‹ Au pays de l'or rouge: L'état de São Paulo (Brésil) Ses ressources - ses progrés - son avenir. Ètude générale économique et descriptiveChapitre 46 sur 72 · X. Le rôle des expositions; l'exemple de l'Argentine · texte numérisé non relu

X. Le rôle des expositions; l'exemple de l'Argentine

Les expositions furent, pour les spécialistes, un excellent moyen de contrôle. La première eut lieu en 1917, avec un grand succès, dépassé encore par celui des expositions de 1918 et de 1919. Le public compétent, et même les profanes, y virent tout de suite que, si l'Argentine peut se vanter d'avoir plus de gros bétail que le Brésil, et vingt fois plus de mouton^, elle est exposée à perdre d'ici peu d'années la première de ces supériorités en ce qui concerne la comparaison au point de vue du poids et de la quantité du gros bétail. Les Américains, venus en hommes d'affaires, s'ômer\''eillèrent de cette richesse qu'ils ne soupçonnaient pas et c'est ainsi que l'attention'des puissants Packers de Chicago, les Armour, les Wilson et autres, se porta sur un pays où s'ou\Tait à leur industrie un nouveau champ pratiquement illimité.

L'exposition réalisée au cours du premier Congrès montra que le Brésil possédait déjà une matière première excellente; mais, en ce' qui est relatif aux races laitières, la sélection des types demanderait vraisemblablement un peu plus de temps, car le climat de certaines zones des Etats

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voisins ne laisse pas d'être peu favorable à cette partie du 'Cheptel nationaJ dont les fonctions ont été négligées. Il faudra doiic parer à c^t inconvénient en prevoquant, par un traitement approprié, par une gymnastique fonctionnelle de l'appareil de lactation, une production de lait abondante et surtout régulière- La race laitière hollandaise est naturellement désignée pour oontribu«er, à oe point de vue, au perf ecitionnement attendu. Et si elle ne trouvait pas dans le pays des <îonditions alimentaires et climatériqùes comparables à celles de son pays d'origine, son croisement av.e<î 1^ races indigènes révélerait chez cel«les-ci, dès la première période, une amplitude qui grandirait avec les -croisements successifs. La vache métissée de sang hollandais permettra donc le développement, aux portes des grandes villes brésiliennes, d'une industrie quasi nouvelle. Encore est-il probable que la race métissée, mieux adaptée au climat^ donnera plus de lait que- la race pure.

L'expérience est déjà faite d'ailleurs. Quiconque a visité Rio et Sâo Paulo a pu apprécier la bonté et le goût excellent du lait offert dans les multiples crémeries de ces deux capiiales.

Les races durham et normande pour Jà viande, la race hollandaise pour le lait, voilà donc les deux facteurs de la prospérité future du troupeau pauliste et territoires limitrophes.

L'exemple de l'Argentine peut servir ici de stimulant aux •^capitalistes désireux d'opérer des placements éloignés des bases ordinaires de la spéculation, en raison de la nécessité d'accroître leurs ressources et leur sécurité.

Les 21 millions de bovins possédés par l'Argentine en 1895 valaient alors 222.842.465 piastres or, c'est-à-dire 1.114.212.325 francs, ou l'équivalent de 664.000 contos au change normal de 16 pence.

Treize ans plus tard, en 1908, le cheptel s'élevait à 29.000.000 de têtes, réalisable au prix global de 413.021.767 piastres or, soit 2.065.101.835 francs- ou 1.230.804 contos au cours d'avantguerre, chiffre qui équivaut à une augmentation de oOO.OOO contos en treize ans ou 950.899.510 francs.

C'est seulement depuis peu, depuis le succès de l'initiative pauliste, que les Brésiliens arrivèrent à se rendre compte de la richesse renfermée en puissance dans leurs vastes pâturages. Ils avaient jusqu'alors apporté une incompréhensible

lenteur à deviner Tavenir d'une industrie dont le matériel d'exploitation est pour ainsi dire gratuit et, en tout cas, bien inférieur aux dépenses d'établissement exigées par la métallurgie, les affaires de textiles, les fabriques de papier, les mines, les usines de force motrice, électrique ou autre.

