‹ Au pays de l'or rouge: L'état de São Paulo (Brésil) Ses ressources - ses progrés - son avenir. Ètude générale économique et descriptiveChapitre 49 sur 72 · IV. Remboursement des passages et rapatriements · texte numérisé non relu

IV. Remboursement des passages et rapatriements

immigrants spontanés constitués en famille d'au moins tr personnes aptes au travail, qui viendront à leurs frais p( travailler dans un domaine de l'Etat, soit comme ouvri ruraux ou concessionnaires de lots coloniaux, ont droit à à remboursés par le Gouvernement du prix de passage en Ir sième classe, depuis le port d'embarquement jusqu'à SanI Cette même faveur pourra être accordée exceptionneUemi à tout immigrant célibataire qui viendrait rejoindre ses i rents établis dans une colonie ou domaine. Pour avoir dr à ce remboursement, l'immigrant devra avoir passé par l'fi tel des Immigrants ou avoir été engagé par l'intermédiaire r.\gence Officielle de Placement- Le délai de réclamation remboursement est de deux ans.

Les veuves et les orphelins d'immigrants agriculteurs, él blis comme ouvriers agricoles ou concessionnaires de lots centres coloniaux, auront droit à être rapatriés aux frais l'Etat, lorsque le décès du chef de la famille aura eu li deux ans après son arrivée à l'Etat de Sâo Pàulo et qu' prouvent être dans l'impossibilité de pourvoir à leur subsi tance.

Jouiront aussi de ce droit les immigrants qui, dans le mêii délai, auront contracté une maladie ou auront été victim d'un accident les rendant définitivement invalides.

Pouf le rapatriement, le Gouvernement donnera un billet de troisième classe jusqu'au port le plus proche du lieu de destination des immigrants rapatriés et un secours de 100 à ^200 milreis, suivant le nombre de personnes de la famille. Le montant de ce secours sera fixé par le Secrétaire de l'Agriculture, autant que possible d'après l'échelle suivante :

100 $000 psLr famille composée d'au moins trois personnes. 150 $000 — — de trois à cinq personnes.

200 $000 — — de plus de cinq personnes.

V. Les colonies : valeur et étendue des lots. — Il existe troi^ sortes de colonies : les colonies estadoales, c'est-à-dire créées par l'Etat de Sâo Paulo, les colonies fédérales, créées par le Gouvernement de l'Union, et les colonies particulières. Celles-ci sont, ou des entreprises de colonisation agricole organisées par des sociétés, ou des colonies créées par les compagnies de chemin de fer qui veulent provoquer le peuplement et le développement des terres incultes qui bordent ou avoisinent leurs lignes, ou encore par des propriétaires fonciers qui divisent leurs propriétés en lots de 15 à 25 hectares. Toutes ces entreprises, qui introduisent des immigrants aptes au travail agricole, peuvent obtenir le remboursement en troisième classe des frais de voyage de l'immigrant, et celui-ci jouit des mêmes avantages que ceux engagés par l'Etat ou venus à leurs frais.

En plus du remboursement du passage, les entreprises ou les particuliers qui fondent des colonies se voient accorder une prime de 10 contos de reis pour chaque 50 familles qu'ils installent dans leurs colonies.

En général, l'étendue des concessions ou lots de colonies varie de 25 à 50 hectares. Les conditions dans les colonies et entreprises privées sont particulières à chacune, mais elles se rapprochent beaucoup de celle de la colonisation officielle.

Dans ces dernières, les prix des lots varient suivant leur superficie, situation et qualité des terrains : il faut compter de 15 à 50 milreis par hectare; dans la zone du littoral on obtient facilement des terres à 10 milreis l'hectare; de même dans les zones dites du Nord-Ouest, nouvellement ouvertes à la colonisation, on peut obtenir de bonnes terres de 10 à 30 milreis l'hectare, suivant qu'elles sont situées plus ou

moins loin de la voie ferrée (ce dernier cas concerne les colonies privées ou des compagnie de chemins de fer).

