I/ÉTAT DE S. PAULO INCONNU
Yierge il y a quelques années encore et on n'y trouvait que de rares habitants. La colonisation de cette région a été fait« tout d'abord et presque exclusivement du Salto Grande aux Gampos Novos, mais étant donné la difficulté des transports, cette colonisation s'est faite sur une petite échelle. Cependant, les colons, attirés par cette région d'avenir formée de campos et de terres fertiles, s'y installèrent et y vivent de l'élevage des bêtes à cornes et de celui des porcs, pendant que plu® au Sud se développent les cultures de céréales et de café, hak t^rre rouge apparaît fréquemment dans cette région, notamment vers le Salto Grande, zone fort développée aujourd'hui, où des plantations de café vigoureuses et opulentes démontrent la fertilité de la terre.
Après Salto Grande, en direction vers le sertâo, on trouve la petite ville d-e S. Pedro do Turvo; cette région est déjà assea peuplée et sur de grandes étendues les forêts vierges ont fait place à des pâturages ou sont retournées à l'état de eapoeiras^ à la végétation basse, facile à transformer en campos.
Tout-e cette partie du sertâo des Campos Novos do Paranapanema est certainement plus facile à coloniser que celle.s du rio Feio et de l'Agu-apehy. Dans ces zones, la nature est plus sauvage, plus exubérante, et il y a peu de temps encore,' les paysans paulistes et les colons étaient retenus dans leur avance jpar la crainte des Indiens Coroados, habitants primitifs de cette région. Des sévices réciproques amenèrent de cruelles vendettas, jusqu'au moment où, mettant en pratique les préceptes et l'exemple du général Rondon, l'explorateur du Matto Grosso et le rédempteur des Indiens de cet Etat, le Gou- Yernemeht de Sâo Paulo créa le « Service de Protection et d'Education des Indiens ». Ceux-ci furent attirés par de bons procédés et Ton parvint à constituer quelques centres où, pourvus de terres et des moyens nécessaires pour les cultiver, sous la direction de quelques fonctionnaires dévoués, ce qui reste de ces primitifs enfants de la forêt se livre à de paisibles travaux agricoles. Malgré quelques déboires obligés, cette méthode a donné en général d'excellents résultats ^
* lies Cîoroados sont en général des types robustes et bien constitués. Ils mesurent de 1 m. 60 à 1 m. 70, les hommes étant plus grands que les femmes. Ils sont larges d'épaules et ont un thorax bien développé ; leur *
Après le Feio et le rio do Peixe, la nature es»; d'apparence moins sauvage, les forêts ont une tendance à disparaître et, après le Peixe, elles deviennent plus basses, d^abord épaisses encore, ensuite moins denses, et finalement -elles se transforment en clairières qui sont les Gampos Novos, au fond desquels surgit une autre forêt haute et touffue.
La région qui est déjà ou seua desservie par la Sorocabana est formée par une succession de campos et de forêts qui s'étendent jusqu'aux sources du rio Anastacio. Elle est couverte d'une végétation tantôt basse, formant ce que l'on nomme des campos limpos ou champs propres, et tantôt mélangée avec une végétation plus haute, c'est ce que l'on appelle des campos sujos ou sales. Dans presque toute la région, les cours d'eau sont bordés d'une forte végétation et par intervalle de forêts de tout premier ordre. Les campos de Laranja Doce, où se trouvent les sources de la rivière de ce nom, sont dépourvus de grande végétation, de sorte que leur. ensemble homogène forme de bons pâturages en touffes et d'herbages de bonne qualité comme le Capin Mimosa,
Du côté du Sud, les campos sont limitrophes de belles forêts composées de terres rouges dont la valeur est attestée par de jeunes plantations de caféiers. Laranja Doce, qui se trouve à près de 300 kilomètres de Salto Grande, est déjà laissée loin derrière par le prolongement de la Sorocabana à Porto Tibyriça; la transition des campos de cette région aux forêts de la chaîne du Diabo est très intéressante; elle se fait presque brusquement, sans alterner avec de petits bois, comme il est fréquent dans cette zone.