Annuellement, l'Argentine exporte en moyenne 30 millions de livres sterling de produits et sous-produits de l'élevage. Le Brésil pourrait compter jsur 40 millions au moins, avant dix ans, si d'ici là les hommes d'affaires, aussi bien nationaux qu'étrangers, concevaient et organisaient un plan général d'élevage, auquel les compagnies de transport et de frigorifiques seraient naturellement conviées à collaborer.

XL Une grande ressource : l'élevage du porc. — Et le gros bétail n'est pas la seule ressource à laquelle soit réduit l'éleveur pauliste ; l'élevage du porc, dont il existe déjà 17 millions de sujets dans tout le pays, et plus de 3 millions à Sâo Paulo seulement, pourrait y prendre un développement beaucoup plus considérable. 15 millions de porcs viv;*aient à l'aise autour des fazendas, des cafezales et dans les pâturages où le bœuf a de la peine à se suffire.

Or il arrive pour le cheptel porcin ce que nous avons constaté plus haut pour les bovins; pareil résultat ne peut s'obtenir que par une sélection attentive.

Des divers suidés importés par les Portugais aux temps coloniaux descendent la race Canastrâo et le type dit Canastra. Tandis que le second se rencontre dans tous les Etats du Brésil, le Canastrâo, qui joue pour la race porcine le même rôle que le caracù chez les bovins, se cantonne principalement dans les Etats de Sâo Paulo, de Minas Geraes et de Rio de Janeiro.

Les Mestiços, ou produit du croisement du porc sauvage, abondent dans la zone du littoral.

Le Canastrâo, proprement .dit, est très prolifique. Son croisement avec des Yorkshires a donné de bons résultats. Des éleveurs ont importé, ces derniers temps, des reproducteurs des types Leicester, Polands, Duroc, Jerseyet Hamsphire et donné une sérieuse impuilsion à l'amélioration du porc semirustique du pays.

Disons en passant que le lard brésilien, le Toucinho, rivalise amplement avec le Bacon anglais.

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Incontestablement, grâce au frisoriilqua, l'élevajre du porc ierve à l'a^icultéuf brésilien des bénéfices dont il ne soupnne pas encore l'importance; quinze millions de porcs, dont i trois quarts exportables, feraient affluer au moins 000.000 de livres sterling, en admettant même que le ré- )]issem-ent complet des moyens de transport, la diminution s frets et Ja baisse du change interviennent pour réduire le ix de vente au minimum.

Etant donné que les établissements frigorifiques qui foncnnent dans l'Etat sont à même d'absorber une grande quani de porcs, le Frigorifique Armour de Sâo Paulo, notammt, possède les éléments pour abattre 6.000 porcs par jour, levage du porc se trouve être de ce fait encouragé par tous ; moyens. C'est ainsi que la Compagnie Armour a fonde

■ champ de démonstration pour l'élevage scientifique du

rc, lequel a recueilli un grand intér.5t de la part des éle-

urs locaux. Un autre élablissejnent modèle d'élevage porcin

!té installé par le Gouvernement à Baruery.

:!;omme le porc est un animal de production économique, il

jt s'attendre à une énorme augmentation du nombre de ces

imaux.

[1 nous faut signaler à ce sujet Tin itiative d'une Française

ine grande activité. M™ Grosselin, qui organisa dernière-

*nt, pour un de ses fds, une ferme d'élevage de porcs d'une

pacité de 10.000 têtes.

LJne industrie qui n'existait pas ces dernières années, celle

saindoux, a pris naissance avec le développement de l'élege et le travail des frigorifiques. Le produit, qui ne figurait s en 1918 sur le tableau de l'exportation, y est inscrit en ÏO pour une valeur de 5.552 conios, et rien que les premiers )is de i921 cette valeur atteignait 2.C00 contos.