VI. Dispositions légales relatives a la concession des lots DE terrain; conditions de paiement; paveurs accordées aux colons. — Pour devenir propriétaire d'un lot, l'immigrant doit s'engager à payer ce lot dans les conditions suivantes :

Dans les centres établis à proximité d'un chemin de fer ou d'un fleuve navigable, le paiement des lots devra être réalisé en cinq annuités égales. La première annuité, correspondant à un cinquième de la vjBdeur du lot, payable au moment de recevoir le titre provisoire de propriété du lot, sans lequel le concessionnaire ne pourra en prendre possession ; la deuxième, à la fin de la deuxième année agricole; la troisième, à la fin de la troisième année agricole, et ainsi de suite jusqu'à la cinquième.

Lorsqu'il s'agira de familles arrivées récemment à leurs frais et se trouvant dans les conditions d'être remboursées du prix de leur voyage, le montant de ce remboursement leur sera crédité en compte de la première annuité.

Si le montant du remboursement est supérieur à la valeur de la première annuité, l'excédent sera remis aux immigrants avec leurs titres provisoires.

Lorsque le montant du remboursement est inférieur à la valeur de la première annuité, celle-ci est réduite à ce montant et la différence sera ajoutée proportionnellement aux annuités futures.

Les familles d'immigrants qui ne posséderont pas les ressources nécessaires pour effectuer le paiement immédiat de la première annuité, mais étant composées d'au moins trois personnes aptes au travail, pourront obtenir exceptionnellement du Gouvernement l'autorisation de résider dans un lot et de le cultiver pendant un an, à la condition de payer à la fin de ce délai la location qui aura été stipulée pour les terrains ou la somme nécessaire pour recevoir leur titre provisoire.

Lorsque le concessionnaire d'un lot l'aura amélioré, soit au moyen d'installations ou de constructions, soit par des plantations de caractère permanent, telles que des forêts, des arbres fruitiers ou toutes autres cultures permanentes de plantes industrielles correspondant à la valeur des annuités échues

IMMIGRATION BT COI^ONISATION. 24V

«t impayées, le délai de payement de celles-ci pourra être pri^rogé.

Le Gouvernement pourra donner des facilités non seulement pour l'acquisition d'animaux, d'instruments et de machines nécessaires au travail agricole, mais aussi pour la construction de leur maison d'habitation, aux immigrants fraîchement arrivés qui s'établiront dans les centres coloniaux de l'Etat. La valeur de la maison et tout ce que le concessionnaire aura obtenu du Gouvernement lui sera débité pour être payé par fractions jointes aux annuités du lot. Toutes ces faveurs pourront être accordées dans l'ordre suivant :

1° La construction de la maison, une fois que le concessionnaire du lot aura payé la première annuité, ainsi que le cinquième de la valeur de la maison ;

2** Les animaux, lorsque le concessionnaire habitera la maison construite sur son lot rural et cultivera celui-ci, ayant payé comptant le cinquième de la valeur des animaux;

3** Les machines agricoles, après que le concessionnaire aura reçu les animaux et payé à vue le cinquième de la valeur de ces machines.

Le paiement des lots situés loin de tous moyens de transport ou aux alentours du chemin de fer Sorocabana sera fait en dix annuités.

Le concessionnaire d'un de ces lots pourra, cependant, en obtenir le titre définitif de ipropriété dès qu'il aura complété trois ans de résidence et de culture effective et y aura fait des améliorations permanentes d'une valeur d'un conto de reis.

En cas de décès du chef de la famille, et les trois premières annuités étant payées, les annuités restantes et non encore échues useront levées au profit de la veuve et dés orphelins, qui recevront dès ce moment le titre définitif de propriété.

Le concessionnaire d'un lot qui aura payé comptant le montant de ce lot, avec les améliorations y existant, aura droit à un escompte de 10 % et recevra tout de suite le titre définitif de propriété.

Cet escompte sera accordé également à tout concessionnaire ayant effectué le paiement de ses annuités au moins un an avant les échéances respectives.

