‹ Au pays de l'or rouge: L'état de São Paulo (Brésil) Ses ressources - ses progrés - son avenir. Ètude générale économique et descriptiveChapitre 43 sur 72 · MO · texte numérisé non relu

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Ces quantités comprennent le sucre de tous jets produit par les usines de toutes catégories de l'Etat. La valeur est calculée d'après les prix moyens en vigueur au cours de chacune des années indiquées.

* Des gelées exceptionnelles dans l'Etat occasionnèrent cette année-là, des préjudices énornaes dans les plantations de cannes ft sucre et de café.

VIU. Production de l'alcool. — En ce qui concerne l'alcool et Teau-de-vie, voici le total de la production :

Années Litres Valeurs

Les grandes sucreries contribuèrent pour 3.193.692 , litres sur cette quantité totale d'alcool. Les prix les plus. généralement pratiqués furent de 500 reis à 1 milreis par litre d'eaude-vie et de 800 reis à 1 milreis par litre d'alcool.

La production de sucre de l'Etat de Sâo Paulo est évaluée à 90.000 tonnes minimum. Gomme la production est insuffisante pour la consommation interne, l'Etat doit importer, par le port de Santos, environ 60.000 tonnes de sucre provenant des Etats de Pernambuco, Alagoas, Sergipe, etc. Une petite partie de la production pauliste est cependant exportée pour les Etats voisins. Ces chiffres indiquent que l'industrie sucrière est susceptible d'une grande extension et que les capitaux qui y seraient investis y trouveraient une rémunération avantageuse, sans avoir à chercher de débouchés pour les sucres fabriqués.

IX. Une ancienne culture, le tabac, les zones productrices. — Gomme la canne à sucre, le tabac est une des plus anciennes cultures de Sâo Paulo, où il y fut planté pour la première fois en 1777. Ginquante ans plus tard, l'Etat produisait 300.000 kilogrammes de cette denrée, dont la moitié était exportée par le port de Santos. La production augmenta peu à peu pour atteindre, ces dernières années, une moyenne de 2.300.000 kilogrammes, avec des alternatives de diminution et d'augmentation assez sensibles.

La majeure partie de ce tabac est employée par les fabri- . cants de cigarettes éiablis dans l'Etat ou envoyée aux grandes fabriques de Rio de Janeiro.

AUTRES CULTURES. COTON, CANNE A SUCRîf, ETC. 497

La cuKure du tabac, qui occupait en 1904-05 une extension de 1.994 alqueires, s'étendait, en 1919, sur 13.259 alqueires. Elle fait la richesse de plusieurs municipes, entre autres ceux de Tiété, de Descalvado et de S. Luiz do Parahytinga; la zone la plus favorable serait celle du Nord de TEtat, dans le voisinage de Minas Geraes. Cette culture réussit également très bien dans la zone desservie par le chemin de fer Sorocabana, à Sâo Miguel Archanjo^ Itaporanga, Itapetininga, eftc. Le centre le plus important de la zone Nord est Sâo Bento de Sapucahy, district qui exporte -chaque année, pour Rio de Janeiro, 250 à 300.000 kilogrammes de tabac, vendu comme tabac de Minas. En dépit des mauvaises méthodes employées et des grossières manipulations auxquelles sont soymises les feuilles, ces tabacs, ainsi que ceux de Descalvado et Parahytinga, ont la réputation d'être parmi les meilleurs tabacs du Brésil et obtiennent des prix plusieurs fois plus élevés que ceux de toute autre région.

X, Epoque des plantations, frais de cultures, rendement, PRODUCTION ANNUELLE. — Lcs plantations se font de décembre à mars et, en' d'autres endroits, d'octobre à novembre. Les principales qualités de tabac cultivées sont : le Havane, le Virginie, le Belem, le Jorge Grande et le Georginho. Les frais de culture varient considérablement suivant les endroits.

A Itapetininga, les dépenses pour mettre en état un alqueire de 24.200 mètres carrés de tabac s'élèvent à 1 conto 058. La production d'un alqueire est de 100 arrobes ou 1.500 kilogrammes de tabac, ce qui donne une récolte de 42 arrobes ou 630 kilogrammes à l'hectare; le prix de revient d'une arrobe de tabac est de 10 $ 500.

A Piraci'Caba, les dépenses pour une même plantation de. 2 h. 42 ne sont que de 920 milreis. La production est de 160 arrobes de tabac en corde, soit un rendement de 66 arrobes ou 990 kilogrammes à l'hectare. Le tabac de cette zone se vend 35 et 50 milreis pour les qualités régulières et bonnes.

En d'autres districts, comme en Brotas, les dépenses à l'alqueire sont inférieures à ces chiffres, mais le rendement n'est que de 30 arrobes ou 450 kilogrammes à l'hectare. Là, on plante en décembre et février et l'on récolte en avril et mai.

La production de Sâo Paulo, en tabac, oscille suivant les années de 130 à 190.000 arrobes; la récolte 1919 produisit

130.316 arrobes de tabac en corde, dépassant un peu celle de 1917-18 qui ne fut que de 116.070 arrobes, contre 190.496 en 1916-17. Les prix extrêmes payés pour ce tabac vont de 20 à 60 milreis par arrobe.

Le tabac est un très bon produit d'exportation t malgré la guerre faite au tabae par les hygiénistes, Tusage de Therbe à Nicot ne fait que s'accroître considérablement au lieu de diminiler, c'est pourquoi Sâo Paulo pourrait produire du tabac en bien plus grande quantité; il pourrait aussi devenir le marché de Texcellent tabac de l'Etat de Goyaz. C'est sans doute parce qu'elles exigent Un peu plus de main-d'œuvre que certains autres produits que les plantations de tabac ne prennent pas une aussi grande extension qu'elles le pourraient ei devraient; nous avons vu plus haut que les plantations de tabac couvraient 199.000 hectares.

XI. Le riz, zones de cultures, variétés. — Le riz est à l'ordre du jour dans les milieux agricoles de Sâo Paulo où sa culture a admirablement progressé depuis 1910, époque où elle a été entreprise sur une grande échelle. Les premières cultures eurent lieu, il y a quelque temps déjà,*dans la vallée de riguape, puis elles s'étendirent dans les vallées des rios Parahyba, Pardo, Mogy-Guassù, Tiétè, en raison des naesures d'encouragement et de protection adoptées par le Gouvernement de l'Etat. Une station modèle d'expérience^et de démonstration fut, à cet effet, fondée à Moreira Gesar, dans la vallée de la Parahyba; d'autres furent créées par la suite en différents centres, car presque tous les terrains de l'Etat se prêtent à cette culture.