SU, L'ÉLEVAGE DU CHEVAL. — On peut s'étonuBr à juste titre e rélevage du cheval n'ait jamais été sérieusement entreis au Brésil oii, étant donné l'immensité du territoire et les stances à parcourir dans les vastes exploitations de l'inté- !Ur, son emploi semblait indispensable. Le nombre de ces imaux est loin d'être aussi considérable qu'il pourrait et vrait l'être. Les Portugais avaient importé le cheval arabe, ûs, laissé absolument sans soin, ce iype excellent dégénéra mplètemeni au point que le Gouvernement s'est vu obligé recourir à l'étranger pour ses remontes de cavalerie.

230 CH.VPITRE XII.

Quelques efforts ont été faits ces dernières années pour améliorer cet état de choses; mais, en cette matière comme en beaucoup d'autres, c'est dans l'Etat de Sâo Paulo qu'ont été prises les mesures les plus efficaces pour améliorer et développer le troupeau chevalin, lequel atteint à peine 500.000 têtes.

Un service spécial fui créé avec le haras de Pindamonhangaba; on s'efforce de développer trois types bien établis : cheval de selle et de trait léger, cheval militaire, cheval de trait pour l'agriculture. Grâce à des peproducteurs de race Shers, perc^eroftne, Suffolk, Punches, etc., les éleveurs de Sâo Paulo ont pu présenter de superbes spécimens qui font bien augurer de l'avenir du cheval dans cet Etat si l'élevage de cet animal y était davantage développé; malgré sa petite taille, le cheval brésilien est résistant à la fatigue et très rustique.

La négligence ou plutôt l'indifférence professée par les Brésiliens en ce qui concerne l'amélioration du cheval national s'explique par le f^ait que la mule, dont la sobriété et la résistance s'adaptaient mieux aux exigences locales, principalement dans les régions aceidentées de l'intérieur, apparaissait d'une utilité plus grande que le cheval. De là, la préférence marquée pour cet animal qui eét aussi bien uÊilisé pour la selle, la charge, le trait pour les charrettes et aussi pour les attelages de luxe que l'on voit encore dans les vieilles villes coloniales de l'intérieur, où cet animal es! employé partout; l'Etat de &âo Paulo en possède 375.000, plus ou moins.

La nécessité de créer et de développer un solide type de •cheval n'apparaissaib pas très urgente en raison du nombre des mulets ; les mesures qui sont prises pour créer une bonne variété nationale n'impliquent pas que l'on doive négliger l'élevage du mulet, car cet intéressant équidé restera longtemps encore d'auxiliaire précieux des colons, des prospecteurs et des voyageurs dans les zones neuves de l'intérieur.

XIII. De la chèvre. — La chèvre, qui devrait être un facteur de l'avenir agricole de l'Etat de Sao Paulo, n'y fait pas l'objet d'un élevage méritant vraiment une mention, le troupeau pauliste n'étant représenté que par 350.000 bêtes environ. Quoique cet animal existe en grand nombre dans les Etats du Nord-Est, où l'exportation des peaux fait l'objet d'un cbmmerce important avec les Etats-Unis et l'Europe, la valeur de

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rexportation ainnuelle s'élève à plusieurs dizaines de milliers de livres sterling. L'Etat qui possèd-e le plus de capridés recensés est celui d3 Bahia, avec 3 millions de têtes.

Il y a là une richesse absolument inexploitée, comme tant d'autres! Etant donné la rusticité et la sobriété de cet animal, qui peut être abandonné presque sans soin, il est permis de s'étonner que cet élevage, qui peut produire des bénéfices considérables, ne soit pas entrepris dans des Etats comme Sâo Paulo où il existe de grandes surfaces de terrains en friche et de second ordi'e. Avec les éléments qui se trouvent dans l'Etat, cette industrie y prospérerait rapidement, ne fût-ce que pour les peaux, très recherchées, sans parler de la chair qui serait absorbée par les frigorifiques.