Pendant la première année de leur établissement, les*concessionnaires de lots étant des immigrants nouvellement arrivés, recevront à titre de secours pour leur alimentation, s'ils

en ont besoin, du travail salarié, à raison de trois jours i semaine, dans les cultures et les services que le Gouveri ment possédera dans le centre colonial ou dans les plan lions de café des environs à l'époque des récoltes, avec Irai port gratuit dans les chemins de fer. Les femmes et les r neiirs de moins de 18 ans sont exclus du travail salarié d; ■ les centres coloniaux. La journée de travail effectif 'est huit heures.

. Les immigrants nouvellement arrivés qui s'installen dans les centres coloniaux de l'Etat ont droit :

1* A la nourriture pendant les quinze premiers jours leur arrivée au centre ou nucléo-eolonial;

2' Aux semences pour la culture de leurs lots dans la p mière année d'établissement; au cas où l'Etat n'en posséi rait pas dans ses établissements agronomes, ces semenc qu'il faudrait acheter, seraient débitées aux colons (ce qui exceptionnel);

3° Aux secours médicaux pendant la première année li'é blissement;

4° Aux médicaments pendant les quinze premiers joi " Les colons doivent entretenir la route qui traversera lei lots, sous peine d'une amende. Un lot est considéré com abandonné quand le concessionnaire se sera absenté pendi six. mois, sauf en cas de force majeure ou lorsque l'abseï ne porte pas atteinte à la culture du lot.

Tous les «olons sont tenus d'envoyer leurs enfants de < 12 ans dans les écoles publiques installées dans les cent:

VII. Les perspectives d'une faiiille de colon. — Pour d( ner une idée de ce que peuvent être les gains réalisés pai propriétaire d'un lot de 25 hectares, nous -nous borneron: reproduire les résultats d'une enquête faite et publiée par Chambre de Commerce française de Rio de Janeiro sur conditions de l'immijiration et de la colonisation; les donm fournies par cet organisme, non dans un but de propagar mais pour renseigner exactement nos compatriotes, conc dent, à quelque chose près, avec les chiffres recueillis i nous-même au cours de nos visites à travers les coloni nous les donnons de préférence. Malgré les résultats avan geux qui peuvent être obtenus par une famille de colon.

IMMIGRATION ET COLONISATION, "'âQ

aut bien se persuader qu'ils ne sont atteints qu'après des lébuts souvent pénibles, un labeur opiniâtre et une volonté

.ersévéranfe.

« Nous supposerons une famille de colon composée du •ère, de la mère, de deux fils majeurs et de deux filles déjà n âge de vaquer aux travaux intérieurs et d'aider leur mère.

n Nous supposerons que cette famille soit établie depuis :Dis ans sur son lot qui ne comprend que 25 hectares et qui e trouve éloigné d'un marché de 40 kilomètres.

« Cette famille a contracté, vis-à-vis du Gouvernement, les bligations suivantes inscrites sur son livret :

.chat de son lot rural, 25 hectares à 10 $ 000 250

Lchat de sa maison ' 600

ubsistance durant les huit premiers mois, Q personnes à $800 par jour et par tête 1: 152

.chat d'instruments et d'animaux 1 : 000

Total 3:002

H La famille prétend amortir cette dette en cinq ans, elle evra donc payer annuellement 0OO$OOO pour s'acquitter de 33 obligations envers son créancier.

« La plantation du colon a été organisée comme suit :

Cinq hectares de riz.

Deux hectares de haricots.

Trois hectares de pommes de terre.

Cinq hectares de blé.

Un hectare de légumes.

Un hectare de bananiers.

Trois hectares d'orangers.

Cinq hectares de pâturages naturels.

« Dépenses.

« Riz. — Il faut 80 litres de semences pour planter un hecire, soit 45 kg. 500 gr.

« On récoltera 3.500 kilogrammes par hectare ou 17.500 ki-

' Ce chiffre nous paraît EnsuftisaDt ; pour uoe msUon habitable pour imille il faut compter le double, i) moins d'être construite en boisi.

