VI. Partage de la région en trois zones d'influences ou
AXES DE VOIES FERRÉES. ' La BANDE d'INFLUENGE DE LA « PaU-
LISTA ». — En effet, afin de desservir dans les meilleures conditions possibles la grande zone qui se trouve comprise entre le Tiété et le Paranapanema, laquelle se trouve seulement au début de son ■exploitation agricole et pastorale, les grandes compagnies de chemin de fer « Poulista », « Sorocàbana » et « Nord-Ouest » se sont mises d'accord pour se partager les zones où chaque compagnie pourrait étendre son réseau' sans concurrence ni porter préjudice à l'autre.
La vaste région dont il est question se compose de trois longues bandes parallèles, plus oii moins égales en largeur et comprises entre des limites naturelles. La première bande est située entre le rio Tiété et le rio Feio continué par TAguapehy; la seconde entre c^tte rivière et le rio do Peixe, et la troisième entre le Peixe et le Paranapanema.
En conséquence des concessions octroyées à la « Nord- Ouest » du Brésil et à la « Sorocàbana », et de la combinaison ou accord intéressant cette vaste région existant entre cette dernière compagnie et la « Paulista », chacune de ces bandes devra être parcourue par un grand axe de voies ferrées. Là encore il ne s'agit pas de projets, mais de réalités.
La première bande, du Tiété au rio Feio-Aguapehy, fut la première desservie par le chemin de fer du Nord-Ouest, complètement construit et qui, nous l'avons dit, se trouve prolongé à travers le Matto Grosso par la ligne Itapura à Ck)rumba.
La ligne « Sorocàbana », de son côté, a poursuivi avec activité la construction de son prolongement de Salto Grande à Porto Tibyriça, sur le fleuve Parana, presque en face de l'embouchure du rio Pardo, rivière venant de l'intérieur du Matto Grosso. Cette ligne, qui est presque complètement achevée, coupe la zone située entre le Paranapanema et le Peixe.
Seule la bande centrale du rio Fei6-Aguapehy au Peixe, laquelle se. trouve dans la zone d'influence de la « Paulista », reste a continuer; le retard doit être attribué à la guerre qui a empêché i'importa;tion du matériel nécessaire à cette construction. Le point de départ de cette ligne est Agudos, et l'embranchement devra atteindre, tout au moins provisoirement, un point navigable sur le rio Feio, ce qui donnerait à ce chemin de fer 300 kilomètres d'extension.
Dans le but d'entreprendre et de poursuivre les travaux le
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plus rapidement possible, la Compagnie Paulista fit faire une reconnaissance générale de la région à partir de Piratininga, station terminus de Tembranchément partant d'Agudos, afin de connaître la topographie générale, la qualité des terres, leur revêtement, en résumé ses principales conditions en relation avec le problème technique et le problème économique. Les informations recueillies par la Commission chargée de cette tâche furent très favorables à la réalisation du prolongement de la ligne de Piratininga aux sources du Tibyriça, principal affluent du Peio.
La Serra dos Agudos, depuis Piratininga jusqu'à une trentaine de kilomètres au delà, ainsi ajie le bassin du rio Batalha, sont déjà couverts de cultures de café et de céréales, produits qui sont exportés par la station de Piratininga. A partir de cette limite en avant, et à Texception d'un espace de campo où coule VAlambary, lequel occupe la partie inférieure de quelques petits affluents de cette rivière, toute la partie inférieure de ces vallées, jusqu'au haut de la Serra dos Agudos et do Mirante, est complètement couverte par une forêt touffue. Celle-ci est constituée, pour la plus grande partie, par des terres de première qualité, étant donné la présence de la Jangada Brava et du Pau d'Alho, essences qui sont les meilleurs indices connus des bonnes terres.