Des campos de Laranjîai Doce au Parana les forêts vierges occupent une surface de 120 kilomètres carrés environ, interrompue quelquefois par de petites prairies qui forment de véritables îles au milieu d'une végétation touffue. Etant donné ces conditions, 'Cette partie du territoire pauliste était d'un
tronc est long et les jambes courtes, les pieds sont petits et larges, les mains de grandeur normale et bien formées. Ils ont le teint fortement bronzé, les yeux grands, vifs et noirs, très brillants, mais leur pupille est petite; la bouche est large et garnie de mauvaises dents. L»eurs cheveux sont noirs, sros et abondants; à part les sourcils, ils n'ont pas un poil sur la figure. T>eur nombre n'est pas très élevé et leur assimilation est surtout œuvre humanitaire.
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accès relativement plus facile que celles situées plus au Nord. Grâce à une route assez primitive alors, allant jusqu'à Tembouchure du rio S. Anastacio, nous avions pu, il y a une douzaine d'années déjà, nous rendre en treize jours de Campos Novos aux Campos de Vaccaria, grand oentre d'élevage de l'Etat de Matto Grosso, où il existait près d'un million de bêtes à cornes; un meilleur cavalier pouvait facilement faire ce trajet en dix jours.
Grâce au -prolongement de la Sorocabana, ce voyage est aujourd'hui des plus faciles, mais la route sert toujours pour le transfert du bétail- qui traverse le Pai^ana en face de l'embouchure de l'Anastacio et à Porto Tibyriça. Cette voie est plus commode que celle utilisée autrefois, laquelle obligeait les troupeaux à passer par S. Anna do Paranahyba et Uberaba où, commê^nous l'avons dit dans un autre chapitre, il hivernait et se reposait avant de repartir pour les abattoirs. Par Porto Tibyriça et la route, le bétail arrive en conditions d'être embarqué dans les wagons de la Sorocabana et atteint ainsi sans grande perte de poids les endroits de consommation. Les animaux fatigués du voyage trouveraient d'ailleurs entre La- '^ ranja Doce, Campos Novos et Mandury des campos permettant d'y engraisser plus de 20.000 têtes de bétail.
Le prolongement de la Sorocabana va ouvrir un nouveau champ d'action aux initiatives; il provoquera le peuplement progressif du sol et l'utilisation de ces terrains, excellents pour l'agricultuire et l'élevage, que sont les rivies du Parana et les terres arrosées par l'Aguapehy, le Peixe, l'Anastacio el le Paranaipanema.
IX. Entre le Tiété et le Rio Grande. — Une autre région bien peu connue du territoire du Nord-Ouest est la vaste zone qui s'étend au Nord du Tiété, dans sa partie frontière, avec oette pointe de l'Etat de Minas Geraes connue sous le nom de Triangle Minier et dont le Rio Grande est la limite naturelle.
Nous savons déjà que le Rio Grande contribue à former le Parana; il est lui-mênue constitué par deux branches importantes qui naissent dans la Serra da Mantiqueira, non loin du littoral, le rio Das Mortes appartenant tout entier à l'Etat de Minas et le Sapucahy commun aux deux Etats.
Dans la zone qui nous intéresse, il reçoit les importantes rivières Turvo eiBio Pardo, plus le «S. José dos Dourados, dont
une bonne partie des vallées forme la meilleure portion de* ce territoire, qui fut aussi étudié à partir de 1910 par la Commission Géographique ot Géolog'iqu^ de l'Etat dont les dernières grandes reconn-aissances furent celks du Rio Grande.
L'exploration de cette partie de l'Etait de Sâo Paulo s'imposait, non seulement pour ce qui concerne la géographie, mais aussi p«;r la série de richeisscs et de beautés qui s'y trouvent dans le plus grand abandon et représentent une réserve de ressources qui ne demandent qu'à être employées pour développier la prospérité de l'Etal
C'est au cours de cette ^exploration que furent .reconnues -et étudiées tes pluis grandes chutes de l'Etat qui obstruent le cours du Rio Grande dans cette partie de son coiirs, notamment celles du Marimbondo^ Dos Patos, do Agiui Vermelhaf que nous avons déjà signalées, sans parler d'un grand nombre d'autres de. moindre importance.