.If

CHAPITRB XIII.

logramnies sur les cinq hectares, ce qui représentera 282 sacs de 62 kilogrammes, qui, transportés à la station la plus proche, seront vendus à 15 milreis le sac (de riz brut non pelé),

Milreis

soit pour les 282 sacs 4: 230

« Les frais de semences, de culture, de récolte, de transport à la gare sont estimés par le Gouvernement à 200 $ 000 par hectare ; en supposant que le colon ait eu besoin d'assistance, nous admettrons que ces frais se soient élevés à 300 $ 000 par hectare, donc pour les cinq hectares 1:500

« La plantation de riz donnerait donc net 2: 730

« Les deux hectares de haricots lui produiront 1.600 kilogrammes par hectare ou 3.200 kilogrammes pour les deux hectares, et ces 53 sacs de 60 kilogrammes de haricots vendus à la station à 25 $ 000 le sac. . i: 325

« Tous les frais de semences, culture et transport s'élèveront à 92»$ 000 par hectare, mettons 100 $000. Les frais pour les deux hectares seront donc de 200

« Et le bénéfice net de i: 125

« La plantation de trois hectares de pommes de terre lui produira 9.000 kilogrammes par hectare ou 27.000 kilogrammes pour les trois hectares, qui, vendus à la station à $ 300 le kilogramme, produiront 8: 100

« Les frais de plantation, de culture et de transport s'élèveront, d'après les statistiques offiéielles, à 550 $ 000 par hectare; mais supposons-les de 600$ 000, ou pour les trois hectares 1 : 800

« Le bénéfice net sera donc de 6: 300

« Les cinq hectares de blé produiront 10 hectolitres par hectare ou 50 hectolitres pour Jes cinq hectares, qui rendront 2: 000

« Tous les frais sont évalués à 200 $ 000 par hectare, ou pour cinq hectares 1 : 000

« Le bénéfice net serait donc de 1 : 000

milreis ou 200 milreis par hectare,

« Cette culture n'est pas aussi sûre au Brésil que celle du riz, de la canne à sucre, du manioc et du maïs, qui conviennent par excellence aux pays chauds.

« Récapitulons :

« Le colon aura réalisé les bénéfices suivants sur ses différentes cultures :

Milreis

Sur le riz 2: 730

Sur les haricots 1 : 125

Sur les pommes de terre 6: 300

Sur le blé , 1 : 000

Soit ensemble. 11 : 155

« Nous ne comptons rien pour les légumes ni pour les plantations prévues ci-dessus de bananiers et d'orangers, bien que la première récolte de bananes puisse lui produire un bénéfice de 500 milreis par hectare, suivant les données officielles, et que ses orangers, après cinq ou six ans, lui donnent un bénéfice de 1 : 700 milreis par hectare.

« Si nous admettons que cette famille de colon, se traitant fort bien après la troisième année de travail, dépense 1 milreis par jour et par tête, soit 6 milreis par jour, ou pour 6 personnes durant Tannée 1.296 milreis, on verra qu'elle sera dès la troisième année en condition d'amortir toute sa dette envers le Gouvernement et qu'après avoir bien vécu, il lui restera environ 7:000 milreis d'économies.

« On comprend que toutes les exploitations agricoles du inonde soient soumises à des aléas, à de brusques variations ■atmosphériques, à des grêles, à des gelées, à des pluies ou à des sécheresses prolongées, mais il faut reconnaître que ces cataclysmes sont bien plus rares au Brésil et dans l'Etat de Sâo Paulo que dans maints autres pays.

« Quant aux bénéfices considérables que donnent certaines cultures, comme celles de la pomme de terre et du riz, ils nous sont prouvés de toute évidence par l'arrivée en masse des Japonais qui viennent au Brésil cultiver ces deux céréales presque exclusivement.

« Nous n'ajouterons plus qu'un mot : nous avons parcouru ■différentes colonies du Sud du Brésil et nous avons (Hé frappé de l'aisance qui y régnait. Quand nous demandions ce

que représentaient telles ou telles familles, il était rare qu'on nous répondît qu'elles disposaient de moins de 20 contos de reis, et d'ordinaire leur capital industriel était évalué, par ceux qui les connaissent bien, à 30, 40, 50 et 60 contos de reis. « Nous le répéterons encore une fois en terminant celte note, les commencements sont fort pénibles, mais le travail persévérant est récompensé. »

lliiii.'

