IX. L'Instruction publique : l'Université et les grandes
ÉCOLES, les lycées, LES COLLÈGES, LES ÉCOLES PRIMAIRES. —
L'Etat de Sâo Paulo peut, à juste titre, s'enorgueillir d'être celui de tous les Etats du Brésil qui dépense le plus pour l'instruction publique; le budget destiné à l'enseignement, qui était de 1.343 contos en 1891, s'élevait à 15.000 contos en 1014,
figurait pour 17.000 contos, soit plus de 60 millions de francs au change moyen de ces derniers temps, pour Texercice 1919.
L'instruction publique, dans tous les degrés, a été organisée d'accord avec les progrès de l'enseignement moderne, en créant des écoiles primaires, secondaires et normales, des écoles pour former des ingénieurs, ées écoles de médecine et agricoles, des instituts professionnels, des instituts agronomiques, des champs de démonstrations, des postes zootechniques, etc. Bien que, suivant la Constitution Fédérale, l'instruction publique soit en^tièrement laïque et que l'on n'enseigne aucune religion dans les écoles, la liberté de l'enseignement est complète, de Gouvernement se bornant à un droit de contrôle au point de vue de la morale et de l'hygiène.
Sâo Pau/lo étant le siège du Gouvernement et le centre de la vie intellectuelle, sociale et comonerciale de l'Etat, on y trouve tous les établissements dignes d'une grande cité avancée dont lia culture ne reste pas en arrière du développement matériel. L'enseignement supérieur secondaire et professionnel y est donné par :
L'Université de Sâo Paulo, formée de la Faculté de droit et de la Faculté de médecine. et de chirurgie, l'Ecole polytohnique, l'Ecole de pharmacie et d'odontologie, l'Ecole des Beaux- Arts, le Lycée d'arts et métiers, le Conservatoire dramatique et musical, le Lycée de l'Etat, l'Ecole d'apprentis artificiers, l'École professionnelle masculine, une autre féminine, une école normale supérieure et deux écoles normales primaires, l'école modèle Caetano de Gampo, une école modèle isolée. Un lycée franco-brésilien a été créé tout dernièrement.
L'enseignement primaire est donné dans la ville par 32 groupes scolaires, 2 écoles modèles et 1 jardin de l'enfance, outre un certain nombre d'écoles maternelles, ce qui donne le chiffre de 190 écoles pour la capitale seulement. A côte de ces établissements officiels il existe, dans la ville, une cinquantaine de collèges, lycées, écoles primaires libres, où l'enseignement est fourni par des associations d'instruction et par des congrégations religieuses, dont beaucoup sont françaises; on pourrait en compter IJO dans tout l'Etat; ces établissements, dont 38 sont subventionnés par le Gouvernement pour un. total de 200 contos, distribuent l'enseignement supérieur, secondaire, artistique, professionnel et primaire.
D'après le dernier message du Président de l'Etat, et oon-
formément au calcul de la Direction générale de rinstnuction publique, il y avait dans TEtat 480.200 enfants d'âge scolaire de 7 à 12 ans, sur lesquels 233.000 seulement fréquentent les cours primaires et 16.000 les cours supérieur ou secondaire. En dehors des 32 groupes scolaires de la capitale, 142 groupes fonctionnent dans Tintérieur. Il y a, en outre, plusieurs écoles complémentaires pour compléter Tinstruction primaire dans les villes de Sâo Paulo, Itapetininga, Piraçicaba, Gampinas, Ouaraiingueta, etc. Par suite de manque de professeurs primaires, d'instituteurs, une loi accorde aux élèves' formés par ces écoles le brevet d'instituteur d'une certaine catégorie.
LfC nombre des classes des groupes de la capitale est de 618, celui des groupes de l'intérieur de 1.794, ce qui donne un total de 2.412 classes. Le nombre des écoles réunies passe de 15 à 31 en une année.
Les écoles isolées donnent un total de 1.595, dont 637 urbaines, 794 de district et 164 rurales.
Les groupes scolaires construits dans la capitale et les principales localités de l'Etat sont des édifices absolument parfaits sous le rapport du confortable, de l'hygiène et même de rarchitecture. L'Ecole normale de Sâo Paulo, installée dans un bel édifice modern-e et de vaste dimension, est un modèle du genre; dans des annexes fonctionnent une école modèle avec 500 élèves et un jardin d'enfance avec 250 enfants de trois à six ans. Nous pouvons affirmer que nous n'avons jamais vu ailleurs rien de mieux sous le rapport de l'installation, du matériel, de l'hygiène et surtout des méthodes d'enseignement; que des enfants de dix ans ont des connaissances générales supérieures, en particulier pour le dessin et les travaux manuels, à celles des élèves de douze ans de la plupart de nos écoles primaires.
Sous nombre de rapports, nous trouverions beaucoup de chosfes à apprendre ou à imiter de ces écoles modèles, copiées en grande partie des écoles américaines. Nous devons bien vite ajouter que les écoles des petits centres de l'intérieur, dites écoles isolées, sont loin d'atteindre ce degré de perfection et sont en général formées d'une seule classe.
Les documents officiels se lamentent de voir que, malgré la sollicitude des pouvoirs publics, malgré qu'on ne ménage pas l-es ressources et les efforts pour instruire la population, une grande partie de celle-ci reste sans instruction, la diffu-
sion de renseignement, faute d'assiduité et d'écoles, qui, dans certaines régions, manquent de personnel enseignant, ne répondant pas encore aux nécessités des habitants et aux aspirations du Gk)uv€rnement.
Quoi qu'il en soit, au point de vue intellectuel, l'Etat reste à la tête de l'Union et peut marcher de pair avec la capitale de la Confédération, et il reste lui-même, vis-à-vis des autres- Etats, une école d'enseignement pratique.