Les terres de l>a vallée du Rio Grande sont de différentes vadeurs ; à proximité du fleuve eltes soni généralement composées de terrains secs; près des falaises et ravines formées et rongées par les grandes crues de l'a rivière, la végétation est meilleure, mais, quoique possédajit de bonnes terres,. l'ensemble ne paraît pas offrir d'excellentes conditions pour l'agriculture. Par contre, ces terrains se prêteraient parfaitement à l'élevage. Cette zone offre tour à tour de grandes plaines couvertes de bonnes herbes, des bois de forte végétation et d''antres plus rabougris, notamment sur les versants des collines, La partie do cette isone se rapprochant du Rio Turvo et la vallée de cette rivière elle-même sont beaucoup plus riches, étant couvertes de végétation intercalée de campoS' verdoyants. Les forêts sie présentent sous des formes variées, vigoureuses et touffues en <îertains endroits, pluis claires en d'autres; elles possèdent les essences dont la présence indique les bonnes terres. Les prairies possèdent de bons pâturages ; aussi cette contrée est-elle favorable au développement de l'élevage.
La vallée du Rio Pardo offre des conditions bien plus avantageuses, mais, comme les précédentes, elte manque encore de voies de communication. Toutefois, le chemin de fer du Nord de Sâo Paulo ou d'Araraquara en dessert une partie; la Paulista a aussi des tronçons qui se dirigent dans cette direction. Leur prolongement apportera la vie dans cette région
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en grande paHie abandonnée, mais dont l'avenir ne fait pas de doirte. Près des chutes d'eau d'une force colossale, aujourd'hui désertes et délaissées et devenues un centre d'attraction, on verra sans douite, dans un avenir plus ou moins prochain, s'élever des sources génératrices de force et des industries qui y poiiseront leurs moyens et contribueront au développement toujours grandissant de l'Etat.
X. La faune du Nord-Ouest. — La faune de .toute cette zone est extrêmement variée et abondante. Il existe toutefois des zones où l'on rencontre assez peu d'animaux, comme celle d'Anastacio ; d'autres sont, par contre, extrêmement bien pourvues. Parmi celles-ci figurent les vallées du Rio Grande et plus encore celle du Rio Turvo, qui est une des plus riches sous le rapport de la chasse, toute la faune de l'Etat y étant représentée à profusion; au cours de l-eur exploration, les mtembres de la Ciommission Géographique voyaient fréquemment, traversant la rivière devant leurs embarcations, des tapirs,' des cerfs et même des jaguars.
Partout ailleurs, et surtout dans les parties du territoire où la foret est moins dense, dans les surfaces couvertes de brousse, dans les campos des bords du Parana et de ses affluents paulistes, Tiété, Pcixe, Aguapehy, etc., abondent les tapirs, les cerfs, les singes, les cutias, les paccas, les pécaris et les queixadas (sorte de sangliers plus gros que les pécaris). La chasse du gibier à plume offre une plus grande variété encore; parmi les plus appréciés sont les jacus, jacutingas, les mucums, à peu près semblables au dindon sauvage, les jaos, macucos et les inhambus (sorte de perdrix).
Les inhumas, oiseaux devenus un peu rares près des zones colonisées, sont très abondants sur les rives de TAguapehy et du Peixe, principalement dans les terrains maré<^ageux. Ils ont une voix étrange imitant la voix humaine. Ce palmipède, qui atteint la grosseur d'une dinde et constitue un bon gibier, possède à la jonction des ailes une espèce de dard très fort et long de 3 à 5 centimètres, qui paraît constituer son arme de défense et de combat; sur la tète, il a un cylindre de 10 à 20 centimètres de long par 2 millimètres de diamètre, dont l'utilité s'explique mal.