VIII. Les colonies officielles; la colonisation japonaise. — Les divers Gouvernements qui se sont succédé se sont toujours efforcés de multiplier les centres coloniaux (nucléos), qui sont aujourd'hui près de quarante, tant officiels que particuliers. Les colonies officielles sont de beaucoup les plus privilégiées parce que plus anciennes et mieux situées sous le rapport des communications. De 1890 à ce jour, l'Etat de Sâo Paulo a créé dix-huit colonies en diverses parties de son territoire; ce sont : Piaguhy, Quirim, Conde do PinhàLyBûTacea, Sabaùna, Bom Successo, Sào Bernardo, Nova Paulicea-j Campas Salles, Jorge Tibiriça, Conde de Paranahyha, Nova Veneza, M. Prado Junior, Gaviào Peixoto, Nova Odessa, Nova Enropa, Visconde de Indaiatuba et Pariquera Assit.

Les neuf premières sont aujourd'hui émancipées, c'est-àdire que, par le fait que toutes les concessions ayant été accordées et que tous les colons ayant soldé la valeur de leurs lots, la colonie devient indépendante et s'administre ellemême. La direction est supprimée, et tout le matériel existant est cédé gratuitement à une sorte de syndicat ou de coopérative formée de tous les concessionnaires; cet organisme est chargé de l'utilisation et de l'entretien de ce matériel.

La colonie la plus récemment émancipée est « Gampos Salles », fondée en 1897, non loin^de Gampinas.

Faute d'un bon plan d'organisation et d'une direction appropriée, les premières colonies fondées eurent des débuts assez difficiles et ne prospérèrent que trè^ lentement. La plupart des autres, fondées par le D"" Carlos Botelho, sous le gouvernement de M. Jorge Tibiriça, suivant une autre méthode, sont dans des conditions différentes à divers degrés; ces méthodes subissent d'ailleurs, d'année en année, des modifications exigées par l'expérience. Toutes ou presque toutes ces colonies sont à proximité de la voie ferrée et trouvent sur place un débouché facile à leurs produits. Nous avons

if'

visité les colonies qui ont été fondées dans la région de Gampinas et sur une partie de la zone desservie par la ligne « Paulista » et sur la ligne du « Dourado » ; à part /quelques critiques dé détail, ces grouppes et la situation prospère dans laquelle nous les ètvons trouvés nous ont produit une bonne impression. Les critiques portaient sur les maisons construites, sans esprit pratique, par des entrepreneurs payés par VEtat.' Ces méthodes sont aujourd'hui abandonnées, car le Gouvernement préfère fournir au colon à prix coûtant les matériaux dont il peut avoir besoin pour construire sa maison à son goût.

Tous les colons que nous avons interrogés sont unanimes à déclarer qu'ils sont satisfaits de leur lot et de leur sort. Ils vivent tranquilles, sans ennuis, trouvant un placement avantageux de leur récolte; ces dernières années surtout leur ont été très favorables.

Etablies et dirigées sur des bases plus rationnelles, les colonies ont aujourd'hui un développement bien plus rapide. Dans chaque « nucléo » ou centre colonial l'Etat entretient un médecin, un pharmacien et des écoles primaires; il existe, en outre, un certain nombre d'habitations où le colon peut loger en attendant qu'une maison soit construite. Dans ce pays où il n'y a qu'à se protéger de la pluie et du soleil, on peut d'ailleurs très bien vivre sous un abri provisoire quelconque bâti en quelques jours, en attendant la construction d'une demeure plus confortable, en briques, d-e préférence aux maisons en bois qui ne sont pas de longue durée. Les matériaux ne manquent pas.