Malgré la grande distance, relativement aux transports, à laquelle elle se trouve des chemins de fer, cette zone possède déjà de petites cultures de caféiers formés et le commencement de cultures très étendues. La vallée du Tibyriça, qui fait suite à la Serra do Mirante, est couverte de forêts denses, sans solution de continuité; la plus grande partie de ces terres possède les indices qui en indiquent rexcellente qualité.
Cette vallée du Tibyriça ne possède pas encore de cultures caféières, mais à sa naissance il existe cependant quelques plantatibns nouvelles de café qui prendront, sans aucun doute, un grand développement si la zone encore dépourvue de moyens réguliers de transport peut compter sur cette importante amélioration. Etant donné les excellentes perspectives que laissaient envisager les études de la Commission de reconnaissance, la Compagnie Paulista fit faire des études définitives du prolongement de Piratininga jusqu'aux sources du Tibyriça, soit une extension do 90 à 100 kilomètres. La Compagnie a dû cependant attendre, pour commencer ses tra-
vaux, que la situation générale de l'Europe rende possible l'importation de matériaux.
Ce prolongement préalable de 100 kilomètres étant .achevé, la Paulista entreprendra ensuite la continuation de la ligne par la vallée de l'Aguapehy (nom de la partie inférieure du Peio) à mesure que cette région, Composée de terres excellentes dans sa plus grande partie, se peuplera et se couvrira de plantations. Il suffit de voir le développement pris par les centres de population et les cultures qui se constituent sur toute la ligne de la Nord -Ouest et ce qui se manifeste déjà sur le prolongement de la Sorocabana, de Salto Grande au Parana (zone d'influence Paranapanema-Rio do Peixe), pour être assuré que l'importante zone qui se trouve placée sous l'influence de la Paulista aura un rapide développement agricole. En raison de l'extrême fertilité des terres, les cafézales sont formési en quatre ans au plus et leur production, ainsi que celle des céréales et autres denrées, est d'une abondance exubérante. D'autre part, bien que cette région d'avenir doive se trouver à près de 600 kilomètres du port de Santos, les prix de transport auxque^ls seront assujettis les produits seront relativement modiques. La Compagnie Paulista a, en effet, déjà décidé, dans un but d'encouragement et de prévoyance, que le café ne paiera pas plus de milreis p^r arrobe de 15 kilogramnles et que le transport jusqu'à Santos d'un sac de céréales pesant 60 kilogrammes coûtera seulement 800 et quelques reis. •
Il ne s'agit, là encore, que d'entamer une partie de la zone d'influence. Il faut considérer, d'autre part, que cette région nouvelle de l'extrême Sertào pauliste ^ étant extrêmement riche en forêts, les abatages qui seront fait« au bord de la nouvelle ligne, pour toutes sortes de cultures, prairies d'hivernage et autres buts, pourront être avantageusement utilisés pour approvisionner la ligne de bois et de traverses. Le commerce de combustible végétal de cette région pourra même prendre un gi'and développement si, comme il'arrivera naturellement, le bois qui devra se consommer sur toute la ligne d'Agudos et celle de Jahii doit être acquis pendant de longues années, en
^ On nomme Sertao les régions lointaines de Tintérieur, peu peuplées et peu exploitJées.
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raison de la rareté d'aill-eurs croissante de cette houille verte. Sur tout le tracé de la future ligne, le bois pour combustible, sans parler d'essences plus précieuses, se trouve en quantités incommensurables. Outre oe bois, propriété de la Paulista, les mêmes avantages appartiendront à ceux qui auront besoin de déboiser la nouvelle zone; ils trouveront aussitôt un facile et rémunérateur placement pour lesdits produits forestiers, lorsque ledit déboisement n'aura pas été opéré par le feu, ce qui est presque la règle.
Une fois construite jusqu'à la naissance du Tibyriça, l'avancement de la nouvelle ligne s'opérera dans la mesure où l'activité agricole réclamera une nouvelle pénétration; la ligne ee prolongera peu à peu jusqu'à atteindre son terminus naturel, les rives du Parana, dont l'accès serait préalablement facilité par 120 kilomètres de franche navigation sur le rio do Peixe.