Il existe beaucoup de variétés de riz, mais, à Sao Paulo, on plante de préférence le riz du Japon, le caltete, ïagulha ou aiguille, le riz blanc d'Iguape, de Gananea; le caitete se subdivise en « cattete dourado » ou doré, « cattetinho » ou petit doré, etc., tous très productifs. Dans la majorité des plantations de l'intérieur de l'Etat, on a adopté dernièrement le type « doré », dont les semences peuvent être acquises dans la aone Nord (Taubaté Guaratingueta, etc.). Cette variété, très résistante, donne généralement les meilleurs résultats.

Le riz est de bonne qualité, mais, en général, il était mal travaillé, décortiqué irrégulièrement, on y constatait une trop grande proportion de brisures; mais, en même temps que la

culture s'étendait, le travail s'améliorait. Les cultivateurs de riz adoptèrent i>eu à peu les méthodes modernes, le système d'irrigation et le machinisme perfectionné. Il en résulte une grande production, à moins de frais, si bien que les cultivateurs de riz gagnent largement leur vie. La méthode sèche est aussi largement employée que l'irrigation ; celle-ci n'a besoin que d'un nettoyage, contre deux aux plantations en terrain sec. L'époque des semailles varie entre fin août et décembre, la récolte se fait six mois après et €st terminée en mai et juin.

XIL DÉPENSES DE CULTURES ET RENDEMENT. L'EtAT D'IMPOR- TATEUR DEVIENT EXPORTATEUR. PRODUCTION. — LcS tcrrCS déjà

cultivées s'adaptent le mieux à la culture du riz, les dépenses diffèrent notamment suivant les régions, variant de 285 milreis dans le municipe de Brotas à 750 milreis à Piracicaba, pour un alqueire planté.

Une production acceptable pour l'Etat varie entre 100 et 200 mesures de 50 litres, soit 5 à 10.000 litres pour chaque 2 hect. 42, ce qui donne de 2.060 à 4.120 litres à l'hectare. Les terres vierges fournissent de 70 à 100 mesures de 50 litres pour une de semence.

Les récoltes sont faites à la faux dans les petites cultures, dans les grandes exploitations elle s'effectue avec la moissonneuse-lieuse et le riz y est égrené à /la batteuse actionnée à la vapeur, à l'eau ou à l'électricité. La pelure et la paille peuvent être utilisées comme combustible, comme matière première pour la fabrication de papier ordinaire et l'emballage des objets projetés.

La- population de l'Etat consomme une très grande quantité de riz, c'est la céréale qui donne le plus beau résultat commercial; la vente en est toujours assurée d'avance à des cours rémunérateurs qui varièrent en 1019, suivant qualité, entre 10 et 25 milreis par sac de 60 kilogrammes pour le riz non décortiqué.

Depuis 1900, Sâo Paulo importait ime moyenne de 25.000 tonnes de riz; à partir de 1910, les choses commencèrent à changer et, en 1914, l'Etat suffisait déjà à sa consommation. La guerre, avec ses formidables complications, a encore amené le Gouvernement de l'Etat à demander aux agriculteurs à intensifier leurs cultures. Cet appel fut en-

tendu, et aujourd'hui l'Etat de Sâo Paulo, non seulement n'importe plus de riz, mais sa production donne un excédent permettant une exportation moyenne annuelle de 20.000 tonnes (22.204 tonnes en 1017) sur les 42.t500 exportées par le Brésil entier.En 1919, la valeur du riz exporté est de 7.036 coritos; en 1920, le riz figure au tableau de l'exportation pauliste pour une valeur de 59.893 contos.

La production du riz pour l'année agricole 1918-19, quelque peu supérieure à celle de l'année précédente, s'éleva à O.365.100 sacs, d'une valeur de 48.784 contos. Cette production pourrait être doublée et triplée suivant les demandes de l'étranger.

XIII. Les haricots du Brésil en Europe. Variétés. Les différentes RÉCOLTES. — Jusqu'en 1915, les haricots du Brésil (feijoes) étaient peu connus en Europe. La récolte brésilienne, pourtant abondante, servait seulement à la consommation du pays, car le haricot est au Brésil, avec le riz, le plat indispensable à tous les repas, aussi bien sur la table du riche que sur celle du pauvre. Malgré la production considérable de haricots, la consommation nationale est telle que l'Etat de Sâo Paulo, ainsi que le reste du Brésil, importait, jusqu'à ces dernières années, des quantités très importantes du Rio Grande do Sul, du Chili, et des haricots blancs du Portugal. En 1916, cependant, par suite de la diminution des récoltes en France et de l'arrêt dans l'importation dès haricots des pays producteurs, tels que les Etats du Danube et notamment la Hongrie, et, d'autre part, par suite de l'augmentation de la consommation des légumes secs par les armées, le Gouvernement français fut amené à étudier l'importation des haricots du Brésil, et, en 1917, des achats importants furent réalisés par les nations de l'Entente.

A la suite de l'appel lancé en 1915 par le Président du Brésil, en faveur du ravitaillement des Alliés, l'extension des cultures devient prodigieuse L Sâo Paulo, si bien que c'est principalement cet Etat qui donne la majeure partie de la récolte brésilienne, le Rio Grande do Sul étant passé au second rang.

D'après le recensement a'gricole de 1919, la superficie exclusivement cultivée en haricots couvrait 59.803 alqueires; nous savons que le haricot est aussi planté entre les espaces laissés par d'autres cultures.

XIV. Rendement a l'hectare. Dépenses. — Il existe au Brésil de nombreuses variétés de haricots; les plus cultivées à Sâo Paulo sont : le blanc, le noir et le brun ou « mulatinho ». Cette dernière qualité est des plus appréciées par les consommateurs de Sâo Paulo qui ont presque abandonné pour lui les haricots noirs, quoique cette variété soit plus nourrissante et de culture plus lucrative.

Les haricots sont des plantes de culture facile et rapide, mais très exigeantes quant à la qualité de la terre, qui doit être fraîche et fertile; les espèces grimpantes sont, dans le plus grand nombre de cas, semées dans les plantations de maïs où elles se servent des tiges comme de soutien. Les plantations de haricots se font en septembre et en janvier ou février. On fait généralement deux récoltes annuelles; ceux plantés en septembre sont dits « feijao da secca », haricot de période s,èche, ils se récoltent en mars-avril; ceux plantés en février sont dits « feijao das aguas », haricot des eaux, ce dernier se conserve moins facilement et le rendement est moins grand que celui de la saison sèche.

Les récoltes les plus abondantes sont celles obtenues en terrains déboisés, dont la végétation a été incendiée. Le terrain a ensuite besoin d'engrais; les terrains glaiseux sont les plus favorables, mais les sols d'alluvions plus ou moins argileux, frais et bien retournés, donnent plus de rendement.

A Sâo Paulo, une production acceptable par alqueire de 2 h. 42 a varié entre 35 mesures de 50 litres ou 1.750 litres en certains endroits et 100 mesures ou 5.000 litres en d'autres, ce qui donne un rendement à l'hectare de 675 à 2.400 litres, fraction négligée. En moyenne, 1.537 litres représentent la production à l'hectare la plus commune des bonnes terres.