Les oiseaux de toutes tailles, chanteurs ou non, existent en nombre incalculable : tels que les perroquets, les aras rouges
OU jaunes, les perruches, les pique-bois, les toucans au plumage multicolore et au bec jaune, parmi les grimpeurs. Un grand nombre de variétés de colombes. Parmi les insectivores, il y a des légions d'araç)ongas au ori métallique, les sabias, les curiangos, les oiseaux-mouches, etc.
Les échassiers sont représentés par un grand nombre de hérons et de grues (garçais) blanches et grises, les colhereiros, les jaburus au bec jaune et en forme de couteau, etc. Gomme niageurs, il y a des quantités de canards blancs et noirs, des biguas et des tapicuriis.
L'ordre des amphibies est bien représenté par un grand nombre de tortues de bonne taille; le crocodile, qui est loin d'atteindre la taille des espèces de l'Amazone, attend patiemment le moment de se jeter sur la proie convoitée, le corps dans l'eau, ne laissant voir que le museau et le crâne, ou se préparant à faire la sieste au soleil, jusqu'au moment où une balle blindée, le frappant à- la tête, débarrasse le royaume animal d'un individu inutile et dangereux.
La plupart des affluents du haut Parana, notamment le Tiété et le Rio Grande, dams La zone pauliste, isomt fréquentés par le boa aquatique, VEunectes murmus des savants, nommé là-bas sucury ou sucuriu. On en rencontre assez fréquemment faisant la sieste sur les bords des rivières ; la chasse en est relativement facile dans ces conditions. Ils aitteignent des proportions considéral)les ; toutefois nous n'en avons jamais rencontiré de plus de 8 mètres de long, taille qiui est largement dépassée en Amazonie, dans l'île de Marajo, par exemple, où on les nomme alors buyunas. Ges reptiles inspirent à tous une légitime terreur, mais, sans être catégorique, il nous semble que la réputation de ces répugnants animaux est bien surfaite et tient en grande partie de la légende ou de cas exceptionnels. Gette opinion nous est inspirée par le fait que, au cours de nombreuses années de voyages et séjours dans les régions habitées par ces reptiles amphibies, notamment en Amazonie, où nous avons eu maintes occasions d'en rencontrer des quantités, nous n'avons jamais pu relever par nous-même aucun cas d'attaque contre les peo'sonnes; ces animaux, comme tous les reptiles, fuient au moindre bruit et c'est par surprise, au cours de leur sieste ou de leurs longues digestions, qu'ils sont assez facilement surpris.
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XL La forêt vierge et le chasseur. — Dams Tordre des Tnammifères, nous avons déjà signalé le jaguar, les cerfs, tes tapirs, les singes de différentes espèces; à ces animaux il faut ajouter les grands rongeurs comme les capivaras qui, réunies •en familles nombreuses, attendent d'un air grave que quelques-unes soient tuées pour se réfugier dans les eaux ou dans la foret des rivets; les oatetes, les ariranhas, les loutres, etc.
Malgré que la forêt vierge isoit très grande et les chasseurs très rares, il est des endroits à peu près complètement dépourvus de bonne chajsse en dehors du gibier à plume ;'en d'autres, il est très abondant surtout dams le voisinage des rivières où, comme sur les rives du rio do Peixe et autres, on trouve des endroits où la teirre argileuse est imprégnée de salpêtre. Ces endroits, nommés harreiros ou lambadeiros {de lambar, lécher), sont fréquentés 'par toutes sortes de gibiers qui y viennent lécher le chlorure de sodium qu'ils contiennent. Là, la quantité de gibier est telle qu'il y a certains harreiros où l'on voit des excavations de plus de dix mètres cubes de terre. A proximité de ces endroits, comme nous l'avons souvent observé, il n'est pas rare de voir des tapirs {antas) et des cerfs s'approcher du campement, le traverser ou se jeter tranquillement à l'eau sans se préoccuper des personnes.