Il est inutile de faire ressortir les avantages généraux qui résulteront de l'exécution de ce plan qui permettra la mise en valeur progressive du quart ou de la cinquième partie du territoire de Sâo Paulo.
VIT. La VAJ.LÉE DU RIO DO Peixe. — La superficie de la vallée du rio do Peixe est d'environ 15.000 kilomètres carrés, composés de terrains plats et réguliers et d'une autre partie fortement accidentée. Les eaux du Peixe sont en effet séparées de oelles du Paranapanema par la chaîne de collines dénommée Serra do Mirante, Du côté du Paranapanema, la topographie du terrain est très régulière, mais, dans la partie descendant vers le Peixe, le terrain tombe brusquement à pic de hauteurs souvent considérables, laissant à découvert de véritables murailles de grès. Cette dépression permet au regard de plonger dans un fouillis de bois merveilleux, abondant en arbres géants, puis la forêt disparaît, le terrain tombe rapidement pour faire place à un vaste horizon également vert.
La végétation de la vallée du Peixe est à peu près la même que celle du rio Feio ; des bois, des forêts épaisses contenant une grande variété d'essences qui sont réputées comme des indices de bonne terre. Sur les rives de la rivière elle-même, aussi bien dans sa partie supérieure que dans la région des chutes ou rapides, la végétation est haute et exubérante. De ce dernier point jusqu'au Parana, les rives sont, sur cer-
taii>s espaces, occupées par des terrains marécageux et par de grandes surfaces de bambous iaqtiaras.
Le rio do Peixe prend sa source dans la chaîne des Agudos, à 600 mètres d^altitude, sur une élévation qui donne naissance aux rivières d'Alambary, S. Joâo, Batalha, Daurados et Feio. La connaissance d-e c^tte dernière rivière se limitait à ses origines par Farpentage de quelques terrains privés et par les incursions des sertanejo» (habitan<?s du sertâo), qui faisaient des battues contre les Indiens. Issu du même massif, le Peixe fut longemps considéré comme un affluent du rio Feio. Il appartint à la Commission Géographique et Géologique de l'Etat de démontrer que cette dernière rivière ne recevait que le Tibyriça comme affluent d^importance et que l-e Peixe avait son cours spécial.
A rîssue d^ cette exploration, la même Commission découvrait sur la rive gauche du Parana, entre les embouchures de TAguapehy et du S. Anasiasio, un autre fleuve de cours égal à celui du Feio, lequel n'était indiqué que sur les carfees de Rath sous le nom de Tigre, Cette rivière n'avait jamais été visitée ; elle était passée inaperçue aux explorateinrs- coLoniâiix Sa e Faria et Lacerda e Almeida, les seuls que Ton connaisse ayant descendu le Parana jusqu'à l'époque de l'exploration de la Commission Géographique de l'Etat. T-»a raison pour laquelle cette rivière n'avait pas été découverte est que son embouchin^e se trouve cachée par une petite île, Vllha do Tigre, devant laquelle il y en a une autre, celle des Randeiraniês; comme les rares navigateurs qui visitèrent ces parages avant la Commission suivirent le canal qui passait entre les deux îles, l'embouchure du Peixe ne pouvait pas être aperçue.
VIII. Du Peixe au Paranapanema, aspect et valeur de cette BANDE d'influence DE LA « SoROGABANA ». — La partie de la vallée du rio do Peixe dont nous venons de donner un faible aperçu est celle qui subira l'influence du chemin de fer Paulista prolongé. 11 nous reste à dire quelques mots de la zone située entre le Peixe et le Paranapanema placée sous l'influence de la ligne Sorocabana, dont les travaux de pénétration sont en voie d'achèvement. Comme nou« l'avons dit au chapitre des voies de communication, cette ligne serait terminée si le matériel avait pu lui être fourni.
Toute cette partie de la vallée du Peixe était entièrement