A Piracicaba, un alqueire produit 120 mesures de 50 litres ou 6.000 litres, ce qui donne 49 mesures, soit 2.450 litres à l'hectare. Les dépenses s'élèvent à 400 milreis par alqueire, mais ces frais varient énormément suivant que le sol a besoin d'être plus ou moins défriché. A Brotas, par exemple, les dépenses sont évaluées à 190 milreis. Une mesure de semence rend généralement vingt mesures de haricots.

XV. Production et exportation. — En raison de l'impulsion donnée par le Gouvernement, de l'importance des demandes et des excellents prix obtenus, les cultures de hari-

cots s'intensifièrent si bien que, d'importateur, TEtat de Sâo Paulo devint exportateur et que le haricot arrive à occuper la troisième place sur le tableau de l'exDortation ; les chiffres suivants indiquent la progression, laquelle marque une diminution en 1919 :

Années Tonnes Vaîear»

1918 54.749 24.264:726$ (sur les 70.000 tonnes exportées

par le Brésil entier)

Il s'agit là de l'exportation; la production donne des quantités énormes : 3.135.120 sacs de 60 kilogrammes, valant 51.730 contos, en 1916; 2.589.540 sacs, d'une valeur de 58.264 contos, en 1917; 3.129.868 sacs, en 1918, représentaient une valeur de 71.986 contos; en 1919, dépassant la précédente, la production des haricots s'éleva à 3.522.780 sacs, pour une valeur de 44.034 contos. Les prix généralement pratiqués dans l'intérieur furent de 10 à 15 milreis le sac.

XVI. La céréale la plus cultivée, le maïs. Variétés, ensemencement, RÉCOLTE. — Le maïs est, avant le haricot, la céréale la plus cultivée dans l'Etat : il en existe d'innombrables variétés. Les plus en faveur sont celles dont les grains sont rouges, jaunes et blancs, exception faite de la variété connue sous le nom de maïs dent de cheval, qui constitue la variété fourragère par excellence. Les meilleures variétés sont celles dont les grains sont durs. Elles sont connues à Sâo Paulo sous les noms de cattete rouge, maïs jaune et cristal, plus une variété aux grains rouges et grenus, généralement connue sous le nom de maïs « quarentino », qui donne deux récoltes dans une période de six mois, tandis que les autres variétés ne donnent qu'une récolte en cinq mois.

Nous n'apprendrons rien à personne en disant que le maïs a une double valeur; comme fourrage dans l'alimentation des animaux et comme denrée alimentaire, puis comme matière première pour plusieurs branches d'industrie. De cette ce-

réale d'origine américaine rien ne se perd : il est avéré que la farine de maïs possède tine valeur nutritive plus grande que celle du froment, il donnerait un pain exquis si l'on avait trouvé un procédé d'en faire lever la pâte pour le rendre panifiable comme le blé.

Le maïs est une plante herbacée d'un mètre et demi à deux mètres de hauteur, produisant de deux à cinq épis, suivant la variété. Bien qu'il prospère dans toutes les terres, le sol qui convient au maïs est le sol sablonneux, avec proportion d'au moins 20 à 30 %. Eviter les terrains froids, trop humides et durs. En ce qui concerne le climat, il n^y a pas de localité dans tout l'Etat de 8âo Paulo où le maïs. ne produise pas, pourvu que le terrain soit bon, bien labouré et perméable.

L'ensemencement se fait de septembre à décembre, suivant le cours de la saison ; on dépo&e trois ou quatre grains à 15 ou 20 centimètres d'intervalle dans une fosse ou sillon, la terre qui recouvre cette semence est légèrement foulée. On laisse généralement 1 m. 20 entre chaque sillon afin de rendre plus commode l'arrachage des mauvaises herbes.

La récolte se fait cinq mois environ après les semailles. On cueilje les épis un à un pour les porter au dépôt, ou bien on coupe les tiges à la faux à 10 centimètres au-dessous de l'épî inférieur. Une fois bot/telé, on l'expose au soleil pendant quelques jours. .Dans les grandes plantations, c'est la moissonneuse mécanique qui coupe et bottelle les tiges avec les épis, comme on le fait aux Etats-Unis et dans la République Argentine pour le maïs et le riz.

XVn. Rendement et production. — En ce qui concerne le rendement, la moyenne de production dans l'Etat de Sâo Paulo est, par alqueire, de 4 à 5 chars d'une contenance de 1.000 litres de maïs pour les terres fatiguées. La rccolte est de 6 à 8 chars dans les bonnes terres, soit 6 à 8.000 litres. La production d'un hectare est évaluée, plus ou moins, entre 1.500 et 2.000 litres et entre 2.500 et 3.000 litres. Une production de 10 chars par alqueire n'est pas rare, mais elle exige une terre fertile et bien travaillée. Ces rendements sont appréciables si l'on considère qu'à Sâo Paulo comme dans tout le Brésil, le maïs n'est jamais planté seul; le riz, le coton, la pomme de terre, le manioc même sont plantés entre ses files.

Les dépenses pour un alqueire planté en maïs varient na-

lurellement, suivant le terrain, de 180 à 250 milreis. L'enseraencement de 2 h. 42 nécessite 50 litres de maïs. Dans la zone Nord de Sâo Paulo, la production d'un alqueire de terre varie entre 5 et 8.000 litres pour 50 litres de semences.

En 1004-05, la superficie cultivée en maïs, dans l'Etat, était de 149.384 alqueires; le recensement de 1919 montrait un accroissement considérable, avec une extension de 336.852 alqueires plantés en maïs. La récolte de cette céréale, qui fut en 1918 de 13.638.700 sacs valant 95.470 contos, passe à 13.775.500 sacs en 1919, représentant une valeur de 123.979 contos. Les prix extrêmes de l'intérieur furent de 6 à 12 milreis par sac.

Le maïs est une culture de grande importance pour l'Etat. La consommation est considérable, de même que la demande pour l'exportation; quelle que soit la superficie ensemencée et la production, le maïs est assuré d'un débouché certain. Avec une production dépassant 82.000 tonnes, triple de celle du meilleur Etat producteur du Brésil, Sâo Paulo suffit à peine à sa consommation et ne commence à exporter qu'en faible quantité, 5 à 6.000 tonnes environ. Sans chercher à rivaliser avec l'Argentine comme producteur ou comme exportateur, l'Etat de Sâo Paulo ne doit pas craindre d'étendre cette culture avantageuse, une production double ou triple aurait facilement son débouché.

Le riz, le maïs, les haricots, qui sont les grandes cultures alimentaires du Brésil, figurent toujours sous la rubrique céréales, souvent sans spécification dans des chiffres d'ensemble. Quoique le blé, le seigle, l'orge et l'avoine puissent parfaitement faire l'objet d'importantes cultures dans certaines zones où les expériences ont donné de bons résultats, ces céréales, le blé notamment, ne font pas l'objet de plantations dignes de ce nom dans l'Etat de Sâo Paulo; elles se propagent, par contre, dans les Etats de Rio Grande do Sul et Parana.

