‹ Au pays de l'ombreChapitre 58 sur 71 · DBS TÉNÈBRES VERS LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

DBS TÉNÈBRES VERS LA LUMIÈRE

la paix: éternelle du la tombe, je commençai â craindre que la mort ne me surprît avant l’accomplissement de ma lâche. Et j’étais impatiente de me mettre à l'œuvre.

Une maladie, causée peut-être par mes angoisses, jointes à un lroid accidentel, coupa court à la question des expériences ; et lorsque le docteur sembla douter de ma guérison définitive, j’éprouvai un sentiment de soulagement en pensant que, par la mort, j’échapperais à cette tâche humiliante; en môme temps je ressentis une sorte de triomphe en me disant que j’allais être empêchée de tenir ma Résolution, en dépit de moi-même. Je me félicitai du sacrifice résolu auparavant, tout en me réjouissant intérieurement à la pensée que la mort allait trancher la question sans me consulter. C’était la liberté.

Ce serait aussi la fin de mes doutes, au moins pour moi personnellement. Je saurais si les communications et les manifestations spirites étaient vraies.

Si elles ne l’étaient pas, l’humiliation de confesser mes torts me serait épargnée. Mais si elles l’étaient! Et si, pour quelque raison, je ne pouvais plus venir proclamer la vérité!... Eh bien! il n’y aurait, au moins, rien â confesser! Oe toutes façons, j’échappais ainsi à la tâche que je m’étais imposée, et je pouvais laisser les autres chercher la solution pour eux-mêmes.

Mais je pensai ensuite que celte manière de raisonner était égoïste et lâche. Si j’avais fait du tort aux autres, je devais essayer, à tout hasard, de corriger

AU PAYS DE i/OMBRK

lu mal. Si je mourais, c’était en perdre l'occasion. (Vêtait laid de désirer mourir pour échapper à une tache nécessaire. Je n'avais pas le droit de laisser à d'autres cette œuvre de réparation. Non ! je devais l'accomplir moi-méme et prouver la vérité ou la fausseté de cette grande question. Qu’elle fut réelle ou illusoire, je ne devais pas faillir à le faire savoir.

Je commençais de me trouver en voie de guérison. Il fallait me guérir. Malade je ne pouvais rien faire el je perdais un temps précieux;. Je comptais donc les heures et les jours qui fuyaient, en attendant le moment de remplir mon devoir habituel.

(Vêtait un dimanche matin, par un beau jour d'été. Je m’étais jetée sur le sofa avec un livre, mais mon esprit agitait mille projets ayant rapport aux expériences que je voulais organiser. Aussi je ne faisais guère attention aux pages de mon livre. Je ressentais une curieuse sensation de faiblesse et d'abattement, et les pages imprimées que je tentais d'éludier devenaient étrangement indistinctes. Allais-je me trouver mal ? Tout devint sombre el je crus que j'allais retomber malade. Je voulus appeler quelqu'un à l’aide, mais je me rappelai qu'il n’y avait personne de ce côté-ci de la maison.

Le malaise passa presque immédiatement, et je fus contente de n’avoir dérangé personne. Je regardai mon livre; chose étrange! il me semblait si loin et si obscur! J’avais quitté le sofa, mais quelqu’un d’autre s’y trouvait et tenait le livre. Qui cela pouvait-il être?

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