Il existe actuellement neuf colonies, ou centres coloniaux, fondées et dirigées par l'Eîtat de Sâo Paulo, plus deux colonies, « Bandurantes » et « Moncâo », fondées par le Gouvernement Fédéral. Voici quelques brèves indications sur les neuf colonies de l'Etat pauliste, qui couvrent une surface totale de 56.689 hectares :

Jorge Tibiriça. — ■ Cette colonie a été fondée en 1905, dans le municipe de Rio Claro, elle est desservie par la ligne Paulista. Sa superficie totale est de 6.325 hectares, sur lesquels 2.225 sont cultivés; elle est divisée en 246 lots ruraux, dont 210 étaient occupés, plus 401 lots urbains, sur lesquels 138 seulement étaient concédés. Cette colonie possède une population de 2.847 habitants, avec 6 écoles; la valeur de la récolte produite en 1919 fut de 1.500 contos.

254 CHAPITRE XUI.

Lé Gouvernement ayant acquis, pour 300 contos, la fazenda « Boa Vista », celle-ci fut divisée en 79 lots ruraux et 19 suburbains, puis annexée à la «codonie « Jorge Tibiriça ». En 1919, 38 lots ruraux et 6 suburbains étaient déjà vendus; on estime que la totalité sera intégralement payée en 1921; cette vente laissera à TEtat, sans parler de la valeur du matériel acheté, un solde de 149 contos.

En octobre 1919, le Gouvernement ayant acheté, pour 330 contos, la fazenda « Sant' Anna », dans le même muni- •cipe de Rio Glaro, ce domaine fut encore annexé à la colonie « J. Tibiriça », sauf 726 hectares réservés pour l'industrie pastorale.

Conde de Parnahyba. — A été fondée en 1911, dans le municipe de Mogy Mirim, sur le chemin de fer « Punilense ». Superficie totale : 4.622 hectares. Surface cultivée : 1.744 hect. Nombre de lots : 184; occupés : 183. Population : 1.908 habitants; 2 écoles. Valeur de la production en 1919 : 800 contos.

Nova Veneza, — Fondée en 1910, dans le municipe de Gampinas, desservi«e par la ligne « Punilense ». Superficie totale : 3.395 hectares. Surface cultivée : 2.020 hectares. Nombre de lots : 138; lots occupés : 128. La population, en grande majorité italienne, s'élevait à 724 habitants en 1919; 2 écoles. Valeur de la production : 270 contos.

Martinho Prado Junior, — Cette colonie, fondée en 1911, est située dans le municipe de Mogy Guassù; elle est desservie par le chemin de fer « Funilense ». Superficie totale: 2.100 hectares. Surface cultivée : 520 hectares. Nombre de lots : 84, dont 77 étaient occupés. Population en majorité brésilienne; 343 habitants; 1 école. Valeur de la production: 90 contos.

Gaviâo Peixoto, — Fondée en 1907, dans le municipe d'Araraquara; est desservie par le chemin de fer « Dourado ». Superficie totale : 5.246 hectares. Surface cultivée : 3.534 hectares. Nombre de lots ruraux : 200; occupés : 125. La population, composée de Russes, de Polonais, d'Italiens, etc., est de 2.628 habitants; 5 écoles. Valeur de la production: 1.200 contos en 1919.

Nova Odessa, — A été fondée en 1905, dans le municipe de Campinas; elle est desservie par la ligne « Paulista ». Super-

lHi'

ficie totale : 4.295 hectares» Surface cultivée : 1.643 hectares. Nombre de lots : 179; occupés : 175. La population, composée de Russes et d'Italiens en majorité, est de 1.311 habitants; 6 écoles. Valeur de la production : 800 contos.

Nova Eiiropa. — Fondée en 1907, dans le municipe d'Araraquara, à 39 kilomètres de la ville d'Ibitinga, desservie p$jr le chemin de fer de « Dourado ». Superficie totale : 6.853 hectares. Surface cultivée : 3.628 hectares. Nombre de lots : 259, dont 258 occupés. En 1919, elle comprenait 2.777 habitants de diverses nationalités et 8 écoles. Valeur de la production : i.200 contos.