XVIIL Le manioc et sa farine, le tapioca, lçs diverses racines. — Le manioc, qui joue au Brésil le même rôle que le blé en Europe, donne plusieurs produits dont les plus utilisés sont : la farine, l'amidon et surtout le tapioca, si connu et apprécié. On sait sans doute aussi que la farine de manioc se prépare en lavant et en râpant en présence de l'eau la racine du manioc. On obtient ainsi une pulpe que l'on place dans des

tubes perforés et que Ton soumet à une très forte pression; le jus étant complètement exprimé, on tamise la pâte ainsi obtenue et on la met au four où elle se réduit, en cuisant, en une farine très fine.

C'est cette farine que Ton mange soit à Tétat sec, en la mélangeant avec des haricots, de la viande, des ragoûts ou du poisson, soit sous forme de bouillie.

Le liquide qui s'écoUle de la presse à manioc contient en suspension une fécule presque impalpable.

Après avoir laissé reposer ce liquide, on le décanta et Ton soumet la fécule à des lavages répétés; puis on la sèche avec grand soin en l'exposant à la chaleur du soleil. Le produit ainsi obtenu porte, au Brésil, le nom de « polvilho ». Quand il a été cuit au four, il constitue un excellent aliment, dont on fait des biscuits et des gâteaux, et une bouillie légère, spécialement destinée à râlimentation des enfants et des convalescents et connue sous le nom indien de mingào. Enfin, c'est au moyen de la fleur de cette fécule que l'on prépare le tapioca, dont la valeur nutritive est bien connue chez nous. M. Payen, le savant chimiste, membre de l'Institut, a défini les caractères qui différencient le tapioca pur du Brésil des tapiocas factices faits avec des fécules de pommes de terre : « Le véritable tapioca du Brésil ne peut en rien -altérer, à la cuisson, la saveur et l'arôme du bouillon et du lail. Le tapioca de fécule, au contraire, altère la saveur des liquides employés et leur donne un goût désagréable. »

Le manioc ou.« mandioca », duquel on extrait la farine à « farinha » et la « cassave », nom sous lequel la désignent nos Guyanais, était connu des Indiens bien avant l'arrivée des Européens. La plante, qui mesure de 1 m. 20 à 1 m. 50 de hauteur et forme un petit arbuste, est donc originaire d'Amérique, mais la culture a' grandement amélioré ce tubercule.

Il existe deux espèces bien distinctes de manioc : le manioc doux (mandioca mansa) et le manioc amer (mandioca brava); chacune, de ces espèces se divise en un grand nombre de variétés, Le manioc amer, qui contient des principes vénéneux, des cyanures, éliminés par le lavage, est celui qui fournit la farine la meilleure et la plus abondante; il se distingue par sa tige et ses feuilles rouges. Cette espèce produit trois ou quatre racines pesant de i à 2 kilogrammes, mais il est de nombreuses variétés, le mandioca assù, par exemple, donnant des tubercules de 5 à 15 kilogrammes et souvent plus.

La cuUure du manioc est une de celles qui exigent'le moins d'efforts de la part du cultivateur. Il germe des rejetons plantés pendant la saison sèche à partir d'août à 1 mèlre ou 1 m. 50 d'intervalle; il demande peu de soins et préfère une terre riche en silice. Le temps nécessaire à sa complète maturité' varie de huit à douze (manioc amer), dix-huit mois et même deux ans, suivant Ja variété de la racine plantée, la région et les conditions de culture. Les racines peuvent, en général, être laissées en terre au d-elà de l'époque de récolte sans se détériorer.

A Sâo Paulo, il existe^une variété de mandioca mansa ou douce nommée « aipim » et aussi « mata fome » (tue la faim), parce qu'elle est tr^s précoce, ses racines pouvant être utilisées à partir de trois mois. La variété préférée et la plus cultivée dans l'Etat pour la fabrication de la farine est la « vassourinha ».

XIX. Rendement, frais et production. L'arrow-root. — La farine extraite représente le quart du poids des racines récoltées; par exemple, une charrette de tubercules pesant 1.500 kilogrammes donne 375 kilogrammes de farine ou 300 kilogrammes d'amidon.

Un alqueire de 24.200 mètres carrés produit au maximum 200 sacs de farine de 100 litres chacun, soit 20.000 litres, ce qui donne une production de 8.260 litres à l'hectare, mais ce rendement n'est obtenu que dans de bonnes terres et une bonne culture. Une production moyenne acceptable e&t de 15.000 litres à l'alqueire, soit 6.150 litres à l'hectare.

Chaque sac de 100 litres est vendu de 12 à 15 railreis; celte culture est donc très avantageuse, étant donné qu'elle n'exigée qu'une dépense de 200 à 280 milreis à l'alqueire depuis la préparation du sol jusqu'à l'arrachage des racines qui s'opère à partir de juin. Un homme payé 3 à 3 $ 500 peut arracher de quoi produire 12 à 13 sacs de farine par jour. La transformation en farine de la récolte d'un alqueire de manioc peut être évaluée à 250 ou 300 milreis. Les frais de culture et de récolte varient, en général, entre 530 et 600 milreis.

C'est dans la zone du littoral et dans celle du Nord de l'Etat que se trouvent les plus grandes cultures de manioc; elles couvrent environ 6.000 alqueires sur les 49.134 attribués aux cultures diverses dans l'Etat. Les plantations de manioc don-

Une [iluntaliDn de [i

nent de très gros bénéfices, d'autant plus que les emplois industriels du Manioc sont très étendus ; en dehors de la farine, de Tamidon et du tapioca, on en extrait encore de Talcooi assez semblable à la vodka russe et nommé là-bas « tiquira » ; 500 kilogrammes de manioc produisent 60 litres de tiquira, quantité qui pourrait être augmentée de 60 % en appliquajit des méthodes modernes à sa fabrication. En Angleterre, on en extrait de la dextrine, en Belgique de Talcool, et la Hollande s'en sert pour nourrir le bétail.

En dehors du manioc, on cultive encore, dans l'Etat de Sâo Paulo, le cara ou igname, qui donne aussi une excellente farine ; elle contient 23,87 % d'amidon, et sa sœur la batata, ou patate douce, 17 % d'amidon. L'araruta ou arrow-root figure aussi parmi les féculents les plus connus par ses coefficients nutritifs; l'arrow-root, qui est l'aliment reconstituant des enfants et des vieillards-, contient en moyenne 25 % d'amidon pouvant donner 250 kilogrammes par tonne métrique de ra- 'cines/Le champ d'action offert par la culture de toutes ces racines est absolument illimité.