En ce qui concerne le poisson, c'est là un élément on ne peut plus abondant dans toutes les rivières de cette zone, notamment dans le irio do Peixe, qui mérite bien son nom de Rivière du Poisson. Le Parana et le Rio Grande possèdent un ^rand nombre de variétés et en quantités innombrables. Pariïii les plus abondants il faut citer les dorades, piabas, pacvis, corumbatas, lambary, piranhas, etc. C'est le pays des pêches miraculeuses; la quantité de poissons est telle, principalement prè'S des chutes et cascades, que l'on peut souvent prendre en quelques minutes de quoi subvenir aux besoins d'une journée.
Toutes les rivières ù^ l'Etat de Sâo Paulo sont, en général, très poissonneuses et la pêche, mieux exploitée, pourrait apporter une plus grande contribution à l'alimentation de la population.
Ce qui précède n'est qu'un bien faible aperçu de cette partie de l'Etat de Sâo Paulo qui restera longtemps encore, du moins en partie, une réserve importante pour l'avenir. En étudiant tout le bassin hydrographique de Vextrême sertào de VOuest
pauliste, la Commission Géographique et Géologique de TEtat a fait plus que d'effaxîer s-ur la cart-e la tach-e blanche qui indiquait les terres inconnues : elle a tracé la voie aux initiatives des pionniers du progrès.
Il appartenait aux compagnies de chemin de fer de profiter de ce travail; nous avons vu qu'elles l'ont fait avec à-propos et clairvoyance, puisque deux lignes coupent déjà ce territoire et qu'une troisième, au centre, s'y consitruira progressivement. Malgré cet important facteur, on ne peut quand même s'attendre à voir cette zone se .peupler aussi rapidement qu'elle a été desservie et que les parties centrales de l'Etat. C'est pourquoi elie offrira longtemps encore un vaiste champ de travail à toutes des activités dans l'agriculture, l'élevage et l'exploitation des ressources forestières.
XII. La zone littorale de l'Etat de S. Paulo. — Le sertâo paulisite ne se compose pas seulement de l'Ouest de l'Etat, mais aussi, quoique cela puisse paraître étonnant, de la plus grande partiie de s-a zone littorale ; mais, cette fois, il ne s'agit pas d"'une région sauvage et déserte, mais d'une région dont on parle peu parce que négligée et longtemps abandonnée à elle-même, malgré ses richesses naturelles et l'excellente condition des terres.
Nous diviserons cette zone littorale en deux parties : celle située au Nord du port de Santos et se prolongeant jusqu'à l'Etat de Rio de Janeiro; l'autre, la plus vaste, est celle qui s'étend au Sud du même port jusqu'à la frontière de l'Etat de Parana. Jusqu'en 1908, cette vaste région du Sud de l'état de Sào Paulo, com.prise entre la fraction de la Serra do Mar nommée chaîne de Paranapiacaba et l'Océan, était représentée sur les cartes géographiques d'une façon approximaidVe.
Prenant en considération les résultats de l'étude. du bassin hydrographique des affluents du Parana, et l'avenir réservé à cette belle partie de l'Etat qu'est le littoral, étant donné la nature et la fertilité de ses terres, l'ondulation douce du terrain et son n^agnifîque réseau de rivières, le Gouvernement de l'Etat de Sâo Paulo décida de faire faire l'exploration du fleuve Ribeira de Iguape et de ses affluents. Cette exploration fut encore exécutée, ainsi que celle du littoral Nord, par la Oommission Géographique, sous la direction de l'ingénieur Joâo P. Gardozo. C'est à certaines données du rapport de cette
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Commission que nous aurons recours pour combler les lacunes d'observatioais -peirsonnelles trop superficielles, au cours d'un voyage napide et incomplet.
XIII. Partie Nord : de Santos a Ubatuba. — La partie Nord du littoral est certainement la plus accidentée et celle qui offre les points les plus "élevés^; elle est néanmoins assez peuplée, relativement, et constitue une des plus belles parcelles du 'territoire pauliste.
