‹ Au pays de l'or rouge: L'état de São Paulo (Brésil) Ses ressources - ses progrés - son avenir. Ètude générale économique et descriptiveChapitre 53 sur 72 · CONSEILS AUX DÉBUTANTS ET NOUVEAUX DÉBARQUÉ · texte numérisé non relu

CONSEILS AUX DÉBUTANTS ET NOUVEAUX DÉBARQUÉ

çon française, avec intelligence, méthode et persévérance. Il y a égalem-ent de beaux bénéfices à recueillir de l'horticulture et de Tarboriculture.

L'émigration doit être envisagée à un double point de vue, celui du pays d'origine et celui du pays d'arrivée; certains émigrants, et c'est parmi eux qu'on trouve toujours les mécontents, sont ceux qui peuvent être considérés comme un débarras pour le premier et une charge pour le second. C'est ceux-là qui, généralement, révent une fortune rapide par le seul fait qu'ils mettent le pied dans un pays quelconque du nouveau monde; sans profession, sans connaissances d'aucune sorte et surtout sans énergie, ils reviennent, s'ils le peuvent, de ces terres promises plus misérables que jamais et le cœur plein d'amertume. Opéré dans ces conditions, leur retour ne peut que desservir, aux yeux des observateurs superficiels, la cause de l'émigration. Ce qu'il faut au Brésil et à TEtat de Sao Paulo, ce sont des agriculteurs et non des déclassés et des sans-métier; dans notre esprit, le colon c'est l'apiculteur dans toutes ses catégories, le planteur ou l'éleveur exploitant une étendue de terrain d'une superficie variable, et celui qui exploite les produits de la forêt.

Est-c^ à dire que l'agriculteur qui émigré doive s'attendre à une réussite rapide, à une vie facile semée de plaisirs, comme on a coutume de représenter la vie du planteur, à ce que tout lui arrive sans peine? De ce rêve à la réalité, il y a loin; il faut être préparé à l'effort et à la peine, si Ton veut aboutir, sinon à la fortune, du moins à une large aisance; il faut se soumettre, au début, à une vie de labeur, voire de privations; on n'a rien sans peine!

Ceux qui partent avec l'espoir de s'enrichir vite et sans fatigue doivent s'attendre à retourner, un jour, l'oreille basse et la poche vide. L'écueil contre lequel §e heurtent de nombreux émigrants, particulièrement les Français, qui le plus souvent s'en vont avec l'idée d'un prompt retour, c'est la nostalgie, qui fait abandonner aux volontés flottantes des situations parfois avantageuses," avant d'avoir pris le temps d'apprendre la langue, de s'habituer aux usages et coutumes du pays, en un mot, de s'être acclimaté. Il faut toujours s'attendre à une période d'apprentissage d'une année environ; le temps se charge bien de débarrasser le nouvel arrivé de ses Pï*éjugés et de sa manière de voir à l'horizon borné.

Le travail d'adaptation et d'assimilation aux conditions nouvelles s'effectue peu ^ peu, à l'insu de celui qui en est l'objet. Le colon cesse petit à petit de trouver tout mauvais, de tout critiquer et de comparer ce qu'il trouve avec ce qu'il avait ou qu'il enviait; il apprend à éviter de provoquer des réponses déplaisantes en émettant des avis sur lesquels il se voit obligé de revenir. Il s'adapte au milieu et aux conditions de la vie, et finit par s'apercevoir que celles-ci sont bien meilleures qu'il ne les avait jugées au débyt.

in. La vie du colon sous son vrai jour au début. La meilleure PRIME a l'expatriation. — On ne pourra nous accuser de présenter la vie initiale du colon sous des couleurs trop riantes; nous n'avons, d'ailleurs, pas l'idée, et il n'entre pas dans notre but de faire œuvre de propagande gour l'émigration, considérant qu-e nous n'avons pas trop de notre population rurale, la seule dont l'Etat de Sâo Paulo ait besoin, avec les industriels et négociants à petits ou gros capitaux.

Toutefois, nous devons renseigner, n'ayant pas le droit de les décourager, les jeunes, les énergiques, dont l'amour de la lutte et l'ambition se trouvent trop à l'étroit chez nous, ceux qui révent de faire œuvre personnelle en connaissance de cause, dans ce pays neuf aux terres fécondes. Ceux-là, d'ailleurs, nous sommes obligé de les approuver et d'applaudir à leur initiative; en cherchant à se tailler, dans les divers Etats, une situation ou un patrimoine qui les attache à leur nouvelle patrie, ils font aussi œuvre de patriotisme, car le Français établi à l'étranger contribue, mieux que le meilleur agent commerciaJ, à faire connaître et apprécier nos produits en même temps que notre caractère et nos mœurs.

Mais, nous le répétons, que les romanesques, les déclassés et les dévovés restent chez eux; les artisans et les commerçants eux-mêmes, sauf ceux qui disposent d'un petit capital, ne doivent partir qu'à bon escient. Les désillusionnés et les impatients, nous l'avons dit, reviennent après avoir trouvé une égale iriisère, desservant, par leur échec, le pays qui les avait tout d'abord séduits. Il ne faut s'expatrier qu'en connaissance de cause, sachant où l'on va et ce qu'on veut.

La meilleure des primes à l'expatriation, c'est la nouvelle, bien vite propagée, de, la réussite. Lorsque l'on connaît telle ou telle personne ayant atteint une certaine situation au delà

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