XX. Pommes de terre. — Toutes les cultures maraîchères peuvent être entreprises avec grand profit dans l'Etat de Sâo Paulo; nous n'entreprendrons pas de les décrire^ nous consacrerons seulement quelques lignes à la pomme de terre, qui est de toutes les cultures celle qui fit les progrès les plus étonnants, étant donné que l'on croyait qu'elle ne eonvenait pas à la généralité du sol brésilien. Jusqu'à la déclaration de guerre, ie Brésil importait d'Europe, c'est-à-dire de France et du Portugal, de 22 h 23.000 tonnes de pommes de terre, pour une valeur de 200.000 livres sterling. La paralysation du trafic maritime vint stimuler les initiatives, encouragées d'ailleurs par le Gouvernement, si bien qu'en 1917 et 1018 le Brésil exportait plusieurs milliers de tonnes de pommes de terre. Cette exportation est retombée à peu de chose en 1919, la consommation 03dgeani des quantités chaque jour plus considérables.

L'acclimatation du pg'écieux tubercule est donc chose acquise, sauf en ee qui concerne les semences qu'il est nécessaire d'importer, car il paraît que la pomme de terre produite aurait une tendance à dégénérer rapidement.

L'Etat de Sâo Paulo est, avec celui de Rio Grande do Sul,

TEtat où les plantations de pommes de terre donnent le plus grand rendement et où cette culture a pris le plus d'exbension. En 1919, rEtat de Sâo Paulo produisait à lui seul 29:761 tonnes de pommes de terre; les plantations qui, en 1904-05, ne couvraient que 1.738 alqueires, s'étendaient en 1919 sur une superficie de 29.740 alqueires. On voit le chemin parcouru!

XXI. Craintes de surproduction. — On a récemment apporté l'objection que le développement de la polyculture et l'accroissement continuel des plantations de produits alimentaires entraîneraient, une fois la guerre passée ainsi que la période de transition qui la suivra, une surproduction dé céréales, et qu'alors les activités qui actuellement se dirigent de ce côté sont exposées à des difficultés futures et à une mauvaise rémunération.

Il n'y a là qu'une apparence, car il est certain que l'Europe luttera pendant quelques années encore contre le manque ou plutôt l'insuffisance de produits alimentaires et principalement de céréales, en quantités décroissantes naturellement. Cette crainte doit se détruire d'elle seule, car lors même que l'exportation se ralentirait, l'activité agricole ne se résume pas seulement dans quelques produits : les céréales peuvent se transformer, dans les mains du propre productour, au cas où elles ne pourraient être convenablement vendues. Le maïs se transforme en porcs et ceux-ci en jambons, lard et saindoux,

articles qui sont consommés et importés pour des sommes considérables. Le haricot peut se donner aux vaches et au bétail pour en obtenir un plus grand rendement en dérivés du lait et de la viande, articles qui ne seront jamais trop abondants sur toute la surface du globe. Les autres denrées cultivables, les pommes de terre, le manioc, l'igname, se prêtent à des utilisations variées. Les fruits, les légumes, les plantations de sorgho, qui peut être pour le Brésil un excellent succédané du blé, donneront toujours des bénéfices. La production des œufs et de la volaille a des débouchés assurés; d'autres petites activités, comme l'apiculture pour la cire et le miel, la sériculture pour la soie, peuvjent être entreprises sans risques. L'élevage sous toutes ses formes, celui du mouton encore embryonnaire peuvent être assurés d'un succès complet pour la viande d'abord, mais principalement pour la laine, article essentiel aux fabriques paulistes de tissus.

Il n'est pas possible que tous ces produits perdent leur valeur et que rien de cela ne récompenserait une activité intelligrente; il serait puéril de le croire, car il suffirait de l'échange de ces produits dans les limites du pays même pour s'assurer une raisonnable aisance. Les craintes de surproduction émises par quelques esprits timorés apparaissent donc complètement injustifiées. ^

CMAPITRE XII

L'élevage et l'industrie frigorifique.

1. Une industrie de grand avenir, Télevage; Sâo Paulo, producteur et débouché des Etats voisins; encouragements de l'Etat. — II. Les terres à pâturages et les troupeaux paulistes. — III. Transport du bétail par voie ferrée et voie terrestre ; animaux venant du Matto Grosso. — IV. Prix de revient de ce bétail, les pâturages, variétés d'herbes et fourrages. — V. I/es zones ouvertes à Tindustrie pastorale; prix moyen des terres. — VI. Amélioration du bétail national par sélection et par croisements; un beau type, le « caracù ». — VII. Soins donnés aux reproducteurs étrangers ; avantages de l'amélioration par croisements, chiffres comparatifs. — VIII. Introduction de reproducteurs ; le caracù, le limousin et le normand français ; comparaison avec le durham. — .IX. Comparaison entre l'élevage et la culture ; la lutte entre les deux industries pour la possession du sol. -^ X. Le rôle des expositions ; Texemide de l'Argentine. — XL Une grande ressource : l'élevage du porc. — XII. L'élevage du cheval. — XIII. De la chè^Te. — XIV Le mouton; essais de la Cîompagnie Paullsta. — XV. Races européennes pouvant être acclimatées ; les compagnies de chemins de fer et l'élevage. — XVI. Naissance et développement de Tindustrie frigorifique. — XVII. Quantités et valeur de la production des établissements frigorifiques de Sâo Paulo. — XVIII. Avenir de l'industrie pastorale.

I. Une industrie de grand avenir, l'élevage; S. Paulo producteur ET DÉBOUCHÉ DES EtATS VOISINS ; ENCOURAGEMENTS DB

l'Etat. — La question de l'élevage est aujourd'hui considérée» au Brésil, comme un problème d'intérêt national dont la solution peut accroître les ressources du pays de sommes incalculables. Ce problème est d'ailleurs envisagé résolument par le Gouvernement Fédéral qui a organisé un vaste programme d'amélioration et de développement.

En matière d'élevage,, le Brésil dormait sur une mine d'or, suivant Texpression juste du député pauliste M. Gincinato

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Braga, dans un de ses rapports au parlement. Go pays était ignoré comme éleveur, malgré qu'il possédât un troupeau de plus de 30 millions de bêtes à cornes ^ disséminées un peu partout; on ne connaissait, et encore, que TKat de Rio Grande do Sul comme producteur de bétail pour la fabrication du xarque ou viande salée et séchée au soleil. Jusqu'en i914, l'élevage faisait uniquement face à la consommation; grâce à FEtat de Sâo Paulo, qui prit l'initiative de l'-exportation des viandes congelées, cette industrie traverse une période d'activité semblable à celle qui caractérisa l'établissement des frigorifiques aux Etats-Unis.

L'Etat de Sâo Paulo, où l'industrie pastorale resta embryonnaire-juscju'à ces dernières années, fait les plus grands efforts et sacrifices pour amener l'extension de cette industrie et de celle des viandes frigorifiées et en conserve qu'il fut le premier à créer. Sous ce rapport. Gouvernement et particuliers panlistes font comme toujours preuve d'initiative.

