait dix mille mailles ou fils par carré d’un pouce, tandisquela toile trouvée sur le lis ne contenait que deux mille cinq cent quatre-vingt-quatre fils par carré d’un pouce.