D'autre part, considérant que pour augmenter et stabiliser la production de la viande, de la laine et des cuirs^ il est nécessaire de répandre et de donner de l'impulsion à l'élevage des ovins et des caprins, cette dernière branche de l'industrie pastorale étant indispensable à la production des peaux, le Gouvernement Fédéral, par le décret n** 12.889, du 27 février 1918, décide . d'accorder son aide aux Etats, municipes, sociétés d'agriculture ou d'élevage, stations zootechniques et particulières, par l'octroi de certaines faveurs. Parmi celles-ci figure le paiement de la somme correspondant à un tiers -du coût et des frais de transport de reproducteurs ovins et caprins acquis à l'étranger, jusqu'à concurrence de 25 têtes de chaque sexe pour chaque éleveur; il accorde aussi le paiement de la somme de 15 milreis par tête importée et le transport dans le pays pour les reproductions métissées de l'espèce ovine jusqu'à 1.000 têtes.

Le Gouvernement considère que l'élevage du moulon donnera plus facilement satisfaction à la demande des marchés consommateurs de viande, parce qu'il est envoyé à l'abattoir relativement jeun3 (un an et demi) comparativement au bétail de race bovine qui est toujours abattu quand il est âgé au moins de trois ans, et que la viande de mouton, en vertu de ce fait, contribuera à la stabilité de l'industrie frigorifique.

XIV. Le mouton; essais de la Compagnie Paulista. — Il semblera au moins étrange que le mouton ne viepne qu'après la chèvre, au point de vue numérique^ dans la liste des animaux domestiques du Brésil. Telle est pourtant la vérité. Plus

d'un tiers du troupeau se trouve concentré dans TEtat de Rio Grande do Sul, où !f* type Southdown est le plus recherché, bien qu'il ne donnrj pas une très bonne viande, mais il est riche en laine. Des expériences faites par les éleveurs de Minas Geraes, du l^^rana et de Matto Grosso les ont cependant décidés à préférer le type Romney Marsh, à la fois très fourni en chair et en daine. Dans l'Etat de Sâo Paulo, où il existe un petit troupeau de 150.000 têtes, c'est le type Southdown qui est le plus représenté.

Mais ce ne sont 1;» que des essais locaux. L'industrie du mouton est encore h créer. D'excellents terrains s'offrent d'ailleurs à qui voudra les employer à cette fin dans les Etats du Sud, à Sao Paulo, la zone la plus favorable est celle qui est traversée par la Serra da Mantiqueira. Nous partagreons à l'égard de l'élevage du mouton la conviction du D' Assis Brazil, le roi des éleveurs brésiliens, que les régions précitées s'adaptent encore mieux à l'élevage du mouton que n'importe quelle zone de l'Argentine. L'avenir démontrera sans doute l'exactitude de cette assertion.

En attendant, la (Compagnie Paulista a essayé l'élevage des brebis dans les forets d'eucalyptus qu'elle a créées à proximité de ses voies, et elle a obtenu des résultats encourageants. Cette essence forestière résiste très bien aux déprédations du troupeau qu'elle abrite en outre contre le soleil et les fortes pluies d'été. La raco choisie pour les expériences tentées est le Romney Marsh, recommandée pour sa rusticité.

Gomme nous le disons plus loin, les plantations d'eucalyptus faites par la Compagnie Paulista sont une des plus vastes entreprises de reboisement réalisées dans le monde entier. On calcule (pi'en 1932, c'est-à-dire dans une douzaine d'années au plus, 30 millions d'arbres auront atteint leur pleine croissance, 30 millions d'eucalyptus cubant en moyenne 12 mètres cubes et assainissant des régions entières. * Le troupeau appelé à grandir à leur ombre pourra s'élever à cette époque à 100.000 têtes. Si la République Argentine a pu, dans ses pampas souvent brûlées et desséchées par le soleil, élever 100 millions de moutons, que ne pourra-t-on faire, au Brésil, dans les conditions que nous venons de décrire? A l'abri des eucalyptus croîtront des pâturages toujours verdoyants et sans solution de continuité. Les migrations, si épuisantes pour les animaux obligés, faute de nourriture, de

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! déplacer à de grandes distances, deviendront ici inutiles. ! qui favorisera le développement de l'espèce dans le sens un type strictement uniforme et rigoureusement adapté ai imat.

Le mouton peut donc, mais en bien moindre proportion qu£ gros bétail, être une des ressources des frigorifiques pau-

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