Sâo Paulo, sans prétendre à égaler les grands Etats éleveurs, peut et doit devenir un pays d'élevage; cette industriç ne peut qu'y prospérer d'autant plus que cet Etat est le débouché naturel des régions pastorales de l'Etat de Parana, d'une partie de Minas Geraes, du Matto Grosso, et de Goyaz, lesquels, à eux seuls, constituent une réserve presque inépuisable de bétail. Déjà, par sélection et par croisement, les éleveurs paulistes sont parvenus à améliorer et à augmenter le troupeau des bêtes à cornes, celui des ovins, et à accroître énormément l'élevage des porcs, qui est une excellente affaire.

En faveur de l'élevage, le Gouvernement de Sâo Paulo a créé un service de l'Industrie Animale et le « Conseil consultatif des Eleveurs paulistes », qui fonctionnent au Ministère de l'Agriculture, comme également la Coopérative dos Lacticinios, établie dans la florissante ville de Pranca. Les expositions estadoales d'animaux sont fréquentes, celles-ci sont généralement précédées d'expositions régionales dont quel-

^ D'après les chiffres de M. Bulhoes Carvalho, directeur général de la Statistique au .Ministère des Finances, il y avait 29 millions de bêtes à cornes au Brésil en 1916. Ce total était inférieur de 2 millions aux statistiques recueillies en 1912, ce qui démontre qu'ils ont été soigneusement calculés. Dès chiffres recueillis en 1918 portent le troupeau brésilien à o7 miUions de têtes.

ques-unes notables, par exemple à Gampinas, Itapetininga, Pindamonhangaba, Batataes, S. Carlos, etc. Le Poste Zootechnique Central des environs de Sâo Paùlo est un établissement modèle, un des meilleurs de l'Amérique du Sud; il a été fondé par M. Carlos Botelho, avec la collaboration de M. Hector Raquet, professeur à l'Institut Royal d'Agriculture de Garabloux, lequel organisa, dans tout l'Etat, divers autres postes à l'image du premier, notamment le poste de sélection de Nova Odessa.

A part toutes les dépendances, le matériel et les animaux reproducteurs, il existe dans chaque poste un cours spécial de laiterie, un de zootechnie et un autre de Vjâtérinaire. L'Etat favorise en outre, par tous les moyens en son pou*roir, l'introduction du bétail de race; c'est, d'ailleurs, pour faciliter l'introduction, le choix et l'acclimatement des diverses races que ces établissements furent créés, et ils ont déjà contribué à améliorer par des croisem^ents les animaux des races bovines, chevalines, porcines, ovines, etc^ Il existe encore un champ d'expérience de culture fourragère et le haras pauliste de Pindamonhangaba qui s'applique au perfectionnement des chevaux de selle et de trait.

Le poste de Nova Odessa, qui est en même temps une ferme modèle d'élevage, est tout particulièrement consacré à l'amélioration du bétail de race indigène.

Sauf en ce qui concerne l'Etat de Sâo Paulo et celui de Rio Grande do Sul, et encore dans des proportions trop modestes, il n'existe pas au Brésil de police sanitaire animale, il n'y a aucune diffusion d'instruction vétérinaire même rudimentaire parmi les éleveurs, à l'exception des sociétés grandes et moyennes qui se constituent pour exploiter rationnellement cette industrie. Gomme le bétail argentin autrefois, le bétail brésilien, en général, vit dans l'intérieur absolument à l'état de nature, sans soins ni défense d'aucune sorte. Cette incurie occasionne d'énormes pertes aux éleveurs, pertes matérielles et aussi pertes morales, puisqu'elles peuvent amener le découragement et le manque de confiance dans le succès de leur industrie. C'est pour améliorer cet état de choses que le Gouvernement multiplie ses postes zootechniques qui contribuent à l'amélioration des races qui est le secret de l'augmentation de valeur de chaque tête de bétail.

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II. Les terres a pâturages et les troupeaux paulistes. — Tel qu'il est, et constitué comme nous le verrons plus loin par les types indigènes offrant de grandes facilités d'amélioraion rapide, ce bétail peut servir de base à un troupeau cinq )u six fois supérieur. Il trouve en effet, dans cette partie du Brésil et les régions avoisinantes, trois conditions essentielles ie son existence : climat tempéré chaud, pluies abondantes, paturag^es variés et sains.

Légèrement ondulé et accidenté, souvent très boisé, silbnné d'un grand nombre de petits cours d'eau, le sol pauliste se prête très bien à l'élevage. On n'y redoute pas ces terribles sécheresses qui, certaines années, décimèrent les troupeaux argentins et ceux du Rio Grande do Sul; le maïs, facile à cultiver partout, s'ajoute aux fourrages et contribue à bonifier la chair animale qu'une alimentation exclusivement herbacée rend moins savoureuse.

Ces conditions naturelles et ces ressources expliquent le progrès incessant du cheptel pauliste. Voici, à ce sujet, des chiffres établis -par les services officiels; les uns sont rétros-* pectifs, les autres appartiennent à la statistique pastorale réalisée en 1919 : ceux-ci indiquent en effet que l'Etat de Sâo Paulo possède actuellement une superficie de 2.308.741 alqueires en champs et pâturages et un troupeau s'élevant à 9.542.241 têtes (1919-20) :

Bovidés 738.046 1 792.880 3. 108.250

Ovidés 62.814 497.970 106.061

Gapridés 136.038 372.230 366.048

Porcs.,... 1.282.775 2.744.400 4.989.574

Chevaux 280.700 497.970 551.005

Anes et mulets 114 . 847 372 . 230 428 . 348

Ce beau cheptel valait, en 1914, 200.802 contos, ou. 300 millions de francs en chiffres ronds ; il vaut aujourd'hui 560.250 contos, soit au change moyen de ces derniers temps 2 milliards environ de francs. Et ce n'est qu'un début.

Malgré cela, l'actuel troupeau pauliste ne peut fournir que la moitié environ de la consommation, laquelle s'élève à 260.OOO bœufs au minimum, étant donné la demande des frigorifiques. Il est donc nécessaire d'importer l'autre moitié.

Comme on le sait déjà, ces animaux sont amenés en troupeaux considérables des grands Etats paustoraux voisins : Matto Grosso, Goyaz et Minas Geraes. Après avoir été reposés et engraissés dans les pâturages du triangle Mineiro> dont le centre est Uberaba, et dans ceux des municipes de Igarapava, Franca, Bebedouro, Barretos, etc., ils sont expédiés dans les abattoirs frigorifiques des grandes villes de l'Etat et jusqu'à Rio de Janeiro.

III. Transport du bétail par voie ferrée et voie terrestre; ANIMAUX VENANT DU Matto Grosso. — Lcs tarifs dcs grandes compagnies de chemin de fer pour le transport du bétail son-, relativement peu élevés; ils varient de 7 à 6 milreis par tête d'animal bovin (chevaux ou mulets), suivant la compagnie, par 100 kilomètres. Ces tarifs sont sensiblement abaissés lorsque le trajet est supérieur à 250 kilomètres et que le nombre des animaux transportés est plus grand.