En dehors de la voie maritime, le parcours le long du littoral se fait par les plages, et le passage de Tune vers Tautre est presque toujours fait par un seul chemin accidenté, étroit et sale, ou bien par les rivières qui sont innombrables, quelques-unes assez larges mais dépourvues de ponts. En suivant la côte, on traverse les plages de Juquihy, Sahy, Baléa, Toque- Toque, Guacea, etc. Ces dernières se trouvent déjà en face de la grande île de Sâo Sebastiâo, dont le territoire constitue le canton et le municipe de Villa Bella.
Cette île, une des plus grandes de la côte pauUste, possède des terrains propres à la culture du cacao et de la canne à sucre ; on utilise cette dernière presque exclusivement pour faire de Teau-de-vie (cachaça et paraty) qui est exportée pour Santos. Les deux petites villes de Sâo Sebastiâo et de Villa Bella sont situées presque en face Tune de Tautre, des deux côtés du canal de Sâo Sebastiâo, dont la largeur est de 5 kilomètres.
Un peu plus loin, séparée de la côte par un canal étroit et profond, se trouve Trie dos Porcos, de 19 kilomètres de tour et acquise par l'Etat de Sâo Paulo qui y a fondé une colonie correctionmelle. Viennent ensuite un certain nombre d'autres îles qui formèrent peut-être jadis partie intégrante du continent; nie do Mar Virado et celle des Couves sont à peu près les seules méritant une mention. •
Outre quelques ports connus, comme Sâo Sebastiâo, Villa Bella, Caraguatatuba et Ubatuba, formant les seules localités
* Oe sont : les monts Pedra da Boracea, 1275 mètres ; do Corcovado, 1200 mètres ; Pelladinho, 1160 mètres ; dans Vîle de S. Sebastino on trouve le pic du même nom, 13^75 mètres ; les ijiorpos ou monts du Papagaîo, 1307 mètres ; da Serraria, 1285 mètres ; do Baepy, 1024 mètres.
un peu importantes de la côte, qui entretiennent un peu de commerce avec Santos au moyen de canots, à la voile et à rames, il y en a encore quelques autres sans aucune importance commerciale en raison du manque de mouillage et à jcause de la distance de 100 à 150 kilomètres qui les sépare de Santos. Un service de navigation à vapeur subventionné, mais réduit, existe entre Santos et Ubatuba, le dernier port de TEfcat au Nord; il y a deux voyages par mois. Les vapeurs font escale à Sâo Sebastiâo, Villa Bella et à Garaguatatuba quand Tétai de la mer le permet; après Ubatuba, ils continuent jusqu'à Rio de Janeiro en touchant les ports de d'Etat de ce nom.
Ce service de navigation est le seul moyen régulier qoi donne à ces ports un peu de vie et les rattache aux grands centres du pays.
Sâo Sebastiâo, Villa Bella et Ubatuba sont de petites villes apathiques, mais très bien situées; elles curent une période de prospérité et d'activité commerciale en d'autres temps. Gal'aguatatuba, plus petite que les précédentes, n'a rien à leur envier au point de vue de la beauté pittoresque et de la situation ; elle se trouve à l'extrémité de la belle plage de 12 kilomètres qui lui donne son nom. Malheureusement, son port n'est pas bon, et par mauvais temps les canots accostent difficilement les vapeurs pour effectuer leur chargement ou déchargement.
La petite ville de Ubatuba est peut-être la plus coquette, c'est un délicieux petit coin du littoral ; on l'aperçoit au fond du port-, située sur une vaste plaine s'étendant jusqu'aux plages entourant ila baie. Ubatuba joua aussi un grand rôle dans le commerce de l'ancienne province, avant la construction du chemin de fer central du Brésil. Elle était peut-être le plus grand centre exportateur de café, et c'était par là qu'on faisait l'importation des marchandises destinées non seulement à la zone du Nord de Sâo Paulo, mais aussi à une grande partie du Sud de Minas. L'aspect général de la ville atteste par quelques vestiges qu'une ère de prospérité a passé par là.