Visconde de Indaîaiuba, — Gréée en 1912, dans le municipe de Mogy Mirim, sur Iç chemin de fer « Punilense ». Surface totale : 7.298 hectares, dont 1.534 cultivés. Nombre de lots : 231, dont 212 étaient occupés. Population : 2.003 habitants; 4 écoles. Valeur de la production en 1919 : 800 contos.

Pariquera Assù. — Cette colonie est située sur le littoral, dans le municipe de Iguape; elle est desservie par voie maritime et fluvial^. Il y avait, en 1919, une population de 2.919 habitants de diverses nationalités et 5 écoles. Sur la superficie totale de 16.555 hectares, 4.282 seulement étaient cultivés. Divisée en 724 lots, 715 étaient cultivés, avec une production d'une valeur de 500 contos.

Les lots restés inoccupés dans les diverses colonies ont été fort recherchés au cours de Tannée 1919, car le message présidentiel publié en juillet 1920 signalait que, sur les 2.240 lots ruraux (car il existe aussi un grand nombre de lots urbains ou suburbains moins recherchés), il en restait une vingtaine seulement d'inoccupés, ce qui fait que le Gouvernement ^e préoccupe de créer de nouveaux centres, en dehors du développement territorial donné à la colonie « Jorge Tibiriça », par l'achat de deux grandes fazendas.

La colonisation japonaise a 6tô entreprise par le « Kaigaî Kogyo Kabushiki », qui a succédé à la « Brazil Tukushoku Kaisha » ou Ck)mpagnie de Colonisation au Brésil, laquelle s'était engagée, en 1917, à introduire un certain nombre de colons jai>onais dans un délai donne. Au commencement de 1920, cette compagnie avait reçu 17.120 hectares de terres, situés entre la rive droite, du rio Ribeira de Iguape et la rive

ri

gauche du Jacupiranga, sur les 50.000 qui lui sont concédés. A cette date, 532. lois, allant de 25 à 50 hectares, avaient été divisés et 430 familles japonaises et 5 brésiliennes résidaient dans cette colonie. Tous les codons se dédient à la culture du riz, du maïs, de la canne à sucre, du manioc, etc. En raison de raccroissement des plantations, ils ont créé plusieurs petites fabriques de sucre et de bonification du riz et du manioc.

IX. Comment se fixe l'immigrant. — Les données qui précèdent ne donnent qu'une faible idée de l'importance de la colonisation et du peuplement au sens large du mot, la colonisation étant aussi bien nationale qu'étrangère. Cette dernière semble cependant plus active; en effet, les immigrants, après un stage plus ou moins prolongé, s'installent à leur gré, achetant des lopins de terre ou des lots à des particuliers ou aux compagnies de chemin de fer.

Le problème de l'immigration et de la colonisation est d'ailleurs une chose assez complexe ; l'évolution des courants migrateurs, obéissant à des lois encore mal définies, amène souvent des surprises et des déceptions, même dans les pays où, comme à Sâo Paulo, on accorde des avantages et où l'on applique des méthodes susceptibles d'attirer et de retenir ces courants. En réalité, l'immigrant ne se fixe pas toujours où le Gouvernement prétend ou décide qu'il se fixe, quels que soient les avantages offerts. L'immigrant se déplace ou se dirige et reste où son jugement personnel ou ses impressions lui conseillent d'aller. Et ce jugement obéit le plus souvent à des motifs qui échappent à ceux qui étudient le problème théoriquement et du haut d'un poste administratif.

Dans TEtat de Sâo Paulo, où le plus mauvais district est encore supérieur pour l'immigrant aux meilleures zones de certaines parties de l'Amazonie, il y a des régions préférées et des régions dédaignées par les immigrants, sans raisons apparentes. Il existe des localités d'un climat excellent, des terres très bonnes, vers lesquelles le nouvel arrivé ne se dirige pas malgré les efforts du Gouvernement et des particuliers. Il en existe d'autres, par contre, où les immigrants affluent en nombre, sans aucune sollicitation des autorités; au contraire, on y trouvera des gens venus d'autres Etats où, à grands frais, l'on s'était efforcé de les localiser sans y parvenir. A côté de quelques déceptions, cet état de choses offre donc certains avantages.

Page 1