Quoiqu'il soit préférable et plus avantageux de transporter le bétail par voie ferrée, cela n'est pas toujours obligatoire, et, à défaut de ce mode de transport, il n'est pas nécessairement indispensable de créer de nouvelles voies ferrées pour des centres nouveaux d'élevage, car le bœuf, s'il est beisoin, vient au marché par ses propres moyens, et c'est ce qu'il faisait avant la création des grandes lignes de pénétration et fait encore aujourd'hui.

Le bétail originaire du Sud de Goyaz, du Triangle de Minas ou y étant hiverné, opère, en effet, son entrée dans l'Eîtai de Sâo Paulo après avoir franchi le Rio Grande par le port Antonio Prado, où un service régulier de traversée a été organisé par la Compagnie Paulista de chemin de fer. Du bétail venant de la région Sud, du Matto Grosso, une partie, 30.000 têtes au minimum, entre à Sâo Paulo par le Porto Tibiriça, après avoir traversé le Parana. Une autre partie assez importante suit la même voie que le bétail venant de la région centrale du Matto Grosso et du Sud-Ouest de Goyaz; ces ^aniraaux entrent dans l'Etat après avoir traversé la pointe de Minas en passant à la nage le fleuve Paranahyba. La boiada ou troupeaux de bœufs passant par Le port de Santa Anna do Paranahyba, guidés par des bouviers de Minas, atteignent 50X)00 têtes par an ces dernières années.

Une grande partie prend le chemin le plus court, passe par

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le port de Taboado, sur le Rio Parana, et suit directement sur Barretos, par l'entrée du Rio Preto.

Les bouviers (boiadeiros) de Minas arrivent habituellement dans le Sud et le Centre de Matto Grosso d'août au commencement d'octobre,' et les troupeaux passent à Uberaba (Triangle de Minas) à partir de déoembre jusqu'à mars, après avoir franchi en deux mois et deux mois et demi les 1.200 et 1500 kilomètres du voyage. Chaque boiada comprend de 1.000 à 3.000 têtes de bétail. Ces bœufs du Matto Grosso, qui viennent des grands centres d'élevage de Campo Grande, Bella Vista, Ponto Para, Coxim, Aquidauana, etc., présentent deux types, l'un créole, aux cornes gigantesques, long et gros, 3t l'autre plus petit, aux cornes courtes et droites, au poil fin gt lustré, présentant tous les caractères de la race zébu.

IV. Prix de revient de ce bétail, les pâturages, variétés d'herbes et fourrages. — Passant, il y a moins d'une douzaine d'années, dans cette région d'élevage du Matto Grosso, qui peut fournir une moyenne de 420.000 bœufs par an, nous avons vu payer les bœufs créoles à raison de 28 milreis par tête. Depuis, la valeur augmenta d'année en année, pour prendre des proportions extraordinaires en raison de la guerre, et les prix suivaient la progression suivante : 41 milreis en 1912, 48 en 1913, 52 en 1914, 55 en 1915, 62 en 1916 et 70 milreis en 1918. A ce prix il faut ajouter les frais occasionnés par le transport jusqu'aux champs d'hivernage, soit 25 fnilreis plus ou moins, plus 20 milreis par tête de bétail mis à l'engrais pendant dix mois. Un bœuf du Matto Grosso revenait donc à 115 milreis rendu à l'abattoir de Barreto.

Pour le marché de Sâo Paulo, il faut compter de 15 à 20 milreis en plus. Le chemin de fer qui s'avance à proximité ou traverse aujourd'hui ces zones d'élevage diminuera ces frais d'une façon appréciable, en évitant un trop grand amaigrissement nécessitant un long hivernage.

Les pâturages ont augmenté dans une grande proportion : 522.800 alqueires contre 144.075 il y a quinze ans. Valqiieire représentant 2 h. 42 ares, on voit que le domaine pastoral, plus ou moins artificiel, de Sâo Paulo, a passé de 348.661 hectares à 1.265.176 hectares, soit une extension de plus de 380 %.

Il y a dans l'Etat dé Sâo Paulo, comme dans tout le Brésil, une variété considérable d'herbes de toute première qualité

pour le bétail, et en année normale, en raison des fortes chutes de pluie et d'un hiver de courte durée, les herbes poussent " en fait toute Tannée.

Parmi les meilleures herbes et fourrages croissant naturellement sur le territoire, il faut citer le Chpim catingueirc violet et blanc, lequel étant très répandu fait la base de l'alimentation du bétail; le Capim jaragiia (andropogon rufus)l fourrage de qualité supérieure, à cultiver dans les bonne; terres; le Capim gordura ou herbe grasse (melinis minutiflora), excellent fourrage du pays, venant très bien partout, même dans les terres les plus pauvres; le Capim de raiz, le Capim arroz ou herbe riz, le Marmelada, le Branco, etc., sans parler de la luzerne et d'autres espèces fourragères étrangères et cultivées dans certaines régions.

V. Les zones ouvertes a l'industrie pastorale; prix moyen DES terres. — Là superficie des terres favorables à l'élevage dans l'Etait de Sâo Paulo et immédiatement utilisables avec le minimum de préparation est évaluée à 3.600.000 hectares, mais dans ces chiffres n'entrent pas des régions qui, dans l'Ouest et le Nord-Ouest, viennent à peine d'être ouvertes à l'initiative des agriculteurs; ces terres, quoique couvertes de forêts ou d'une végétation plus ou moins dense, peuvent en grande partie être converties en pâturages. Il en est de même de vastes zones de cette région du Nord de l'Etat traversées par le chemin de fer central du Brésil, où prirent naissance les premières plantations de caféiers. Toute cette région, encore couverte de près de cent millions de pieds de café dont le plus grand nombre, en pleine décadence, ne donne qu'une récolte insignifiante, laquelle est souvent laissée sur place, offre l'aspect de plantations abandonnées. Ce qui est en réalité! Eh bien, toute cette région, bien desservie et de facile accès, pourrait être transformée en prairies; de grandes surfaces commencent à se convertir en rizières.

C'est dire quel est le champ d'action qui reste offert à l'industrie pastorale, laquelle se développe actuellement dans trois régions principales : l'' dans une partie de la zone dont il vient d'être question et qui s'étend depuis les versants de la Serra da Mantiqueira jusqu'à bien au delà du chemin de fer central; ce territoire se prêle à l'élevage des bêtes à cornes, des chevaux et des brebis; il y a déjà d'importants troupeaux.

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2"* Dans la région qui approche les frontières de TEtat de Minas, principalement dans celle formée par le Rio Grande. C'est la plus vaste, celle où Ton trouve la plus grande quantité de bêtes à cornes et où abondent les prairies naturelles. Elle est traversée par les lignes Paulista, Mogyana et plusieurs embranchements, et comprend les municipes de Balataes, de Franca, de Bebedouro, de Barreios et de Rio Preto, lequel est un nouveau grand centre d'élevage et d'hivernage de bétail. Il ne faut pas oublier les municipes de Orlandia, Sertâosinho et Igarapava, lesquels possèdent une superficie d'environ 70.000 kilomètres carrés couverts en grande partie de magnifiques pâturages de Capim gordura,

3** La région desservie par la ligne Sorocabana, qui s'étend depuis Botocatù, Itapetininga, Fartura, Faxina et liararé, c'est-à-dire jusqu'à la frontière de l'Etat de Parana; les Campos Novos de Paranapanema et une bonne partie des terres avoisinant cette rivière.

Bien d'autres centres d'élevage plus ou moins développés existent encore dans la partie centrale de l'Etat, notamment dans celle desservie par le chemin de fer Bragantina.

En ce qui concerne les prix moyens des terres à pâturages pour l'élevage du bétail, ceux-ci sont extrêmement variables : à Barretos, Rio Preto, Igarapava, Orlandia et autres municipes grands éleveurs de bêtes à cornes, les prix oscillent entre 40 et'200 milreis par hectare. De grandes extensions peuvent cependant être acquises pour beaucoup moins, le plus souvent pour le minimum des deux prix indiqués. Une grande partie des territoires des municipes cités plus haut contient la terre violette roxa et la terre rouge, les terres à 'café par excellence ; c'est dire qu'elle atteint les plus hauts prix cotés dans l'Etat, celles-ci conviennent peu pour ces raisons et à cause de leurs prix à la constitution d'un domaine pastoral. Elles ne conviennent pas non plus à l'élevage des brebis dont elles salissent la laine.

Ce prix de 40 milreis ne peut être indiqué comme minimum absolu, étant donné qu'il concerne des régions bien desservies par les voies ferrées, et que les terres des contrées moins favorisées sous ce rapport peuvent être acquises à meilleur compte, notamment dans une grande partie encore inexploitée de la zone du Nord-Ouest et Ouest, plus ou moins couverte de forêts. Des surfaces très importantes de ces régions peuvent être converties en champs d'élevage.

Nous donnons plus loin, dans la partie réservée à des indications sommaires sur chaque manicipe de l'Etat, les prix auxquels les terrains sont généralement acquis dans chacun de ces municipes.

On peut évaluer à 3.600.000 hectares approximativement l'extension des champs et pâturages appartenant à des particuliers et susceptibles d'être vendus.

L'Etat ne dispose pas présentement de terres à vendre, nous disons présentement, car le Gouvernement fait procéder actuellement à la démarcation des terres appartenant au domaine public (terras devolutas). Cette opération, commencée depuis quelque temps déjà, aura pour résultat de lui faire connaître ses disponibilités pour la création de colonies ou la distribution des terres aux colons : les acquéreurs éventuels et l'Etat lui-même seront ainsi à l'abri de contestations autrefois possibles. Etant donné l'extension des zones récemment ouvertes au progrès-, les terres ainsi récupérées aiteindront probablement un total respectable.

VI. Amélioration du bétail national par sélection et par croisements; UN beau type, le « GARAGU ». — Afin d'améliorer le troupeau national et lui donner un type commercial apprécié à l'étranger aussi bien que dans le pays, il a d'abord fallu classer les races indigènes et étudier les- résultats de leur croisement avec les reproducteurs Hereford, Durhram, Devôn et limousins importés. Car l'Etat de Sâo Paul.o n'a pas voulu tomber, comme celui de Minas Geraes, dans l'erreur de choisir hâtivement un seul type, tel que le zébu, lequel présente surtout des avantages dans les régions plus chaudes du Nord, pour sa rusticité et sa facilité, d'acclimatation. Ce type ne convient pas à l'industrie frigorifique, il faut un animal dont la viande puisse rivaliser, en moins gras, avec celle qu'exportent l'Argentine et l'Uruguay. Or le bétail autochtone, ré- . sultat d'un croisement avec le zébu indien, est un type osseux, grossier, charnu dans les parties avant au lieu de l'être sur l'arrière-train. Pour renverser, pour ainsi dire, cette conformation mal adaptée au but poursuivi, il faut recourir aux reproducteurs européens, sans se borner au type anglais seul. On ne peut que féliciter, par suite, l'Etat de Sâo Paulo de s'être énergiquement refusé à l'introduction du zébu dans ses fazendas d'élevage.

'r«ureaii de Ih rato indigi'iie " Gara

Troupeau piissanl unf

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Les savants mis à la tête du Poste 2jOotechnique de Sâo Paulo et du Poste d-e Sélection de Nova Odessa avaient à choisir entre les principaux types indigènes suivants : Caracûy Mochay Creoula, Franqueira, Junqueira, Sertaneija et China. Les deux premiers constituant ou pouvant aider à constituer deux races distinctes parfaitement adaptées au pays, ce qui présente déjà un avantage sur le bétail dégénéré que les Argentins, au début, s'appliquèrent à transformer. "Le Caracù, tout particulièrement, présente une supériorité incontestable. Très en chair, pourvu d'une ossature relativement fine, bien équilibré au point de vue de la répartition des masses musculaires, il était évident que, soit par sélection, soit par croisement avec des reproducteurs étrangers de toute race, il donnerait très rapidement un type presque irréprochable. C'est ce qui fut démontré dès les premiers essais du * Poste 2iOoteehniquje ; le Caracù, amendé par le sang de reproducteurs anglais, hollandais et qui pourrait l'être mieux encore par notre, admirable limousin, est à même de fournir aux frigorifiques une viande de première qualité.

C'est principalement au Poste dç Sélection du Bétail National, placé sous la direction de M. Paulo E. de Souza Nogueira, que s'opère l'amélioration du bétail Caracù et Mocho, La sél-ection la plus rigoureuse y est effectuée suivant toutes les données de la .science. En 1910, date à laquelle a commencé la sélection, il a fallu éliminer, comme inapte à l'amélioration de la raxîe, 23,8 %du troupeau. Or, en 1917, ce pourcentage tombait à 3,1 % grâce aux résultats obtenus.

Dans toutes les expositions où ils ont figuré, les animaux du Poste de Sélection ont fait l'admiration des connaisseurs. Les jeunes taureaux de race Caracù, Eclipse et Galena ont battu le record du poids par rapport à leur âge.

Le type Mocho donnait, d'autre part, de si brillantes espérances que le Gouvernement de Sâo Paulo ordonna la création de la ferme Campininha, sut le fleuve Mogy Guassu, où l'on entreprendra sous peu l'élevage en' grand du bétail Mocho national; cette ferme est en réalité une dépendance du Poste de Nova Odessa, qui compte 40 têtes de bétail Mocho sélectionné; joint aux types Caracù, déjà sur place, ceci donne un total de 200 animaux de fort belle apparence.

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